La Complexité au Poker

Publié le 24 mars 2004

La beauté du poker est qu’il est que c’est un jeu très facile à apprendre mais très difficile à maîtriser. Un jeu d’habileté tel les échecs est également d’une complexité presque infinie. Ces jeux récompensent énormément les joueurs studieux qui ont fait leurs devoirs et qui ont appris des parties passées, tant les leurs que celles d’autres joueurs. Bien qu’il soit vrai que tout bon joueur doit s’ajuster à son adversaire, il en reste qu’un joueur d’échec qui apprend toutes les parties des maîtres et est capable de les intégrer à son jeu sera un adversaire redoutable. C’est ce qui fait qu’un programme comme Deep Blue peut rivaliser avec et même battre le meilleur joueur au monde. Un joueur de poker n’a pas ce luxe. Si vous apprenez le jeu de TJ Cloutier par c?ur, et que vous tentez d’en faire de même, bonne chance. Il est évident que la majorité des joueurs solides jouent d’une façon similaire et que personne ne joue 72o UTG (habituellement). Mais quand il s’agit d’amener son jeu à un niveau d’expert, l’habileté d’un joueur de s’adapter est ce qui démarque les experts des bons joueurs. Un bon jeu contre joueur A peut-être désastreux contre joueur B. De la même façon, ce jeu aurait pu être médiocre contre ce même joueur A il y a une heure. À mon avis, c’est ce qui fait du poker un jeu totalement complet.
Ce qui est fascinant du poker est que deux (2) joueurs peuvent jouer une main de la même façon pour des raisons complètement différentes, l’un étant un joueur médiocre et l’autre un bon joueur. Prenons un exemple pour bien illustrer ce concept.
Hold’em 5-10, 10 joueurs, notre héros est à la droite du bouton. Tous les joueurs se couchent jusqu’au joueur à la droit du héros et il relance. Notre héros a AJo. Voyons bien ce qui peut se passer dans la tête de deux joueurs de calibre différent. Remarquez que les deux joueurs ont fait le même jeu, mais pour des raisons bien différentes.
JOUEUR MÉDIOCRE : J’ai AJ, c’est une bonne main. Un as avec une grosse carte est une bonne main. Qu’est-ce que je veux de plus? Je sais que ce n’est pas AA mais c’est une main solide. Il n’y a donc qu’une seule avenue possible, mettre le plus d’argent dans le pot. Je re-relance.
BON JOUEUR : Bon, j’ai AJo. Ce n«est pas beaucoup, mais contre un joueur qui relance en position intermédiaire-tardive, c’est probablement assez. De plus, j’ai vu ce joueur faire ce jeu plus tôt avec T9s. Il y a beaucoup de chance que ma main soit bonne. Puisque AJo est une main qui aime mieux les pots avec peu de joueurs, mon meilleur jeu serait de re-relancer pour l’isoler. En plus, j’ai positions sur mon adversaire et un bon contrôle sur lui. Oui, je re-relance.
Dans le vrai monde on appelle ça s’adapter, et c’est la marque d’un joueur solide. Le poker est tellement un jeu de situations que tout bon joueur doit comprendre que chaque main, chaque décision doit être prise avec les plus d’attention aux détails possible. Aux yeux d’un joueur moyen, ces deux joueurs peuvent apparaître du même calibre mais il en est autrement. Faîtes attentions, un joueur qui vous apparaît être mauvais est peut-être un expert sans que vous le sachiez. Mais en étant réaliste et en considérant le nombre de joueurs ordinaires dans le monde, il ne l’est probablement pas. :-)

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