La relance du minimum

Publié le 17 octobre 2009

La généralisation et le poker ne font jamais bon ménage.  Rares sont les jeux qui sont intrinsèquement mauvais et surtout, à tout coup.  Cependant, s’il y a une action couramment utilisée qui devrait être retirée de tout coffre à outils du joueur en progression, c’est bien la relance du minimum.

Évidemment, les exceptions existent.  Que ce soit tard dans un tournoi alors que les blinds sont élevés ou sur la rivière alors que j’essaie d’aller chercher de la valeur contre un adversaire que je crois faible, la relance du minimum peut parfois se justifier.  Or, la plupart du temps, cette man?uvre est utilisée à mauvais escient, pour des raisons qui s’avèrent illogiques.

Imaginez cette situation exemple.  Vous êtes dans une partie à l’argent à 6 joueurs en ligne à 25c/50c de blinds.  Le premier joueur à parler avant le flop fold, puis vous découvrez une paire de 10.  Vous relancez à 2$ total et tous fold au gros blind, qui sur relance du minimum à 3.50$ total.  Qu’est-ce que cela signifie ?

La grande majorité du temps, votre adversaire aura une main très forte, des KK, des AA et parfois AK.  Pourquoi cette relance du minimum ?  Le raisonnement de l’adversaire va comme suit :  « J’ai enfin une bonne main et j’ai un adversaire qui montre de la force en relançant.  C’est la situation parfaite pour gagner un gros pot.  Je veux mettre plus d’argent au milieu, mais je veux m’assurer que mon adversaire ne couchera pas sa main.  Je relance du minimum, personne ne se couche devant une relance du minimum ! ».

Effectivement, vous ne coucherez pas votre main.  Par contre, de votre point de vue, l’erreur de votre adversaire devrait être évidente.  Elle s’explique en deux points principaux.  Le premier est que votre adversaire vient de carrément télégraphier sa main.  Il aurait pu s’agrafer ses deux cartes en plein front que vous n’en auriez pas appris plus !  Vous savez à quoi vous attendre et vous agirez conséquemment au flop.  Si votre adversaire croit vous berner si facilement, il se met le doigt dans l’?il ! N’est-ce pas?

La deuxième raison qui fait de ce jeu une erreur est les côtes ainsi offertes.  Devant cette relance du minimum de votre adversaire, il vous coûte seulement 1,50$ de plus dans un pot de 5.75$.  Vous savez votre adversaire prêt à jouer un gros pot.  Cela rend vos côtes implicites extrêmement alléchantes !  Si vous touchez votre brelan, vous êtes pratiquement assuré de doubler votre tapis tandis que si vous ratez, vous vous coucherez la tête en paix après n’avoir investi que le minimum possible.  Ce jeu de votre adversaire vous place dans une situation parfaite.  Comme tout s’équilibre au poker, c’est aussi que votre adversaire a créé la plus imparfaite des situations pour lui.  La relance du minimum le place dans un lourd pétrin.

L’argument des côtes est tout aussi vrai après le flop.  On verra souvent un adversaire faire une relance du minimum au flop avec soit une main très forte, ou encore avec une seule paire, afin de tester où il se situe.  Ce jeu demeure une erreur, car dans tous les cas, si j’ai un tirage, le jeu optimal de mon adversaire est de tenter de me faire payer un prix trop élevé pour le courir.  La relance du minimum n’accomplit rien de cet objectif.  Elle ne fait que me donner trop d’information, et ce, à prix beaucoup trop bas.

Un cri d’alarme devrait résonner dans votre esprit à chaque fois que vous êtes confrontés à une relance du minimum.  La plupart du temps, cela sera signe de grande force chez votre adversaire.  C’est aussi un message à peine camouflé que ce dernier semble prêt à jouer un gros pot.  Comprenez la force associée à ce jeu, mais surtout, apprenez à en profiter !

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