Un peu de ceci, une pincée de cela, voici les ingrédients pour un poker gagnant

Publié le 23 avril 2008


Les traits d’un joueur professionnel gagnant au poker

J’ai reçu plusieurs courriels afin d’obtenir des conseils pour devenir un joueur de poker professionnel. Même si je ne me considère qu’à 25 % de la qualité d’un professionnel, je pense que cette tribune sera intéressante pour répondre à certaines questions ainsi que pour exposer mes pensées à ce sujet. Heureusement, certaines de ces pensées seront utiles pour vous qui recherchez à joindre les rangs des grands dans la cour d’école.
Pour commencer, mon premier conseil est le suivant : « Ne faites pas cela. C’est complètement débile de gagner sa vie de cette façon! Vous allez vous retrouvez chauve si vous avez des cheveux, ou totalement aliéné, si vous êtes assez chanceux pour être sain d’esprit présentement! ». Maintenant que je vous ai fait part de mes pensées, il est facile d’identifier les grandes qualités m’ayant servies et que j’ai apprises. Voici les traits les plus importants pour devenir un joueur de poker à succès :

Adaptabilité et volonté d’apprentissage

Comme nous le savons, la plupart des joueurs pensent qu’ils sont les meilleurs joueurs au monde. Plusieurs pensent aussi que la seule chose qui les empêche de jouer à de très hautes mises est qu’ils n’ont pas les fonds nécessaires. Certains vont même penser qu’ils pourraient rivaliser avec les meilleurs professionnels s’ils avaient les ressources financières pour les soutenir. Je suis triste de vous dire que la seule chose qui risquerait d’arriver si ces gens avaient un gros fond de roulement, c’est que les professionnels seraient seulement plus riches.

Jouez du poker gagnant et monter dans les limites des mises est très difficile et l’attitude «  Hé, je suis plus grand que nature » ne ferait rien d’autre que vous placer plus loin qu’où vous désirez être. Vous devez participer à chaque partie et chaque tournoi avec l’idée que vous apprendrez quelque chose. Je considère tout le temps que j’ai échoué si je n’ai ni fait la table finale au tournoi que j’ai joué ou encore rien n’appris qui puisse m’aider pour les tournois futurs.

Même lorsque vous êtes devant des opposants plus faibles, vous pouvez toujours apprendre. Peut-être vous apprendrez ce qu’il ne faut pas faire dans certaines situations. Une des meilleurs leçons que vous pouvez apprendre est comment battre ces joueurs fragiles et comment tirer avantage de votre adversaire lorsque vous savez qui est plus faible et moins habile que vous. Un fait indéniable est que la majorité du temps vous ferez face à des adversaires faibles, car admettons-le, pour chaque bon joueur, il y a des milliers de joueurs très mauvais et vous devez deviner dans quel groupe vous vous retrouvez.

Un regard brutal sur vous-même

Voici un sujet où la plupart des joueurs échouent. Dans mes débuts de joueur de poker – cela doit faire à peu près un an – j’aurais souffert de ces sessions où l’on perd et aurais été frustré pour une partie de la nuit si je n’avais pas su quoi faire. Je jouais si bien! Je faisais les bons gestes mais je me faisais toujours avoir par des tirages. Pourquoi donc?

L’idée est que je jouais dans des ligues où je pensais qu’elles étaient dans un niveau inférieur au mien. Je me rappelle très bien que je jouais, peu importe ma position, des mains telles que 10  9  ou 8  7 . Je jouais des cartes connectées assorties continuellement de manière agressive dans les parties de hold’em avec limites, même en position hâtive. J’étais même parfois forcé d’égaliser deux à trois relances. Cette technique est une méthode sure pour parvenir au désastre, j’ai même connu des soirées titanesques. Je ne sais pas comment, mais j’avais en tête de jouer ces mains, peu importe les circonstances.

Le point important de cet exemple est que je n’étais pas du tout honnête avec moi-même sur la façon dont je jouais. J’ai aussi été dans ce type de situation lorsque je jouais au hold’em sans limites et je n’ai pas été capable d’éviter certains pièges. Un exemple est de ne pas voir le danger de jouer des mains comme A-10 et K-J avec lesquelles vous pouvez facilement tout perdre vos jetons. Dans des parties avec limites, vous pouvez vous en sortir avec ces mains ou du moins apprendre à décider si vous avez la meilleure main ou non. Dans les parties sans limites, cela vous coûtera tous vos jetons pour tirer les mêmes leçons. Mis à part cela, certaines personnes ont des mains avec lesquelles ils tombent en amour, même si ces mains leur coûtent plus qu’il ne leur en rapporte.

