Le Bluff, Un Art (1ère Partie)

Publié le 17 mai 2007

Le bluff, depuis toujours, est un grand art qui n’est pas donné à tous de maitriser. Le bluff n’existe pas qu’au poker, mais bien dans tout, dans chaque facette de la vie. Pensez à quand vous trouver une défaite pour ne pas souper chez la belle-mère, avec votre petite-amie… À lorsque vous vous trouvez une maladie pour vous avoir une journée de congé au travail, ou encore, à comment vous évitez d’aller aider un ami à déménager, par des excuses… À chaque fois, en réalité, vous bluffez!
Mais… Savez-vous bluffer vos opposants au poker? Vos paroles, votre langage corporel (vos tells) ou vos betting patterns peuvent-ils influencer volontairement le comportement ou les décisions de vos adversaires?
Voici la première partie d’un guide complet en matière de bluffs! Le guide réunira la vision du bluff de sept des plus grands joueurs du monde du poker. Bonne lecture!

LE BLUFF!
Il y a plusieurs formes de bluffs au poker. D’abords, le bon vieux bluff que l’on passe en parole, puis le bluff dans nos tells, le bluff dans notre betting pattern, ou le bluff on-line, le semi-bluff, etc… Voici donc, un aperçu d’une vision globale du bluff, vue par sept des grands auteurs du monde du poker :

