Les 4 Réflèxes au Poker

Publié le 1 décembre 2008

Après avoir lu l’ensemble des ouvrages traitant sur le poker et les sujets qui forme l’alphabet de celui-ci (Starting hands, pot odds, position et mise en situation), le prochain niveau qu’un bon joueur doit avoir afin d’aspirer à jouer du coude contre les meilleurs au monde est le sens de l’observation. Mon expérience du poker m’a enseigné avec les années à garder un registre sur les différents joueurs que je rencontre dans les tournois de haut niveau ainsi que de leurs comportements et attitudes. Afin de compétitionner contre ceux-ci, j’utilise aussi ce que j’appelle le jeu des 4 réflexes de questionnement. C’est un petit jeu simple qui me permet d’évaluer la situation durant une main et qui me permet ainsi d’agir ou lieu de réagir!!!

PREMIER RÉFLEXE (Le réflexe de base de tout joueur de poker)

“Qu’est-ce que j’ai comme main présentement?”
Si vous évaluez (par observation) que le joueur contre qui vous jouez est débutant, la plupart du temps, c’est le seul réflexe qu’il connaît! S’il frappe une petite pair sur le tableau, soyez sûr qu’il a quelque chose et qu’il va payer pour voir la fin de sa main! Axiome de poker: “Never bluff a bad player”.

DEUXIÈME RÉFLÈXE (Le réflexe du bon joueur)

“Qu’est-ce que mon adversaire a comme main?”
Une fois que le joueur maîtrise ce deuxième réflexe, il parviendra à faire des folds s’il réalise qu’il est battu. Le seul moyen de reconnaître si votre adversaire est au deuxième niveau est toujours par … observation (surtout quand vous n’être pas dans la main, donc relaxe et non stressé par la situation). Ici, ce deuxième niveau est crucial au niveau de chaque joueur, car c’est à ce niveau que vous reconnaîtrez le type de joueur que votre adversaire est! Agressif, bluffeur, shérrif (Sait qu’il est battu mais doit voir quand même), conservateur ou tricky (varie son comportement)! Vous pouvez sûrement vous catégoriser dans l’une de ces catégories, mais les meilleurs joueurs au monde utilisent tous ces catégories selon les circonstances!

TROISIÈME RÉFLÈXES (Le réflexe du très bon joueur)

“Qu’est-ce que mon adversaire pense que j’ai comme main?”
Hummm… Si par observation de mon adversaire, j’ai constaté qu’il n’est seulement qu’au deuxième niveau, imaginez mon avantage à son égard. Idéal pour le steal et le bluff!!!

QUATRIÈME RÉFLÈXES (Le réflexe du professionnel)