Il est évident que ce ne sont que des exemples très spécifiques. Le cas classique est lorsque vous ne pouvez pas être honnête avec vous-même à propos de rien. Vous jouez trop de mains et vous les jouez hors position. Vous appelez trop de mises dans des situations désavantageuses et vous perdez vos jetons. Si ces exemples collent à vous, allez aux séminaires des Menteurs anonymes ou considérez que vous êtes fait pour une autre vocation.

Habileté à soutenir la pression

Au fur et à mesure que vous avancez dans un tournoi, la pression monte de plus en plus. Si vous êtes assez chanceux pour atteindre la table finale de votre tournoi, vous arriverez peut-être dans des situations de jeu où le niveau sera tellement élevé qu’il vous sera difficile de penser de manière rationnelle. Un effet similaire apparaît aussi lorsque plusieurs joueurs se mettent à perdre lors de parties à l’argent. Souvenez-vous que lorsqu’on perd, on ressent davantage de pression. Je sais que lorsque je gagne dans les parties à l’argent ou encore lorsque je détiens plusieurs jetons dans un tournoi, je suis complètement zen et j’ai beaucoup de plaisir à jouer. L’habileté à soutenir la pression devient primordiale surtout dans les situations où vous n’êtes pas dominant.

Trop souvent dans les dernières phases de tournois majeurs, un joueur fait une gaffe et tous les autres joueurs sont heureux de lui soutirer ses jetons. Je parle en connaissance de cause, car j’ai fait ces deux erreurs graves à deux tournois du World Series of Poker cette année. Ces erreurs n’étaient pas dues aucunement au fait que mes opposants ont mieux joué, mais plutôt parce que j’ai fait des erreurs non forcées qui m’ont coûté presque tout mon avoir. Il n’y a rien de pire que le sentiment que vous avez donné la chance de gagner à quelqu’un d’autre à la table.

Ces tables finales nous ramènent à une leçon dont je parlais précédemment. Même si je n’ai pas pu ramener le titre pendant ces journées du mois de juin, j’ai tout de même appris certains éléments qui m’aideront dans mes futures parties. Je peux vous dire que la prochaine fois je serai en mesure de focaliser sur le problème en cours plutôt que de garder la pression de tout un évènement.

La force constante de la pensée

Le poker est un jeu brutal et personne ne peut le contredire. Pour devenir un joueur gagnant, vous devez aussi être capable de prendre les échecs à répétition et en retirer certaines leçons. Je crois fermement que les meilleurs joueurs au monde sont les plus forts psychologiquement et que rien ne peut les abattre. Pensez à cela, à quand remonte la dernière fois où vous avez vu Phil Ivey se plaindre lorsqu’il a perdu sur un tirage? Et Doyle? Chip? Jamais. Je crois que je n’ai jamais vu ces joueurs se plaindre.

C’est parce que se sont des bulldogs au point de vue psychologique, rien de moins. Il n’y a pas d’honneur à tenter de les battre, parce que cela ne sera pas possible. J’essaie de digérer cela et de jouer en conséquence. Il est tellement impressionnant de voir quelqu’un qui est capable de perdre des parties de suite et de le voir revenir en soirée avec un plein contrôle sur la table. C’est vraiment un très grand signe de caractère et une qualité que nous devrions tous tenter d’acquérir.

J’aime ce concept, spécialement dans les tournois de hold’em sans limites. Il est tellement plaisant de trouver des joueurs qui peuvent être battus. Vous savez qui ils sont; ce sont des joueurs que vous poussez tellement à bout qu’ils perdent leur habileté à être en mesure de jouer avec vous. Ils en viennent finalement au point de jouer seulement les mains avec lesquelles ils peuvent jouer avec un certain niveau de confiance, comme des grosses paires ou A-K. Une fois qu’ils les ont trouvées, et bien, vous vous couchez. Cela prend cette force de la pensée pour leur mettre de la pression et cela prend aussi de la rigueur pour leur tenir tête et obtenir votre part du gâteau.

Ce sont seulement quelques-unes des qualité auxquelles je pense tous les jours lorsque je joue. Vous devrez identifier celles qui sont les plus importantes pour vous, de même que celles sur lesquelles vous devez travailler. Comme c’est le cas dans bien des domaines, si vous mettez le temps et l’énergie pour devenir un bon joueur, vous serez récompensé par de bons résultats. Vous pourrez même conserver vos cheveux… ou même votre santé mentale… ou même les deux si vous êtes chanceux.

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