Monter de limite au poker

Publié le 9 janvier 2011

Après une bonne longue séquence de succès au poker, nous sommes souvent prêts à monter de limite. Du moins, c’est ce que les chiffres nous disent!  C’est ce qui est arrivé dernièrement au copain de l’un de mes neveux. Rencontré pendant le temps des Fêtes, il savait qui j’étais et donc croyait que je saurais le guérir. Le pauvre!

Il me raconte donc qu’il avait réussi assez bien à sa limite, le nl10 dans ce cas, pour croire avoir ce qu’il fallait pour monter au redoutable nl25. Il en avait entendu parler et selon tous les « experts », ce saut constituait un grand défi. Les tables de nl25 semblaient séparer les hommes des enfants au poker en ligne, d’où son appréhension.

Après quelques semaines à sa nouvelle limite, le découragement s’emparait de lui. Baisse de fonds de roulement, grande variance, incertitude, rien n’allait. Après les premières vérifications, celle du fonds de roulement suffisant, du nombre de mains jouées au nl10 pour baser sa décision, nombre de mains à sa nouvelle limite, tout semblait correct. Quoi donc? Simple variance, malchance? Ça ne semblait pas être le cas. À force de jaser avec lui, certaines observations devinrent claires.

De un, même s’il semblait posséder tout ce qui lui fallait pour bien réussir sa transition, une chose manquait cruellement:  La confiance! Alors qu’auparavant il régnait sur ses 6 tables de nl10, maintenant ses 6 tables de nl25 semblaient abriter uniquement des adversaires professionnels! Les 22-20 n’avaient aucune faille dans leur jeu post-flop. Les 55-28? D’astucieux joueurs agressifs, mais mortels. Les 8-2, super passifs? Imbattables! Pourtant, il avait affronté les mêmes types de joueurs auparavant, à de plus basses limites.

Le cerveau est une curieuse bibitte que nous devons tous amadouer. Dans son cas, de toute évidence, ce n’était pas encore fait. Encore pire, il avait commis la pire erreur du joueur qui monte : trop rapide, trop formel.   Mon premier constat fut donc que sa façon d’opérer laissait à désirer. Couché un soir en tant que joueur de nl10, il se réveillait le lendemain matin transformé en régulier du niveau supérieur!

Notre bonhomme a enfin compris de lui-même deux choses. La première, ne jamais radicaliser nos actions. Il sera toujours plus simple de conserver 4 ou 5 tables de la limite confortable et de graduellement y insérer 1 ou 2 tables de la limite supérieure. Du fait même, la sélection de tables au niveau supérieur est beaucoup plus facile. Aussi, les pertes potentielles se couvrent plus facilement lorsque nos résultats à la basse limite sont positifs.

Une transition graduelle apportera bien des bons points. Elle calme et diminue le stress. Elle permet une transition positive ou du moins amortit une chute imprévue. Elle permet un retour sans trop de dégâts en cas d’échec.

Il faut se rappeler que tôt ou tard, la grande majorité des joueurs de poker feront la connaissance du fameux Principe de Peter. Celui-ci nous apprend que dans tout domaine, l’humain finit toujours par rencontrer son «  niveau d’incompétence ». Éventuellement, si nous travaillons fort, nous finirons tous par arriver à une limite trop complexe pour nous, ou à une limite où la variance nous affectera au point de nous empêcher de jouer comme théoriquement nous serions en mesure de le faire.

Monter graduellement et en pleine possession de nos moyens nous assurera à tout le moins d’y arriver de façon sécuritaire.

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