Réfléchir à la table – 2e partie

Publié le 1 octobre 2004

Dans le premier de cette série de deux parties nous avons examiné le travail d’un joueur de poker et avons appris que pour avoir du succès, le poker exige une base substantielle de connaissances théoriques. Nous avons également discuté de l’importance d’observer ses adversaires et de classer leur style par catégorie lorsque vous n’êtes pas impliqué dans une main. Cependant, il y a une grande partie de cette réflexion (et prise de décision) qui a lieu seulement à la table, dans le feu de l’action, lorsque vous êtes impliqué dans une main.

Toujours avoir conscience des cotes du pot

Peu importe le bagage de connaissance que vous apportez au jeu, il y a toujours une certaine analyse que vous devez faire à la table. Au minimum, vous devez toujours prendre conscience de la taille du pot. Même s’il n’est pas important de compter jusqu’au dernier sous le montant total de chaque pot, vous devez savoir approximativement combien il y a dans la cagnotte à tout moment.
Si vous ne savez pas combien il y a d’argent dans la cagnotte, il vous sera impossible d’évaluer les cotes pour compléter votre main versus les cotes que vous offres le pot. Vous devez toujours prendre conscience du pot afin de déterminer si les cotes du pot sont suffisantes pour appeler avec une main qui n’est pas complète.

Mettre un adversaire sur une main…ou plusieurs mains.

Il est impératif de mettre votre adversaire sur une main. Beaucoup de joueurs font l’erreur de mettre leur adversaire sur une seule main, sans pour autant changer cette hypothèse lorsque d’autres informations arrivent au courant de la main (la manière qu’un adversaire mise après le flop, sur le tournant etc.) La meilleure façon de faire est de mettre ses adversaires sur un groupe de mains pour ensuite en éliminer d’après la façon dont ils ont joué ces mains après le flop et le tournant.
Voici un exemple. Personne n’a appelé les blinds et vous relancez en cinquième position avec une paire de dix. Le joueur à votre gauche immédiate sur-relance. Personne d’autre n’appelle sauf le gros blind qui complète la mise. Vous appelez également. À ce moment-ci, vous pouvez mettre le joueur, qui a relancé, sur une multitude de mains. Supposons que le joueurs qui a relancé est un joueur moyen. Il peut avoir dans ses mains n’importe quelle paire (99 à AA). Il peut aussi avoir AK, AQ, AJ, A10 (même si les 3 dernières mains ne sont pas des mains pour sur-relancer) et même une main marginale comme KQ ou KJ. S’il relance avec une grosse paire, il est en avance sur vous. S’il relance avec 2 grosses cartes, vous avez l’avantage.
Supposons que le flop soit 9-7-3 arc-en-ciel. Le joueur sur le gros blind check, vous misez pour connaître la qualité de votre main et votre adversaire relance. Le gros blind se couche et vous égalisez. Sur quelles mains pouvez-vous le mettre? Disons que vous pouvez éliminer tout de suite la possibilité d’un brelan, puisqu’il aurait probablement seulement égalisé en prévoyant relancer sur le tournant lorsque les mises doublent. Il pourrait avoir relancé avec n’importe quelle paire plus grande que la plus haute carte du tableau. S’il est un joueur vraiment agressif, il pourrait effectuer un semi-bluff avec une main comme AK, juste au cas où il vous mettrait sur des mains comme AQ, AJ ou même AK. Rappelez-vous qu’il n’est pas certain de votre main non plus et il tente de savoir ce que vous avez.
Avec une paire de dix, vous n’êtes pas certain où vous vous situez. Si votre adversaire joue 2 grosses cartes, vous êtes en avance, mais s’il a vraiment une paire, elle est, sans aucun doute, plus grosse que la vôtre. Vous appelez sa mise. Le tournant est un 8. Vous possédez maintenant une surpaire avec en plus une chance de suite. Vous checkez et votre adversaire en fait autant. Même s’il y a 3 cartes subséquentes sur le tableau, votre adversaire est quand même assez bon pour comprendre que vous n’avez pas relancé avant le flop avec une main comme J-10 et certainement pas avec 10-6 ou 6-5. Conséquemment, son check sur le tournant ne veut pas dire qu’il a peur que vous ayez complété une suite.
Vous pouvez maintenant supposer qu’il a une main qui ne peut pas battre deux paires, et même une grosse paire. À ce moment, vous le mettez sur deux grosses cartes avec une certaine possibilité qu’il pourrait avoir une paire de dames ou de valets. À moins qu’un valet ou un 6 tombe sur la rivière (ce qui vous donnerait une suite) vous planifier de checker. Si votre adversaire détient deux grandes cartes, il pourrait miser sur la rivière et vous gagnerez une mise additionnelle en déjouant sa tentative de bluff. S’il checke après vous, ça ne vous a pas coûté grand chose puisqu’il n’aurait probablement pas appelé votre dernière mise sans avoir au moins une grosse paire.
Même sans jouer cette main jusqu’à sa conclusion, vous voyez comment vous avez mis votre adversaire sur une variété de main dès le début. Avec l’aide de raisonnement déductif basé sur la façon dont la main s’est jouée, il est devenu possible de définir la main que votre adversaire pourrait avoir avec une certaine précision. Dans la vraie vie, vous avez un autre avantage significatif. En connaissant vos adversaires, vous aurez une idée encore plus forte sur leurs tendances. Certains joueurs bluffent à peine. Certains ne parieront jamais sur la rivière sans avoir au moins deux paires alors que d’autres parieront toujours peu importe s’il détiennent une paire ou non tant que le tableau ne sera pas trop menaçant.
Plus vous connaissez vos adversaires, plus il sera facile de prendre la bonne décision sous pression et d’être confiant que cette décision sera la bonne. C’est pourquoi vous verrez rarement un joueur solide se plaindre d’une main qu’il a couché. Quand un joueur marginal couche une main, il va souvent perdre un temps fou à se plaindre qu’il avait probablement la meilleure main. Le joueur solide sera tout à fait certain que sa main ne valait pas un appel. Le joueur solide est moins susceptible d’appeler avec une main marginale qui n’a pas de chance de gagner, ce qui fait qu’il est une cible moins attrayante pour ses adversaires qui voudrait en prendre avantage, il sauve ainsi beaucoup d’argent. Rappelez-vous, ce que vous ne dépensez pas, vous ne devez pas le gagner!

