Le bon vieux “Check-Raise”

Publié le 28 juillet 2009

Tout joueur sérieux devrait avoir dans son arsenal de jeu tous les outils disponibles, cela veut dire autant miser, relancer, se coucher et parfois checker et relancer. Cependant, le « check-raise » est bien souvent trop utilisé par les joueurs moins expérimentés, surtout dans les parties sans-limites. Le fait de déjouer un joueur en lui faisant croire que l’on est faible et d’ensuite lui enfoncer le couteau en criant « raise » est plaisant pour tout joueur de poker. Mais cela ne veut pas dire que c’est la meilleure stratégie à adopter. La plupart des joueurs ordinaires utilisent ce jeu de la mauvaise façon et au mauvais moment. Voyons un peu les bons et mauvais côtés du « check-raise » en parties limites et sans-limite (ou limite du pot).

PARTIES LIMITES

Le « check-raise » est l’outil parfait pour le poker limite et il devrait être utilisé souvent. Au limite, les mises sont prédéterminées et il est impossible d’en varier. Cela implique bien souvent que la grosseur de la mise en relation avec la grosseur du pot sera ridicule. Miser 20$ dans un pot de 140$ donne des cotes assez alléchantes à nos adversaires. Cependant, s’il était possible de toujours checker, et ensuite relancer un joueur ayant misé, cela couperait de moitié les cotes de nos adversaires, en plus d’ajouter de l’argent dans le pot. Cela aurait aussi comme effet d’obliger les joueurs qui sont pris entre nous d’appeler 2 mises au lieu d’une seule.
Par exemple, l’une des meilleure situation au Hold’em est lorsqu’un joueur agressif se retrouve sur le bouton et que vous êtes dans les blinds après que 3 joueurs ont égalisés avant le flop (il n’y a pas eu de relance). Vous avez Q9o et le flop vient Q X X ou bien J 9 X. Vous avez une main respectable mais sans plus. Le meilleur jeu de loin est de checker et d’espérer que le joueur agressif mise en dernières positions pour que vous puissiez le relancer. Puisque c’est un joueur agressif il peut facilement miser avec une moins bonne main que la vôtre. Aussi, vous obligerez les joueurs coincés entre vous d’appeler 2 mises au lieu d’une ce qui devrait les faire coucher la plupart de leurs mains. S’ils égalisent, soit ils font une erreur ou ils ont une grosse main ou un bon tirage. Mais ce jeu devrait vous permettre d’augmenter vos chances de remporter le pot en misant sur le tournant. Remarquez aussi que le fait de checker vous permettra de sauver de l’argent si un joueur mise et plusieurs égalisent ou s’il y a une relance. Puisque votre main est marginale, elle devra alors prendre le chemin de la poubelle.
Mais si par contre le pot avait été relancé avant le flop et vous aviez floppé une très grosse main, par exemple un set, il serait probablement mieux de simplement miser. C’est le contraire de ce que fait le joueur moyen. L’idée est d’obliger les joueurs entre vous et le joueur ayant relancé avant le flop d’égaliser votre mise, pour qu’ensuite le joueur relance et que vous puissiez relancer de nouveau. Cela maximise vos profits. De plus, vous devriez la plupart du temps tenter de mettre le plus d’argent dans le pot le plus rapidement possible quand vous n’avez pas position.

PARTIES SANS-LIMITES (OU LIMITE DU POT)

C’est dans ces parties que la plupart des joueurs utilisent le « check-raise » de la mauvaise façon. Le but dans ces parties est de gagner le tapis entier de votre adversaire, pas des petites fractions. La vaste majorité du temps, cela signifie miser, en espérant qu’un adversaire relance pour que vous puissiez ensuite vous taper. Le fait de checker, de laisser un adversaire miser et le relancer est un grand signe de force et pour gagner un gros pot, vous aurez besoin d’une confrontation entre deux grosses mains, avec vous ayant la meilleure des deux. Ça n’arrive pas très souvent. Par contre si vous misez, et qu’un joueur vous relance avant de vous mettre tapis, même s’il se couche vous aurez amassé un pot relativement important. C’est ça la clé du sans-limite.
Par exemple, vous êtes dans le gros blind avec 84o, le flop vient Q 8 4. Le meilleur jeu est simplement de miser. Ce que vous voulez est qu’un joueur ayant une grosse dame vous relance, pour que vous puissiez faire tapis. Peut-être serez vous chanceux et un joueur sera trop agressif avec QJ ou bien un joueur aura joué passivement AA, KK ou AQ. Il est vrai que la plupart du temps, vos adversaires se coucheront et vous remporterez un petit pot. Peut-être un jouuer aurait tenté de voler le pot et vous auriez remporté un plus gros pot en checkant et relançant. C’est vrai. Mais lorsque vous pincerez un joueur pour une bonne partie de son tapis, cela compensera pour le reste.
Et remarquez que c’est encore plus primordial de miser dans les parties à la limite du pot car il est désastreux que tout le monde checke sur le flop; cela vous empêche de miser plus gros sur le tournant.

BROUILLER LES CARTES

Le fait de miser directement a un autre avantage peut-être plus important encore : cela vous permettra en plus de mêler vos adversaires si vous misez avec des moins bonnes mains et si vous bluffez de temps en temps. Ils ne sauront jamais si vous avez une bonne main ou non. En plus, si vous bluffez, il est plus économique de miser que de checker-relancer car si vous devez coucher votre main, vous aurez perdu moins d’argent. L’important est de miser avec une bonne gamme de mains, afin de ne pas être trop prévisible. Cela ne veut pas dire de jamais checker-relancer. Il est important de bien varier son jeu. Mais la plupart des joueurs pensent tout croche dans ces situations. Misez, et vous verrez, vos profits augmenteront.

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