Comment jouer AK ? (2e Partie)

Publié le 13 mars 2007

La Position

Elle est critique. AK est une main qui apprécie la position (parler en dernier), surtout lorsqu’elle affronte plusieurs mains. Lorsque vous irez voir un flop, vous ne frapperez une paire qu’une fois sur 3. Je suppose que vous savez comment vous débrouiller lorsque vous hitez le flop : mais avez-vous un plan pour les fois où le flop ne vous aide pas ? Je vais vous dire comment je joue cette main (face à 1 adversaire) : je « lead bet » la grosse majorité du temps.

Hors Position

L’agressivité est récompensée au Hold’em. Si je suis contraint à parler en premier, il y a de bonne chance que je fasse folder mon adversaire en initiant une mise : (A) si mon adversaire a 2 cartes non-pairées, il y a 2 chances sur 3 qu’il n’ait pas frappé sur le flop, et s’il a frappé, peut-être doutera-t-il de la force de sa paire ; (B) S’il a une paire et que le flop contient une ou 2 overcard(s), il est possible qu’il cède à la pression : on est encore « tôt » dans la main, 2 rounds de mises sont encore à venir…

Avec la Position

Si j’ai la chance de parler en 2e et que mon adversaire a checké devant moi, je considère son check comme un signe de faiblesse, après tout, c’est bien ce que signifie un check la majorité du temps ! Évidemment, je conserve la même stratégie utilisée hors position : « lead beter » la grand majorité du temps. Habituellement, j’y vais d’un « lead bet » correspondant à mon bet typique : entre les 2/3 du pot et la totalité de celui-ci.

« Lead bet » callé/raisé par l’adversaire

Indépendamment de ma position, lorsque mon adversaire appelle ou raise mon « lead bet », ça se complique. Mon premier réflexe est de lui concéder du respect. Je m’empresse d’ignorer ce premier réflexe – avec insuccès – et analyse la situation plus en profondeur. Mon choix d’aller plus loin dans la main sera souvent basé prioritairement sur l’image que j’ai de mon adversaire. D’autres points sont également à considérer : l’image que mon adversaire a de moi, l’historique de nos confrontations, le timing en cours… Exemples : je serai plus enclin à caller au flop et/ou miser le turn si mon adversaire est « tricky » ou pas très tight (voire « rock »). S’il m’apparaît possible qu’il test sa main (une paire?) ou la mienne, je pense également à « tirer une autre balle » au turn. Si je n’ai pas de raison de douter de mon adversaire, je lui accorde un respect que je considère mérité et je m’enligne généralement pour le fold ou une série de check/fold.

Face à plusieurs adversaires.

Dans un « multiway pot », avec AK et des tapis très profonds, je raise et reraise souvent préflop. Le plus souvent, j’ai la meilleure main à ce moment et je tiens à taxer les moins bonnes mains cherchant à « m’outdrawer ». Je sais que quelqu’un peut avoir une paire, mais je cherche aussi à prendre le contrôle de la main pour m’avantager au flop.
Une fois le flop tombé, si le pot est 4-handed ou plus, je resterai sage si je n’hit pas. En 3-handed, ma position devrait être le facteur prédominant dans mon choix de « lead beter ». Vivement la dernière position! Je check en première position, et il en va d’une analyse si je suis au milieu.

« Monster Draw »

Je tiens à faire un arrêt sur ces fois où AKo et (surtout) AKs vous offriront un tirage considérable. Un flop comme J-T-4 rainbow devrait vous offrir autour de 7 outs, même 10 dans le meilleur des mondes, ce qui vous donnerait d’assez bonne cote (25% à 40% de chance d’outdrawer selon vos « clear outs »).
AsKs sur un flop QsJh2s est incroyablement puissant : 9 outs à la nut-flush + 3 outs à la nut-straight + disons 2 « clear outs » sur les 6 outs pairants la main. Avec 14 « clear outs », votre équité tourne autour de 50%. Peut-être est-il temps de penser à raiser ? 2-handed, j’opte plutôt pour un value raise assez gros (pot-size), puisque j’accorde de l’importance au fold equity (après tout, je ne complèterai mon draw qu’une fois sur 2). Dans un « multiway pot », je peux miser ou non : ma 1ère considération est de conserver un maximum d’adversaire. Pour un maximum de chance de me faire payer si je complète mon draw. Je veux aussi laisser la chance à un opposant de me remettre son stack en entier en complétant une 2e meilleure main : une flush moins bonne, une straight, etc. Quand je dis que « je peux miser ou non », ma 2e considération sera de contrôler la taille du pot (en fonction de la profondeur des stacks surtout). Ma 3e considération sera, enfin, de miser parce que chaque mise que je fais et qui est callée par plus d’un adversaire est habituellement EV+. Le profit est évident : j’estime avoir environ 1 chance sur 2 de remporter un pot dans lequel 2-3 adversaires ajoutent 2-3$ pour chaque dollar que j’investis.

Conclusion : Avoir 1 plan

Comme je le disais en intro, l’idée avec des mains que vous jouez fréquemment telles que AKs et AKo, c’est d’avoir un plan pré-établi en fonction des patterns (développements) les plus fréquents. Un algorithme en d’autres mots. Votre algorithme devrait se peaufiner au fil du temps : vous découvrirez de nouveaux éléments et ajustements à intégrer à votre plan. Je vous invite également à débattre de cet article, que ce soit en le commentant ou le questionnant ici dans le forum. ***Linker à un thread
Bon poker ! Yaf yannixfrenette@hotmail.com

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