Vous voulez devenir un joueur de poker professionnel? – 2e Partie

Publié le 18 avril 2008

C’est la deuxième partie d’une série en deux parties dont le sujet est devenir un joueur de poker professionnel. Dans la première partie, j’ai examiné quelques-uns des désavantages d’être un joueur professionnel de tournois. Maintenant, je vais examiner quelques difficultés auxquelles sont confrontés les joueurs qui se spécialisent dans les parties à l’argent.

Supposons que vous ne vous préoccupez pas du voyagement constant qui vient avec le fait de parcourir le monde pour jouer dans des tournois de poker, que vous ne voulez pas de l’incroyable variation qui fait partie du fait de jouer des tournois de poker pour gagner sa vie et que vous voulez plutôt jouer des parties à l’argent. Pouvez-vous gagner votre vie comme ça? Bien sûr que vous pouvez, mais c’est difficile aussi. J’ai lu quelques estimations – et j’assume quelles sont précises, même si ni moi ni personne ne le savons vraiment – qu’environ seulement 10 pour cent des joueurs de parties à l’argent finissent par gagner à long terme.

Ce n’est pas un grand pourcentage quand on y réfléchit bien. Il permet à un joueur par table de gagner et relègue tout le reste du groupe à la position de perdant. Quelques-uns perdent un peu et d’autres beaucoup, mais environ 9 joueurs sur 10 perdent de l’argent en général. Un type similaire de fluctuations affecte également les gagnants. Quelques-uns gagnent beaucoup d’argent, tandis que d’autres remportent un succès modéré – et c’est ce genre de gagnants qui sont plus susceptibles à la destruction de leur fond que ceux qui ont les habiletés nécessaires pour gagner graduellement.

Comme c’est le cas dans les tournois professionnels, les joueurs avec d’autres sources de revenus, particulièrement ceux qui ne sont pas rigoureux dans la tenue de leurs revenus, ne sont pas conscients s’ils sont des gagnants à long terme ou non.
Les avis sont partagés concernant ce problème et plusieurs joueurs de poker préfèrent se cacher la tête dans le sable plutôt que d’examiner les faits en face. Si vous prenez un groupe de joueurs dans n’importe quelle salle de jeux et que vous leur demandez s’ils se considèrent comme des joueurs sous la moyenne, dans la moyenne ou au-dessus de la moyenne, et que vous leur demandez s’ils gagnent à long terme, la plupart des joueurs vous répondront qu’ils sont meilleurs que la moyenne et qu’ils sont des joueurs gagnants à long terme. Ils ne vous mentent pas nécessairement, car ils y croient vraiment. Cependant, la vaste majorité de n’importe quel groupe ne peut être au-dessus de la moyenne, car autrement, la « moyenne » serait en réalité « sous la moyenne », et cela est impossible. De plus, si seulement 10 pour cent de la population des joueurs de poker sont gagnants à long terme, il y a déni lorsque la majorité des joueurs se retrouvent dans cette élite de 10 pour cent.
Aussi différents que soient les tournois de poker et les parties à l’argent, les tournois tendent à payer 10 pour cent des participants. Approximativement 10 pour cent des joueurs de parties à l’argent sont des gagnants à long terme. Comme vous pouvez le constater, cela représente une petite portion dans l’univers des joueurs de poker qui vivent vraiment du poker.
Néanmoins, il y a une grosse différence entre les tournois et les parties à l’argent. Pour gagner régulièrement dans les gros tournois et en vivre, vous devez battre les meilleurs joueurs de poker au monde. Cependant, ce n’est pas le cas dans les parties à l’argent. Vous n’avez pas à être un champion du monde pour gagner votre vie avec les parties à l’argent. Vous devez simplement être capable de battre la plupart des joueurs à votre table. Si vous jouez aux parties à limites moyennes, comme 10 $-20 $, 15 $-30 $, 20 $-40 $ et 30 $-60 $ et que vous essayez d’en vivre, vous pouvez être certain que les joueurs à votre table ne seront pas nécessairement des bons joueurs. Quelques-uns seront même de très mauvais joueurs. D’autres sont répartis entre les petits perdants jusqu’aux petits gagnants, tandis que quelques autres seront extrêmement habiles à ce jeu. Mais tout ce que vous avez à faire est de mieux jouer que vos adversaires – ou de trouver une partie où il y a quelques poissons – et d’en tirer profit.
Parce que la variation dans les parties à l’argent est moindre que celle sur le circuit des tournois, il est beaucoup plus facile de mesurer si vous avez du talent ou non. Après tout, vous pouvez jouer extrêmement bien et ne pas encaisser d’argent pendant une très longue période dans un tournoi et si vous venez tout juste de commencer sur le circuit des tournois, vous n’avez aucun moyen de savoir si c’est juste de la malchance ou une mauvaise façon de jouer.

