Craquer c’est mauvais, mais le prétendre c’est bien

Publié le 24 juin 2009

Article de la pro Full Tilt Poker Esther Rossi

Je joue au poker depuis 23 ans, et si je peux dire une chose à propos de mon jeu avec fierté, c’est que je n’ai jamais joué steam. En fait, c’est vrai pour beaucoup de pros. En général, plus un joueur est expérimenté, plus son jeu sera rationnel.

Comme votre adversaire ne réalise pas que vous n’avez pas tilté, un des jeux les plus profitables est de le simuler. Si vous venez de rencontrer un très mauvais Bad Beat, les autres joueurs de la table attendent de vous que vous jouiez le prochain pot avec une faible main ou essayiez de bluffer, car vous n’avez pas les idées claires. Et si vous obtenez une main forte, vous devez déterminer le regard des autres joueurs sur vous et jouer en conséquence.

Tout récemment, j’ai joué un tournoi No-Limit Hold «em, et au début de celui-ci, j’ai eu une pocket de Rois. Je les ai donc joué à fond, et croyez le ou non, j’ai perdu le pot contre J-8.

Sur la main suivante, avec des blinds à 20/40 et un tapis d’environ 2 700 jetons, j’ai touché une pockets de 3 en position de Big Blind. Trois joueurs ont suivi, la Small Blind s’est couchée et j’ai checké. Le flop donna A-2-3, m’offrant le set du milieu. J’ai checké comme tout le monde après moi, sauf le bouton qui a misé 140 dans un pot à 220. J’ai pris mon temps avant de suivre. Tous les autres se sont couchés.

La turn donna une carte sans conséquence, un dix. J’ai checké de nouveau, et le bouton misa 300 dans un pot à 500. C’est à ce moment là que j’ai décidé d’utiliser un faux plan steam. J’avais confiance en ma main car la seule main capable de la battre était une pocket d’As (avec laquelle il aurait relancé préflop), une pocket de dix (avec laquelle il aurait également relancé préflop), ou 4-5. S’il avait floppé la meilleure suite, j’aurais été vraiment malchanceuse, je pensais réalistiquement que ma main était bien la meilleure. J’ai donc effectué une grosse relance, mais pas de tout mon tapis. J’ai relancé de 1 900, et gardé 625 jetons. J’ai tenté d’entrer dans sa tête afin de le troubler car je savais qu’il pensait que je tiltais et que je n’avais pas une bonne main. J’ai relancé assez pour lui faire croire que j’essayais de voler le pot tout en gardant quelques jetons. J’espérais lui donner l’impression que je voulais garder quelques munitions au cas où il suivrait mon “bluff”.

Il a immédiatement relancé pour me forcer à miser mes derniers 625 jetons. J’ai donc suivi. Au moment de dévoiler nos cartes, il n’avait que K-2. La seule excuse possible pour lui, est qu’il pensait que sa paire de deux était suffisante en pensant que je faisais n’importe quoi ou essayais de voler le pot.

S’il me connaissait, il aurait su que je joue toujours de manière réfléchie. Il aurait su que je ne laisse pas mes émotions dicter mes décisions.

Tout le monde n’a pas la faculté de lire votre jeu, alors si vous pouvez interpréter précisément la manière de vous voir, vous pouvez l’utiliser à votre avantage et prendre leurs jetons.

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