Les dangers du slowplay

Publié le 2 août 2009

S’il y a une stratégie utilisée à toutes les sauces, c’est bien celle du slowplay.  Tous connaissent la chanson.  On frappe un monstre et on acte de manière diamétralement opposée.  On feint la faiblesse tout en espérant que l’adversaire fasse lui-même les mises qui édifieront son propre piège.  Le raisonnement derrière cette tactique est assez simpliste.  J’ai la meilleure main et je désire garder mes adversaires dans l’action.  Espérons alors qu’il mise une main plus faible ou encore qu’il tente de me bluffer !

Le concept n’est pas mauvais en soi.  Afin de berner ses adversaires, il est logique de faire preuve de tromperie.  Cependant, l’idée a des limitations bien réelles.  La plus évidente est qu’elle vend votre main à bas prix.  Que vaut votre monstre si vous ne le rentabiliser pas à sa juste valeur ?  De plus, il est excessivement rare que votre adversaire misera tout son tapis lorsqu’il n’a pas lui-même un monstre, vous laissant simplement l’appeler sur chacune de ses mises.  Tôt ou tard dans la main, vous devrez faire une mise de taille afin d’espérer gagner le plus gros pot possible.  Vos adversaires ne sont pas dupes !  Appeler une petite mise, le refaire, puis miser une large somme crie votre force.  Check appeler puis check relancer est encore pire.

La vérité est que peu importe la force de votre main, il sera très difficile de bâtir un gros pot si vos adversaires n’ont pas de quoi se croire suffisamment forts.  Dans la grande majorité de ces cas, le slowplay sera alors inutile, puisque vous désirez tous deux investir dans votre main respective.  En apparaissant faible, vous risquez d’accomplir le contraire de votre objectif réel.  Vous garderez le pot petit alors qu’il a un potentiel d’être beaucoup plus volumineux.

Évidemment, le slowplay n’est pas toujours impraticable.  Contre un adversaire très agressif et peu observateur par exemple, il peut être très efficace de checker en première action.  Vous réussirez ainsi à obtenir au moins une mise automatique, sinon deux, alors que de miser vous-même pourrait ralentir son ardeur.  Cependant, de manière générale, la règle est bien simple.  Une grosse main appelle à bâtir un gros pot.  On bâti un gros pot avec de grosses mises.  C’est aussi simple.

Mettez vous dans la peau de votre adversaire.  Vous frappez un monstre alors que ce dernier n’a que la paire haute.  Check-appelez et check-relancez et il verra immédiatement que quelque chose cloche.  Les adversaires capables d’une telle ligne en bluff sont rares et s’il est de calibre acceptable, il couchera sa main.  Au contraire, misez fort au flop, puis remisez fort au turn.  Que pensera-t-il alors ?  La décision est beaucoup plus difficile.  Peut être jouez vous une paire semblable à la sienne agressivement ?  Peut-être faisiez vous seulement une mise de continuation, puis vous avez touché un tirage au tournant ?  Peut-être bluffez-vous tout simplement ?  Si vous êtes un joueur de nature agressive de surcroît, votre ligne représentera encore plus de possibilités.  Vous semez le doute dans son esprit et c’est la recette parfaite qui mène au profit.

Assurément, toujours miser fortement vos puissantes mains et coucher les autres trahira rapidement votre jeu.  Le poker est un jeu de tromperie et varier ses tactiques est absolument essentiel.  Cependant, rappelez vous ce conseil d’importance :  Ce que vous cherchez à faire avant tout, c’est de jouer votre main de la manière la plus simple et évidente possible, en laissant croire à votre adversaire que vous tentez de le tromper.  Les joueurs qui abusent du slowplay font le contraire !  Rendez votre jeu suffisamment agressif afin que vous rentabilisiez vos monstres lorsque vous les obtenez.  C’est ce qui vous permettra d’accumuler le plus large profit en bout de ligne.

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