Le value bet, ou mise de valorisation au poker

Publié le 24 mars 2010

À travers les dernières années et particulièrement en relation avec le poker en ligne, un « jargon poker » s’est développé ; langage au son souvent incohérent aux oreilles du néophyte.  L’un des termes d’importance est le value bet, ou encore mise de valorisation en bon français.  Cette expression est utilisée à bien des sauces, souvent erronées face à sa définition réelle.  Voyons exactement ce que signifie et représente un value bet.

L’objectif central du poker est clair, c’est de faire de l’argent.  Que vous jouiez pour des sous ou des centaines de dollars, c’est en maximisant chacune des situations qui se présentent lors du jeu que vous effectuerez un profit.  Cet objectif est la racine même du value bet.

Il n’y a pas de définition précise faisant l’objet d’un consensus sur le value bet.  Dès lors, d’un ordre général, une mise de valorisation est une mise, généralement à la rivière, mais pas exclusivement, que vous faites alors que vous croyez avoir la meilleure main, cherchant à ce que votre adversaire appelle, car c’est la seule manière pour vous de faire plus d’argent.  Vous cherchez donc à extirper les dernières gouttes de valeur de votre main.

Bien repérer les situations favorables aux value bets et les bâtir de façon optimale n’a rien d’un jeu d’enfant.  Explorons certains facteurs à garder en tête.

La force de la main de votre adversaire

Il s’agit évidemment du facteur central à savoir si l’on désire effectuer un value bet ou non.  Si vous pensez que votre adversaire détient un monstre ou vous bat, il n’y a aucune raison d’effectuer une mise.  Au contraire, si vous croyez votre adversaire très faible (avec un tirage manqué par exemple), la valeur de la mise n’aura aucune importance puisqu’il se couchera de toute façon.  C’est entre ces deux extrêmes que se trouve la large zone du value bet.  Lorsque vous avez votre adversaire battu et savez qu’il détient une main légitime, il faut alors trouver le montant maximal qu’il sera prêt à vous payer pour assister au dévoilement des cartes.

Vous aurez saisi que ce raisonnement dépend essentiellement de vos capacités à bien lire vos adversaires et à vous situer en conséquence.  Cette qualité ne vient pas du jour au lendemain, il faut pratiquer !

Votre image

Il n’y a pas que vous qui pensez à la table, vos adversaires font de même.  Bien connaître l’image que vous projetez est essentiel afin de correctement bâtir ses value bets.  En effet, vous avez beau savoir votre adversaire fort, mais battu, il risque d’être très réticent à payer une grosse mise si vous avez une image passive et que vous faites un tel jeu pour la première fois.  Au contraire, si vous êtes perçu comme un maniaque bluffeur, une large mise de votre part pourra être payée par une main marginale de votre adversaire, alors que ce dernier saura que vous pouvez très bien effectuer une telle mise avec de l’air.  Encore une fois, tout est un jeu de perception et d’adaptation optimale à ses adversaires et sa propre image.

L’image de l’adversaire

L’image de votre adversaire vous servira à ajuster votre niveau de ruse, si l’on peut s’exprimer ainsi.

Contre un mauvais joueur, un amoureux des As par exemple qui a certainement touché sa précieuse paire au flop, vous savez qu’il cherchera à vous suivre.  Miser la moitié du pot, les trois quarts ou même le pot complet mènera souvent au même résultat, soit un call de l’adversaire.  Ainsi, la décision est facile.  Considérez combien de jetons il lui reste et évaluez la mise maximale logique (logique pour lui, pas pour vous !) qui assurera son call.  Souvent, une mise large, mais assurant de laisser suffisamment de jetons à l’adversaire pour qu’il puisse continuer à jouer lors des mains suivantes sera idéale contre ce genre de joueur.

Au contraire, votre adversaire est un habitué avec une connaissance théorique du jeu ?  Alors servez-vous des concepts qu’il utilise contre lui.  Vous pensez qu’il se sent battu ?  Alors, offrez-lui des côtes du pot trop alléchantes pour qu’il envisage se coucher.  Vous représentez un bluff tout en étant très fort ?  Alors, continuez avec cette ligne et misez fort.  La grosseur d’un value bet n’est pas toujours proportionnelle à la force de votre main. Parfois, comme lorsque vous représentez un bluff, vous aurez plus de chance de vous faire appeler avec une large mise qu’une mise qui justement, ressemble à un value bet.  Saisissez-vous la distinction ?  Il s’agit d’un exemple flagrant d’adaptation à votre image, ainsi que celle de votre adversaire.

Effectuer ses mises de valorisation est essentiel à un poker gagnant.  Bâtir ces mises avec le plus de précision possible permettra de maximiser leur efficacité.  Il demeure finalement important de rester malléable sur votre perception de chaque situation.  Vous avez deux paires et votre adversaire check à vous à la rivière.  Vous jugez la situation parfaite pour un value bet et agissez conséquemment.  Or, surprise, votre adversaire vous relance !  Vous avez effectué cette mise avec l’impression d’être en avance.  Ceci ne signifie pas que vous devez automatiquement suivre votre adversaire !  Toute nouvelle information devrait redéfinir vos paramètres.  Gardez finalement cette flexibilité et votre poker s’en trouvera nécessairement renforcé.

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