Repérez le tilt avant qu’il ne gagne sur vous!

Publié le 23 juillet 2012

Votre écran d’ordinateur vient d’effectuer une chute de douze étages et votre souris git inerte au sol, en plus de pièces que son utilisation ne le recommande.  Il n’y a pas photo, vous venez de succomber à une nouvelle crise de tilt.  En plus d’avoir radicalement écourté l’espérance de vie de votre matériel informatique, vous avez perdu beaucoup plus d’argent aux tables que votre malchance ne le justifie.  Pris de frustration, vous avez perdu la bataille contre cette insidieuse émotion qu’est le tilt.  Difficile d’être un joueur gagnant sans gérer tout ça!

Heureusement, avec un contrôle de son tempérament ou simplement fort d’expérience (ou peut-être est-ce par épuisement des stocks de souris au magasin du coin, allons donc savoir) les joueurs finissent par apprendre à se maîtriser.  L’expérience du tilt devient moins brute et elle s’intériorise.  Si les passants au trottoir peuvent se rassurer pour leur vie, les conséquences de cette émotion demeurent néanmoins violentes sur votre pile de jetons.  Or, il est beaucoup plus facile de se retirer lorsqu’on sent le tilt monter que de le gérer une fois qu’il est définitivement installé en vous.  Votre chaudière de raison ne suffira tout simplement pas à contenir ces flots de démence!    Quels signes annonciateurs devraient-ils fortement vous encourager à passer à une autre activité pour le reste de la journée?

Vos mains perdantes sont-elles anormalement “standards”?

Ça arrive souvent au poker.  On perd une main et on a beau se la rejouer mentalement cent fois plutôt qu’une, n’en demeure que la conclusion reste la même:  il aurait été impossible d’éviter cette perte.   C’est correct et c’est normal.  Ça fait partie du poker.  Or, quand le tilt se pointe le nez, beaucoup de pots perdus sont qualifiés à tort de “standards” par le joueur.  Possiblement qu’il tente alors de se convaincre lui-même qu’il n’est aucunement responsable de son sort.  Quand les résultats tournent au vinaigre, pouvez-vous hors de tout doute et le plus honnêtement possible affirmer que c’était entièrement inévitable?  Si la réponse n’est pas affirmative et  indubitable, allez prendre de l’air!  La situation est sur le point de s’envenimer.  Ne vous convainquez pas du contraire! Le poker n’ira nulle part et sera là à vous attendre quand vous aurez retrouvé votre aplomb.

Est-ce que ça vous dérange?

Étrange question n’est-ce pas?  Pas tout à fait.  Pour bien contrôler ses émotions, le joueur doit apprendre à se distancer de ses propres résultats en se concentrant exclusivement sur la qualité de son jeu.  Cela signifie de ne pas accorder d’attention particulière aux gains ou aux pertes dépendant du facteur chance ou malchance.  Cela ne signifie pas toutefois que vos résultats devraient vous rendre complètement indifférents!

En effet, le poker est un jeu de compétition où celui avec la plus grande soif de vaincre trouvera souvent la manière d’arriver à ses fins.  Lorsqu’il est en séquence perdante, le joueur doit éviter de sombrer dans la frustration, mais pas pour autant devenir insensible à son sort!  Commencer à se “foutre” des résultats en train de se produire est un signe évident que le tilt monte à grande vitesse.  Des débilités comme “ce n’est que de l’argent” et “ça ne peut pas être pire que c’est présentement de toute façon” ne feront du sens que pendant votre épisode de folie.  Votre argent est précieux et perdre dix buy-ins est deux fois pire que d’en perdre cinq.  Vous le constaterez que trop bien lorsque viendra le temps de les renflouer!

Êtes-vous en train de vous regarder jouer?

Êtes-vous en train de jouer au poker ou êtes-vous en train de vous regarder jouer?   Un phénomène de distanciation par rapport à  soi-même peut être un signe de fatigue, d’ennui ou d’enclenchement du pilote automatique.  Dans tous ces cas, vous devriez y voir un indice que vous ne jouez plus de manière optimale.

C’est là un phénomène étrange difficile à décrire à ceux ne l’ayant jamais vécu.  Ce l’est, parce que c’est à la fois subtil et insidieux.  Plutôt que tous vos efforts mentaux se concentrent au même niveau de jeu, il y a une étrange séparation entre votre jeu “automatique” et votre niveau de réflexion plus “spécifique”.   Devant une situation, le niveau automatique aux commandes exige une décision, puis votre tête, comme si elle était une observatrice externe à tout ça, émet un sérieux bémol.  Vous prenez la décision automatique, vous perdez, puis vous ne pouvez faire autrement que de vous rendre compte que vous saviez pertinemment ce qui vous attendait.  C’est un peu comme si vous ne vous permettiez pas vous même de déroger d’une stratégie qui est pourtant la vôtre.    C’est là une perte de contrôle inexplicable sur votre propre jeu.

Ce phénomène est particulièrement dangereux puisqu’il ne se manifeste pas de manière nette et catégorique.  Un joueur peut jouer un poker sous-optimal pendant des lunes sous cette emprise sans même véritablement s’en rendre compte.  Un reality check est de mise ici et là à travers une session, juste au cas où nous ne serions pas, après tout, des esclaves de la Matrice!

La prochaine fois où vous repérerez l’un de ces symptômes aux tables, fermez l’ordinateur et allez faire une petite promenade.  Attention aux édifices à étages toutefois!  Tous les joueurs ne sont pas nécessairement des lecteurs de PrincePoker, ayant la chance de profiter de ces judicieux conseils!

Discutez des signes avant coureur du tilt sur le forum de discussion

Comments

Powered by Facebook Comments

Autres nouvelles dans cette catégorie
L'épidémie moderne de relances au hold'em
Débutants: Êtes-vous du type tournoi ou partie à l'argent?
Quelle histoire racontez-vous?
Êtes-vous un joueur de poker du passé?
Qu'est-ce que le poker et une bouse de vache ont en commun?
HAUT DE LA PAGE