Débutants: Êtes-vous du type tournoi ou partie à l’argent?

Publié le 23 février 2013

Bien que les tournois de poker et les parties à l’argent soient deux approches du même et unique jeu, ce serait une lourde erreur que de penser qu’ils sont faits du même bois.  Un excellent joueur de tournoi peut être absolument exécrable sur les tables de parties à l’argent, tout comme un joueur de ces mêmes parties à l’argent peut se montrer systématiquement incapable de s’adapter à l’approche de tournoi.  Au-delà d’une simple spécialisation du joueur, la nature de chaque personne la rendra souvent prédisposée à mieux performer dans l’une ou l’autre des variantes.  Et vous, êtes-vous plus du type tournoi ou partie à l’argent?

La capacité de concentration à travers le temps

Êtes-vous du type sprinter ou marathonien?  Certaines personnes se démarquent par leur endurance mentale sur des longues périodes de temps, tandis que d’autres pourront montrer une concentration tout à fait remarquable, mais sur un laps de temps limité.  Les parties à l’argent ont l’avantage de vous permettre de jouer pour la durée de temps qui vous convient, pas une minute de plus ou moins.  Fatigué après 20 petites minutes?  Prenez vos jetons, levez-vous et passez à la caisse.  Votre session va bien et vous demeurez étrangement éveillé?  Jouez toute la nuit si cela vous enchante!

En tournoi, au contraire, le joueur ne peut quitter la table tant et aussi longtemps qu’il n’est pas éliminé.  Si le tournoi dure en moyenne cinq heures, mais que le joueur perd sa concentration ou son intérêt après deux, il aura beau avoir bâti la plus imposante pile de jetons, il risque de rentrer chez lui trop tôt, et surtout bredouille!

Sa tolérance au risque

Les tournois de poker freezeout (n’offrant pas de rachats) ont un avantage notable contribuant de beaucoup à leur popularité:  ils imposent un prix d’entrée fixe connu.  Que votre partie dure dix minutes ou dix heures, vous aurez dépensé la même somme, avec la certitude de ne pas remettre la main dans vos poches.

En partie à l’argent, bien qu’il soit possible de s’imposer une limite personnelle évidemment, la réalité du jeu fait que ce n’est pas toujours si simple.  Gardant la possibilité de reprendre le jeu en mettant quelques billets supplémentaires sur la table, il faut avoir une tolérance au risque plus large afin d’être confortable sous une telle variante.  Après tout, s’imposer une limite personnelle, bien que sage, est souvent contre l’esprit du joueur gagnant.  Si je ne veux perdre plus de 100$, mais que je suis victime d’un bad beat contre un joueur manifestement très faible par exemple, il est plus rentable de remettre un buy in supplémentaire avec des chances réelles d’ultimement effectuer un profit que de s’abstenir et d’ainsi laisser l’opportunité de pêcher le poisson aux autres joueurs exclusivement.

Son budget

Un joueur de poker sérieux désirant respecter les règles de gestion de fonds de roulement devrait toujours disposer d’au minimum 20 fois le prix d’achat permis à la table.  Ainsi, même en jouant une petite partie à l’argent comme du 0.25$/0.50$, le joueur devrait idéalement disposer d’un budget poker d’au moins 1000$.  Voilà une large somme pour le joueur moyen faisant du poker un simple passe-temps!

Si ses règles de gestion de fonds de roulement existent aussi face aux tournois, il est beaucoup plus facile d’être malléable avec ces dernières.  Ainsi, ceux considérant le poker comme un loisir au même titre qu’une sortie au restaurant ou au cinéma par exemple, pourront s’établir un budget de tournoi hebdomadaire ou mensuel et le respecter à travers un tournoi du même prix.  Le joueur considérant une telle dépense dans son budget et traitant tout gain comme un simple bonus sera généralement beaucoup mieux adapté au poker de tournoi qu’à celui de parties à l’argent.

Ses objectifs personnels face au poker

Tout joueur de poker espère gagner, ou à tout le moins effectuer un profit.  Est-ce toutefois là la motivation à la base du jeu, ou simplement un espoir à travers cette activité plutôt disputée pour son caractère social et plaisant?

Le joueur faisant du poker une source de revenue nécessaire et récurrente voudra normalement concentrer son jeu sur les parties à l’argent.  Bien qu’il aura des semaines gagnantes et perdantes évidemment, la variance y est bien moindre qu’en tournoi.  Cela signifie qu’un joueur gagnant effectuera un gain la plupart du temps et qu’il peut s’attendre à un profit x en moyenne, profit qu’il devrait atteindre tôt ou tard.

Les tournois sont une tout autre bête.  Même le meilleur joueur pourra passer plusieurs mois sans décrocher de victoire, tout comme il pourra par la suite aligner quelques gains en l’espace d’une petite semaine à peine.  Bref, si le bon joueur finit toujours par exercer un profit, le gain moyen est beaucoup plus long à obtenir.  Si les gains considérablement plus larges lors d’une victoire peuvent en valoir la chandelle, ils peuvent toutefois se faire attendre beaucoup plus longtemps qu’une simple session gagnante en partie à l’argent.

Ses propres qualités en tant que joueur

Son propre niveau et ses qualités en tant que joueur représentent également un critère d’ampleur dans le choix entre les tournois et les parties à l’argent.  Bien que ce ne soit pas nécessairement toujours le cas, le niveau des adversaires est généralement plus faible en tournois qu’en parties à l’argent.  C’est le cas, car il s’agit là de la variante favorite des joueurs récréatifs, souvent intimidés face au poker de cash games.

Beaucoup de gagnants de tournoi tentent leur chance en partie à l’argent avant de se rendre compte qu’ils ne sont manifestement pas de niveau.  Contrairement à celle d’un tournoi, la dynamique d’une partie à l’argent est beaucoup plus statique.  Les blinds sont toujours les mêmes, la profondeur des tapis varie moins qu’en tournois, puis un joueur expérimenté finit par rapidement reconnaître le profil des joueurs présents autour de la table.  Bref, le joueur de partie à l’argent devient souvent extrêmement spécialisé face à une partie spécifique.  Jouant contre plusieurs joueurs réguliers, il développera des stratégies à des niveaux de pensée beaucoup plus poussés, faisant de lui un adversaire redoutable, dans cet environnement précis du moins.

La stratégie à adopter en tournoi change quant à elle sans arrêt selon son tapis, la hauteur des blinds, le nombre de joueurs restants, et bien d’autres facteurs.  L’adaptation à ces différents éléments est donc clé afin d’y avoir du succès.  Toutefois, les jeux automatiques sont beaucoup plus nombreux sous cette variante et la pression des blinds qui augmentent diminue souvent la latitude du meilleur joueur pour s’exprimer.

Si la plupart des joueurs ont des prédispositions pour l’une ou l’autre des variantes, il n’en demeure pas moins que de pratiquer les deux permet de faire de quiconque un joueur beaucoup plus complet.  Il peut s’avérer surprenant de découvrir comment la découverte de quelques aspects exclusifs à une variante peut permettre un recul sur l’autre et ainsi de beaucoup l’améliorer!

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