Dans les parties à l’argent, tout joueur rationnel et réaliste peut facilement améliorer son niveau d’habileté sans y passer beaucoup de temps. Épargnez seulement un fond de jeu, prenez une absence prolongée de votre travail, et passez de 4 à 6 semaines à jouer au poker dans la salle dans laquelle vous voulez jouer, si vous décidez de passer d’amateur dévoué à joueur de poker professionnel à temps plein. Si vous planifiez de jouer à Vegas, prenez une suite à séjour prolongé dans un hôtel et jouez chaque jour aux parties à 15 $-30 $ du Bellagio, si vous pensez que c’est là que vous voulez poursuivre. Après 4 à 6 semaines, vous aurez une très bonne idée de ce que vous avez amassé par rapport à vos adversaires.
Ne quittez pas votre travail tout de suite. Pensez-y comme votre premier « Plan B ». Si tout va bien, vous pourrez laisser le monde des emplois réguliers loin derrière vous, placer 10 pour cent de vos gains dans des fonds mutuels et laisser l’intérêt composé travailler pour vous. Si les choses ne tournent pas comme elles devraient, revenez de votre absence prolongée et retournez à votre travail en planifiant ce que vous devez faire ensuite.
Jouer au poker pour gagner sa vie n’est pas facile. Aller au casino chaque jour peut sembler très amusant au début, mais après un certain temps, cela peut devenir déprimant, comme toute activité répétitive. Vous n’aurez pas de support et vous serez laissé à vous-même, à tout le moins au début. Je recommande de trouver d’autres joueurs prêts à discuter du poker avec vous. Les joueurs de poker sont uniques parmi les compétiteurs, en ce sens qu’ils sont des personnes autosuffisantes. Les praticiens des autres sports et jeux ont tous des entraîneurs. Nous les joueurs de poker, nous nous entraînons nous-mêmes, mais être objectif quand vous êtes à la fois le docteur et le patient n’est pas facile. Alors, trouvez quelqu’un en qui vous pouvez avoir confiance, quelqu’un qui vous respecte et qui est prêt à analyser votre jeu, ainsi que le sien, avec vous. Cela vous paiera des dividendes comme vous ne pouvez l’imaginer et vous donnera du support externe et des conseils objectifs dont vous avez sérieusement besoin.
Si vous avez lu jusqu’ici et que vous n’êtes pas encore dissuadé de jouer au poker pour gagner votre vie, et si vous êtes déterminé à y donner une chance, et bien allez-y, foncez. Mais examinez en premier les probabilités qui sont contre vous, pour que vous puissiez comprendre la nature de vos efforts. Si vous ne le faites pas, vous ne connaîtrez jamais l’importance des batailles que vous devrez gagnez afin d’obtenir du succès.
Si vous avez du talent, si vous êtes dans le 10 pour cent de la chaîne alimentaire, vous pouvez avoir la vie dont vous toujours rêvez, même si rien ne vous garanti un succès assuré.  C’est pourquoi vous devez toujours avoir un plan B à portée de la main. Sans une solution de rechange, la chute peut être douloureuse, coûteuse et potentiellement ruineuse. Mais si vous avez une solution de rechange sur laquelle vous pouvez compter dans le cas où vous échoueriez, vous aurez au moins tenté votre chance et c’est tout de dont vous avez besoin. Même s’il n’y a rien d’humiliant à essayer et échouer, mettez quand même toutes les chances de votre côté et vous aurez peut-être du succès.

Comments

Powered by Facebook Comments

Autres nouvelles dans cette catégorie
Un argument à votre table de poker?
DÉBAT: Devriez-vous payer la bulle dans les tournois live?
Conseils pour fixer des objectifs de poker réalistes pour l'année 2014
Oubliez votre "poker face" et surveillez vos bras!
Sam, mon ami paresseux
HAUT DE LA PAGE