En résumé

Puisque vous n’avez pas le temps nécessaire pour penser à des problèmes complexes, vous devez pouvoir choisir des solutions similaires que vous avez rencontrées auparavant. Pour accomplir ceci, il est impératif de penser au poker lorsque vous n’êtes pas à la table. Naturellement, vous devez également lire et étudier la théorie du poker. Quand vous êtes à la table, vous devez continuellement classer le style de vos adversaires, étant donné que leur jeu évoluera au fur et à mesure que la partie se déroule.
Toujours évaluer les cotes du pot versus les cotes pour compléter votre main. En conclusion, quand vous évaluez vos options, soyez particulièrement prudent de celles qui vous coûteront un pot. Appeler une mise lorsque vous devriez vous coucher, ou miser lorsque vous devriez checker peut vous coûter une mise ou deux, mais une mauvaise décision de vous coucher lorsque vous devriez appeler pourrait vous coûter un pot important. Quand le pot entier est en jeu, vous devez faire plus attention aux choix que vous faites.
Lou Krieger est l’auteur d’une rubrique de stratégie de poker pour le magazine Card Player. Vous pouvez visiter son site internet à www.loukrieger.com.

Comments

Powered by Facebook Comments

Autres nouvelles dans cette catégorie
L'épidémie moderne de relances au hold'em
Débutants: Êtes-vous du type tournoi ou partie à l'argent?
Quelle histoire racontez-vous?
Êtes-vous un joueur de poker du passé?
Qu'est-ce que le poker et une bouse de vache ont en commun?
HAUT DE LA PAGE