Le Check Sournois

Publié le 13 février 2009

Article de stratégie par le pro Full Tilt Poker Jon ‘PearlJammed’ Turner
A chaque étape d’un tournoi Multi Tables, la taille de votre stack par rapport aux blinds doit être déterminante dans votre manière d’aborder les différentes mains et situations. Vous pouvez commencer un tournoi avec entre 50 à 500 big blinds, ce qui représente une très grande fourchette, mais en table finale, le stack moyen est souvent entre 25 et 40 big blinds. Lorsque vous êtes confortablement stacké, vous pouvez vous offrir des raises spéculatifs, voir beaucoup de flops et jouer des pots sans risquer de finir à sec. Cependant, lorsque vous avez 20 big blinds ou moins, vous devez avant tout attendre qu’une situation favorable se présente pour investir votre argent pré-flop, car trop souvent,  si vous partez all-in sur un raise, vous serez suspecté de vouloir voler le pot.

La taille du stack joue également un rôle important dans la manière de jouer vos mains post-flop. A moins que vous soyez suffisamment confiant pour forcer votre adversaire à lâcher ses mains, faites attention de ne pas investir une trop grosse partie de votre stack dans un pot post-flop si vous n’avez pas l’intention de rester dans la main jusqu’au bout.  La plupart des joueurs connaissent bien ce concept, mais quelquefois, la taille de votre stack peut créer l’opportunité parfaite pour utiliser ce concept contre eux.

Jetez un ?il sur la main qui suit, extraite du livre que j’ai coécrit, Winning Poker Tournaments One Hand At A Time: Volume 1, dans laquelle je peux supposer de manière sure que mon adversaire va me juger comme faible si je fais semblant de renoncer à la main et que je «check’ au turn. La taille de mon stack est telle que la plupart des adversaires vont s’attendre à ce que je parte all-in au turn si j’aie confiance en ma main ou que je check si cela n’est pas le cas. En pariant à nouveau ou partant all-in, mon adversaire va probablement abandonner tout ce qui est en dessous d’une top pair avec un bon kicker, car je serais clairement trop impliqué dans le pot pour me coucher. En checkant, je permets à mon adversaire de faire une erreur. S’il check derrière, je peux aller all-in à la river, car il me reste à peu près une mise de la taille du pot quoi qu’il arrive.

Seat 1: Small Blind (14,120)
Seat 2: Big Blind (18,910)
Seat 3: Under-The-Gun (4,300)
Seat 4: UTG+1 (16,205)
Seat 5: UTG+2 (7,842)
Seat 6: Middle Position (12,360)
Seat 7: Jon Turner (6,562)
Seat 8: Cutoff (3,775)
Seat 9: Button (12,853)

Contexte : Je suis bien en dessous de la moyenne, mais pas short stack, dans un tournoi rebuy à $100, quelques niveaux après la fin de la période de rebuy. Les blinds sont 150/300 avec une ante de 25.

Pre-Flop : As-Kc (Pot: 675): C’est à moi de parler, et je raise de mon classique 2½ la grosse blind à 750. Le siège 9 est au bouton et le siège 2 est de big blind, tous deux suivent.

Flop : Ah-8d-5s (Pot 2,625): Je flop une top pair, top kicker sur un board très sécurisé. Le siège 2 check et c’est à moi de parler. Je devrais miser entre un tiers et la moitié du pot, qui sont mes habituelles mises continues. Comme mes adversaires s’attendent à ce que je fasse cette mise maintenant avec n’importe quelles cartes, je ne vais pas réveler la force de ma main. Je mise 1,150 dans le pot de 2,625. Le siège 9 call et le 2 se couche.

Turn : 6d (Pot: 4,925): Je crois vraiment avoir la meilleure main. Si mon adversaire me battait, la taille de mon stack et la taille du pot me conduiraient à la faillite. Ma seule inquiétude à cet instant est de savoir comment attirer l’argent de mon adversaire dans le pot lors des deux prochaines streets.

Si j’étais certain que mon adversaire ait une très forte main telle que A-Q ou A-J, je miserais maintenant et obtiendrais facilement son argent. Cependant, je ne le crois pas en possession d’une aussi forte main. Alors qu’en bonne position, c’est tout juste s’il a suivi ma mise au flop. Il a peut être perçu cette mise comme faible du fait que j’aurais certainement fait un mise continue avec n’importe quelles cartes.
Ainsi, il se peut qu’il ait suivi avec un n’importe quoi se situant entre une Ace faible et une pocket pair non améliorée. Il se peut même qu’il se soit vu dans une bonne lancée, espérant prendre le pot au turn si je me montrais faible en checkant.

Si je mise au turn, mon adversaire va de toute évidence abandonner sa pocket pair  non améliorée ou main faible car mon raise me met dans une position ou je serais trop engage dans le pot pour me coucher. Cependant, si je check le turn, il va vraisemblablement essayer de prendre le pot quelque soit ce qu’il a dans les mains. S’il a un Ace, il va obtenir son argent d’un autre moyen.

Je check et mon adversaire envoie all-in. C’est précisément ce que je voulais qu’il fasse. Je call et mon adversaire montre 9d-9h. Le 2d tombe à la river, et je gagne le pot avec mon Aces et Roi kicker.

(Note : Cette analyse de main apparaît dans le livre Winning Poker Tournaments One Hand At A Time: Volume 1, qui est disponible dans la téléchargeant le logiciel via le lien précédent et en entrant le code bonus PRINCEPOKER.
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