“Qu’est-ce que mon adversaire pense que je pense qu’il a comme main?”
Ça commence à être compliqué! Dites-vous seulement que votre adversaire peut jouer de façon à vous représenter une main (qu’il n’a peut-être pas) et qu’il est conscient à ce moment de votre perception de sa main. Idéal pour le resteal et le grand stand play! Afin de faire le tour de la question, voici l’exemple d’une main que j’ai joué cette année dans le championnat du monde de poker contre Martin De Kniff (Un joueur suédois très agressif et solide qui a fini 13e l’an passée dans le même tournoi). Le montant des mises n’est pas important dans l’exemple. Martin UTG raise standard. Ayant déjà joué durant les deux dernières journées contre Martin, j’avais remarqué qu’il limpait souvent avec pocket pair de AA en descendant UTG et qu’il raisait souvent avec AK et AQ UTG (ma compilation d’observation est très important ici). Tout le monde fold jusqu’à moi sur le bouton, je call (Ma main? C’est pas important ici, lorsque ma petite voix me guide, je la suis. Bien sûr que j’ai regardé ma main (Premier réflexe) mais l’utilisation des autres réflexes est amplement suffisant pour faire le travail). J’ai déjà mon plan à ce moment!!! Les 2 blinds fold et on se retrouve head-up (À remarquer que je me suis assuré d’être en position contre Martin, le bouton permettant en tout temps d’être en position). Ici, mon plan est simple… baby board on flop and you will get hit!!! Big face cards and I will fold on any action! Flop = 776off Excellent! Vas-y mon Martin, viens voir ti-guy! Martin check…!!! Deuxième réflexe de Martin “Qu’est-ce qu’il a pour m’avoir caller avant le flop???” Je bet afin de lui faire comprendre que j’ai une main solide! Troisième réflexe : Faire sûr que tu saches ce que j’ai!!! Martin check-raise!!! À ce moment, Martin arrive aussi au troisième réflexe. Faire sûr de me faire comprendre ce qu’il a! Après tout, n’a-t-il pas raisé UTG? (C’est ici que l’on doit avoir le courage de sa petite voix, vous vous rappelez mon analyse qui m’a conduit a AK ou AQ). Après 2 minutes de réflexion, question de préparer adéquatement Martin au prochain réflexe… bang, je relance!!! “Comme tu vois mon petit Martin, je sais que tu crois que je dois te percevoir comme ayant une très forte main mais je sais présentement que tu es aussi au quatrième réflexe, celui qui engendre le resteal que tu m’appliques!
À ce moment, tu sais que je suis convaincu que tu es fort mais maintenant c’est à mon tour de te convaincre que même si tu es fort, je suis encore plus fort (Quatrième réflexe qui engendre le grand stand play)” Lors de ma relance, Martin a foldé comme l’éclair sans même hésiter! Bien entendu, mes observations de Martin m’avait permis de constater le niveau de réflexe qu’il avait atteint! Voilà sûrement l’une des raisons pour laquel la chance n’intervient que 30% du temps et que le sens de l’observation de l’adversaire est primordial! Le grand stand play est le nirvana du poker pour un joueur professionnel lorsque réussi car c’est l’instinct, la somme des observations de l’adversaire ainsi que l’expérience qui permettent de réussir ce jeu. Le grand stand play, c’est aussi un outil dans le coffre d’outils comme le bluff, le steal, le resteal, etc… On construit des acquis avec l’ensemble des outils utilisés au bon moment. Le fait demeure aussi que le grand stand play est sûrement l’outil le plus dangereux car la petite voix se trompe aussi quelquefois. Rappelez-vous que le joueur professionnel varie son jeu donc Martin aurait tout aussi bien avoir AA dans les mains et raiser avec afin d’exploiter cette variation.
Le grand stand play est pratiqué par tous les tops professionnels de tournoi aujourd’hui. Le fait demeure cependant qu’il doit être appliqué contre des joueurs de très haut niveau car il est voué à l’échec contre des joueurs de 2ième réflexe et moins!!! Il faut aussi se rappeler que l’on peut être victime d’un tel acte et que le call est quasiment impossible pour le joueur victime. La première fois que j’ai été la victime d’un tel acte, c’était en 1998 au Taj Mahal à Atlantic city au tournoi des USA contre le maître en personne Men “The Master” Nguyen. Il m’avait montré 84off qui n’avait aucune affinité avec le board sur le turn. J’ai analysé la main que nous avions joué et jusqu’à ce jour, je considère encore cette main comme étant la plus géniale qu’un joueur de poker n’est jamais joué contre moi… (Vous pourrez demander aussi à Boris Alic (Excellent joueur de tournoi) car il était aussi dans la main au moment du grand stand play!!!) J’ai analysé des centaines de fois cette main et j’ai compris une chose très importante: Il suffit d’avoir le courage d’écouter sa petite voix!

Comments

Powered by Facebook Comments

Autres nouvelles dans cette catégorie
Sam, mon ami paresseux
Repérez le tilt avant qu'il ne gagne sur vous!
L'évolution constante du poker
Les bûcherons et les aventuriers
La variance au poker
HAUT DE LA PAGE