Les Maniaques – 2e Partie

Publié le 17 novembre 2005

Dans la première partie de cette série, nous avons vu comment un maniaque peut influencer le jeu d’une table. Aujourd’hui, nous verrons comment ajuster votre jeu aux maniaques.
Lorsque vous jouer contre un maniaque vous devez absolument ajuster votre niveau de jeu, votre attitude et votre perspective. Les mains débutantes changent dramatiquement quand la plupart des pots sont relancés avant le flop. Quand vous tentez de jouer une main en early ou middle position avec une main comme 9c8c, vous avez un problème si il y’a un maniaque à table. Avoir des cartes semblables fonctionne beaucoup mieux avec un pot sans relance quand vous souhaitez une bonne main au flop contre une nombre relativement élevé d’adversaires (qui vous payeront probablement si vous avez une main qui se tient). La seule fois où vous pouvez jouer contre un maniaque avec des connecteurs assortis c’est si le maniaque a déjà misé et n’a pas relancé, vous avez alors de bonne chance de voir un flop sans dépenser une fortune.
v Les paires cachées et les grosses cartes montent en valeur, tout comme votre position à la table. Si vous avez 99 et que le maniaque mise avant que vous agissiez, vous devez re-misez à fin de minimiser le nombre d’adversaire potentiel à la table. Si vous êtes chanceux vous vous retrouverez duel avec notre maniaque. Dans cette situation en face d’un maniaque qui mise sur n’importe quoi ou rien du tout vous vous retrouvez favori. BIEN SUR il y aura des occasions où le maniaque se retrouvera avec une grosse main, mais il y aura encore plus de situations où il se retrouvera avec RIEN. C’est à ce moment que vous le piègerez.
Si vous avez en main A-K ou A-Q, vous pouvez aussi re-miser et tenter de vous retrouvez duel contre le maniaque encore une fois. Si vous obtenez une paire sur le flop, vous avez probablement la meilleure main. Ce n’est pas le problème. Le problème survient lorsque vous vous retrouvez avec 3 briques ex : 8-6-3, que devriez vous faire quand le manique mise? Puisqu’il relance fréquemment sur n’importe quoi il peut donc avoir une bonne paire ou n’importe quoi… allez savoir. Vous ne pouvez en être certain… Vous êtes dans une situation de pari aveugle. Ce sont des mains où vous pouvez soit : décider de parier avec lui un peu, développer une stratégie, vous coucher ou maintenir de temps à autres … pour qu’il ne s’enfuit pas avec le pot à chaque flop qui ne vous aide pas. C’est un cas de jugement assez difficile. Parfois vous aurez à faire une mise-bluffe, parfois vous devriez aller voir le tournant (même si vous n’êtes pas le favori) simplement parce que vous ne pouvez pas lui laisser le pot à chaque fois que le flop n’est pas favorable. Même si vous avez AK, vous obtiendrez au flop une paire seulement 1 fois sur 3… mais le maniaque est sujet aux mêmes probabilités aussi. Et si vous allez au flop avec la meilleure main, les chances sont que vous en sortirez avec la meilleure main aussi.
Si vous êtes chanceux, vous attraperez assez de bons flops avec vos grosses mains et vous serez en mesure de passer sur le flop, et tenter un passe-relance sur le tournant ou la rivière. Ceci pourra même ralentir l’ardeur du maniaque quelque peu, puisqu’il comprendra qu’un passe de votre part ne démontre pas nécessairement un signe de faiblesse. Par contre il y’a beaucoup de maniaques qui ne pensent pas du tout à ces concepts subtiles. Quand vous jouez contre ce type de joueur, oubliez complètement la subtilité. Ça ne fonctionnera pas. Vous allez devoir avoir de grosses mains, le laisser miser à votre place et bâtir le pot (ce qu’il fera sans problèmes) et puis frapper le d’un passe-relance … qu’il appellera à coup sûr.
Votre position est un élément essentiel face aux maniaques.
Positionnez-vous TOUJOURS à sa gauche. C’est l’ajustement stratégique le plus simple mais le plus important que vous devez suivre à tout prix. Puisque le maniaque mise beaucoup et ce avec beaucoup de mais faibles, vous voulez être en position de sur-relancer à chaque fois que vous avez une main forte. À chaque fois que vous ferez cela vous avez de bonnes chances de vous retrouver en tête-à-tête avec notre maniaque. Puisque vous relancez généralement des mains fortes beaucoup plus que notre maniaque vous avez donc de bonnes chances de l’emporter et ce la plupart du temps.
MAIS – et ceci est le problème face au maniaque – parfois vous aurez la meilleure main mais vous serez victime d’un mauvais coup (Bad Beat)… et ceci peut arriver 4 ou 5 fois de suite. Vous en viendrez à perdre beaucoup de vos jetons. Mais vous ne pouvez laisser ce contretemps influencer votre façon de jouer. Vous devez continuer à investir dans le pot quand vous avez le meilleur sur les autres, ou lorsque vous n’avez pas à payer plus qu’il ne faut pour continuer de voir. Si les chiffres commencent à vous déranger – Si vous perdez plus que vous n’êtes confortable – alors pensez à quitter. Sinon vous pourriez avoir une perte plus grande et vous délaisser du poker. C’est à ce moment que vous devez vous souvenir que le poker est un jeu de longue haleine et que tout ne se décide pas en un jour. Ce qui importe c’est de jouer de votre mieux à chaque fois et de vous lever de la table lorsque vous n’y arrivez pas.
Si vous pouvez vous placer à la gauche du maniaque, que vous continuez de jouer correctement, peu importe le résultat, les joueurs pourront s’imaginer que vous êtes très agressif et très sélectif. Votre action démontrera que vous n’avez aucune crainte du maniaque.
Beaucoup de joueurs vous le diront eux-mêmes, la plupart deviennent nerveux lorsqu’un maniaque rejoint la table. Puisque vous utilisez la sur-relance seulement avant le flop avec des mains excellentes, les autres joueurs respecteront votre mise – que le maniaque soit dans la main ou non. Ceci en soi donne un excellent support pour bluffer son adversaire lorsque vous vous trouvez avec un joueur faible ou timide. Souvenez-vous qu’il vous regarde jouer avec force contre le maniaque et qu’au dévoilement vous montrez une bonne main quand vous courez un tirage.
Pendant que les maniaques augmentent votre pression sanguine et votre niveau de stress, c’est important de garder en mémoire qu’ils sont aussi forts au poker que les cartes qu’ils jouent et ces mêmes cartes sont beaucoup plus faibles que vous ne l’êtes. Tant que vous vous mettez dans une position où vous agissez après le maniaque et que vous supportez le côté volatile de son jeu vous serez en bonne posture à long terme. Après tout, le pire ennemi d’un maniaque est lui-même. Il siffle toujours la même mélodie à ses adversaires pensant les berner à long terme. Mais leur force est aussi leur faiblesse et quand vous comprenez leur stratégie à 2 sous et l’utilisez à votre avantage, leur sifflante mélodie deviendra vite un requiem.

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