La vision de Negreanu :
Voici comment Daniel voit la chose, selon son livre; «Hold’em Wisdom for all Player.» :
«Une des plus grandes erreurs que je vois, chez les nouveaux du poker, est d’essayer de bluffer dans les situations précises où il ne faudrait pas qu’ils le fassent. Je ne peux dire à combien de reprises j’ai entendu l’excuse suivante : Je devais essayer! Je n’avais aucune façon de gagner ce pot autre qu’en tentant de le bluffer. À laquelle je réponds : N’as-tu jamais pensé que de toutes les façons possibles, tu ne pourrais pas le gagner?
Les bluffs désespérés et perdus d’avance vont vous siphonner le bankroll plus vite que ne le ferait, avec votre sang, un vampire dans votre cou.
Il existe une solution simple et efficace pour votre problème de poker, si tel est le vôtre. Vous avez à planifier votre bluff d’avance, dès le départ de la main, en y pensant tout au cours de la main. Faire un bon bluff revient exactement à planifier un mensonge élaboré.
Par exemple, supposons que vous ayez à rejoindre votre patron pour lui dire que vous serez absent aujourd’hui, et que la grippe en est la cause! Toutefois, en réalité, vous n’êtes même pas à la maison. Vous l’appelez plutôt d’un hôtel miteux de Las Vegas… La première chose que votre patron va chercher, est une faille dans votre histoire. Dans ce cas, lorsque son afficheur d’appels apparaitra, affichant un appel qui provient d’un autre code régional, comment expliquerez-vous ce fait? Je vous croyais au lit, avec une forte grippe, comment se fait-il alors que m’appeliez du code régional 702? Et votre réponse sera certainement : Urrrrr, humm, j’sais pas. Ou quelques sornettes du genre…
Votre bluff, le cas présent, n’a pas fonctionné puisque vous ne l’aviez pas convenablement préparé, d’avance. Vous devez mieux vous protéger en mettant sur pied une histoire plus crédible, mais aussi en agissant de façon à ce que cela ne contredise pas vos paroles, comme par exemple, en bloquant l’identification de numéro, au début de l’appel…
Voyons maintenant le lien direct de cette situation de vie, avec une main de poker. Dans une partie à l’argent, vous jouez LIMIT 5$/10$. Vous avez en main ThJh et vous relancez pré-flop. Seul un joueur appelle votre relance. Et le flop vient Kh9h4d, vous misez instantanément avec votre tirage à la couleur et votre tirage à la suite. Votre opposant relance, et vous appelez la mise. Le tournant vient un 7d et vous passez devant votre opposant, qui lui, mise. Vous, bien entendu, appelez la mise encore une fois. La rivière vient finalement un 2c, ou en termes de poker, une TOTALE grosse brique!
CE N’EST TOUT SIMPLEMENT PAS LE TEMPS DE TENTER UN BLUFF!
Vous ne pourrez certainement pas remporter le pot si vous passez, dans cette pose. MAIS, ce que je tente de vous expliquer ici est que vous ne pourrez pas le gagner en misant non plus! Votre mise soudaine ne ferait aucun sens logique. Ce serait un bluff sans raison, ne le faites pas!
Posez-vous cette question : Quelle bouette est-ce que je tente de représenter en misant soudainement sur un 2c?
Si votre opposant a quoique ce soit, il appellera votre mise en un éclair. Parce que vous avez joué la main si prudemment jusqu’à la rivière, il est trop tard pour tenter de représenter une main forte. La seule histoire que vous avez laissée savoir par vos actions est que vous avez une main très faible. Alors comment feriez-vous passer un bluff ici?
Il est critique de planifier son bluff dès le départ. Jouez la main au début de façon à ce que votre opposant pense tout de suite que vous avez des fortes cartes. Dans le scénario précédent, il y a plusieurs options que vous auriez pu prendre pour le laisser transparaitre, soit :
1. Sur-relancer la mise sur le flop.
2. Passer-relancer sur le tournant.
3. Passer-relancer sur la rivière.
Si vous aviez agis de quelconque des manières précédentes, la mise sur la rivière aurait eu un sens logique. Une des choses les plus intéressantes du poker est qu’il y a tant de variables, et tellement de façons différentes de jouer, dans diverses situations. Si vous optez pour passer un bluff, tant mieux! Mais faites-le donc dès le début. Éliminez ce genre de mises désespérées sur la rivière de votre jeu, et déjà là, vous aurez fait disparaître une grande faiblesse de votre jeu en général!»
La vision de Malmouth :
Voici quelques questions & réponses de Malmouth (& Sklansky) au sujet du semi-bluff :
1. Qu’est-ce qu’un semi-bluff par définition?
R. : C’est une mise qui est faite par le joueur qui ne détient pas nécessairement la meilleure main au moment de la mise, mais qui a tout de même des chances considérables d’améliorer sa main avec les cartes communes à venir, et qui pourront donc battre la main des joueurs qui auront préalablement appelé sa mise.
2. Nommez un exemple évident d’une situation de semi-bluff
R. : Vous avez flopé un tirage à la suite, avec une deuxième ou une troisième paire, et vous avez également une carte plus haute que le flop.
3. Un exemple précis?
R. : Vous avez Ts9s, sur un flop 7c6d2s, et il y a beaucoup trop de joueurs dans la main…
4. Pourquoi ne pas vouloir semi-bluffer dans la dernière position?
R. : Parce que vous pourriez vous faire « check-raiser ».
5. Par conséquent, quel est un des facteurs déterminant dans le fait de semi-bluffer en dernière position?
R. : La fréquence à laquelle vous pensez être « check-raisé ».
6. À quoi donc peut bien servir un semi-bluff en dernière position?
R. : Il peut vous acheter une carte gratuite, pour plus tard…
7. Un exemple d’une situation correcte pour un semi-bluff ?
R. : Un tirage à la couleur, et tirage à la suite, particulièrement avec une paire et encore une carte à venir. Une petite paire sur le flop avec une « overcard », comme acolyte. Un petit tirage à la suite avec un flop qui a une carte haute.
8. Quelle est une bonne règle de base à suivre lorsque vient le moment de déterminer si l’on doit faire un semi-bluff ou non?
R. : Lorsque vous évaluez que votre main, après avoir passé, vaudra la peine d’appeler (ou presque) la mise de votre opposant, s’il mise. Le cas échéant, il vaudrait mieux que vous misiez vous-même, saisissant ainsi la chance de voir votre adversaire vous concéder le pot dès maintenant.
9. Quel est le second avantage du semi-bluff?
R. : Lorsque votre main, votre tirage se complète, que votre adversaire ne le voit pas et qu’il vous paye.
10. Et le troisième?
R. : Ça oblige votre opposant à deviner. À tenter de vous lire.
11. Qu’arrive-t-il lorsque vous ne bluffez jamais?
R. : Vous donnez beaucoup trop d’informations à vos adversaires lorsque vous misez.
12. Quel serait le quatrième avantage du semi-bluff?
R. : Le fait d’avoir misé plus tôt, vous laissera peut-être la chance d’avoir une carte gratuite plus tard.
13. Quand est-ce correct de miser avec seulement deux « overcards »?
R. : Très souvent, et ce, spécialement si vous avez un tirage à la couleur, par derrière.
14. Quelles sont les exceptions?
R. : Ces fois où vous sentez que même en complétant votre tirage, vous ne serez pas le gagnant de la main.
15. À quel moment est-on moins favori de miser avec deux « overcards »?
R. : Dans les moments où le flop contient soit deux cartes d’une même couleur, ou deux cartes d’une suite…
16. Si vous avez deux « overcards », que vous les misez, et que vous vous faites relancer, devez-vous appeler la mise?
R. : Et bien tout dépend de si vous pensez être capable de gagner la main dans le cas où vous frappez justement votre carte plus haute, et bien sûr, des côtes du pot.
17. Si que des petites cartes sont dévoilées sur le flop, pourquoi seriez-vous plus enclin à appeler une mise avec KQ qu’avec AK?
R. : Puisque bien plus de gens jouent des mains telles que Ax que Kx…

À SUIVRE…
Au cours du prochain article, vous découvrirez la suite de la vision Sklansky/Malmouth, sur le Bluff, et sur comment induire un bluff. Il y aura, aussi, encore plus de visions du bluff au poker, comme par exemple, celle de Ciaffone et de Harrington, ainsi que d’autres trucs relatifs au sujet. Restez à l’affut, et d’ici là, bon poker!
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BIBLIOGRAPHIE :
Hold’Em Wisdom for all players – Daniel Negreanu – Cardoza publishing – 2007©
The Theory of Poker – David Sklansky – Two plus two publishing – 1987/1999 ©
Improve your Poker – Bob Ciaffone – 1997©
Super System II – Doyle Brunson – Cardoza publishing – 2005 ©
Hold’Em Poker – Sklansky/Malmuth – Two plus two publishing – 1988/1999 ©
Harrington on Hold’em VOLUME II – Dan Harrington – Two plus two publishing – 2005 ©
P$ychology of Poker P$ymplified – David R. Whalen – 1997 ©

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