Comment lire une main – Partie 2

Publié le 14 août 2009

La lecture d’une main débute avec la reconnaissance d’un adversaire. Dès le début de l’action, vous avez quelques indices pour enclencher votre recherche. De toute évidence, une relance, surtout en position hâtive, semble signifier une main forte. Encore là, quel genre de joueur a relancé? Un maniaque? Un joueur serré qui ne relance jamais? En position plus tardive, une relance peut signifier un plus grand éventail de cartes, encore selon le genre d’adversaire. Nous avons donc encore peu d’indices nous permettant de réduire l’éventail de mains de notre adversaire. Le flop nous apporte généralement beaucoup plus d’information. À ce moment, 71% des cartes sont déjà sorties et nous comme nos adversaires avons déjà une bonne idée de nos chances respectives. Il reste à établir notre stratégie. Dès ce moment, nos cartes parlent moins que nos informations. Le tournant et la rivière nous apporteront par surcroît d’autres informations, les plus utiles de la main. Avec le temps, il devient relativement facile de reconstruire une main à partir de la fin pour rétrécir au maximum l’éventail de mains possibles de notre adversaire. Son action sur la rivière nous aide à rétrécir ce que nous avions en tête au tournant, qui était déjà guidé par notre déduction après le flop, et avant le flop. Habituellement par contre, tout sera joué au flop.

Par exemple, lorsqu’un joueur solide relance avant le flop et est suivi par quelques adversaires, on peut déjà supposer que ses suiveurs, conscients de la force du relanceur, suivent dans le but de frapper une grosse main et lui enlever tous ses jetons. Ils ont donc fort probablement soit une paire, soit de bons suited connectors. L’information recueillie avec la ronde de mises après le flop devrait bien nous situer dans la main. De là d’ailleurs l’importance de jouer le plus de mains possibles en position tardive! Toute mise, tout appel d’une mise encore plus, ont leur signification. La majorité du temps le joueur ayant initié l’action avant le flop voudra savoir où il en est dans la main et enchainera avec une mise de continuité, un c-bet. Évidemment, tout appel de cette mise signifie une forte main, bien plus qu’une relance en fait. Vous devez vous demander à ce moment ce que cet appel représente. Quel genre de main mérite une telle réplique? Est-ce un mauvais joueur simplement inconscient de la situation? Un bon joueur avec une main telle qu’une bonne paire non améliorée? Un joueur qui vient de frapper un brelan? À partir de ce moment, votre main vaut elle encore la peine d’être continuée? Si oui, de quelle manière? Disposez vous de cotes implicites intéressantes? Vous avez déjà en main assez d’infos sur vos adversaires pour porter un assez bon jugement. À ce moment de la main, tout se joue et vous devez vous assurer de prendre la bonne décision.

Autre exemple : Vous allez voir un flop en position tardive avec plusieurs autres joueurs dans un pot où tous ont limpé avant le flop. Tout le monde check et vous décidez de miser. Tout le monde suit, et un bon joueur à votre droite relance. Il n’a probablement pas de main encore et vous le croyez sur un tirage à la couleur ou à la suite. Nous n’avez pas de raison de croire que quelqu’un derrière lui miserait puisqu’il l’aurait déjà fait avec une grosse main, de sa position tardive. Vous avez donc probablement raison d’en déduire qu’il est sur un tirage. Par contre, si quelqu’un à sa gauche avait relancé avant le flop, check raiser dans cette situation représenterait soit une grosse main, soit un tirage à la meilleure main. Ici, vous devriez le relancer.  De cette façon, vous l’isolez et forcez les autres joueurs à abandonner. Il frappera sa carte une fois sur trois, mais vous avez accompli 2 choses déjà : vous avez forcé les autres joueurs à abandonner, les empêchant ainsi de vous battre et vous contrôlez maintenant cette main. Vous pourrez, et il le sait, manipuler les mises de manière à le forcer à abandonner. De plus, sachant qu’il est un bon joueur, vous pourrez plus aisément jeter votre main s’il semble avoir complété la sienne.

Dans un exemple qui débute de la même façon, vous misez après le flop et un bon joueur à votre gauche relance. Tout le monde se couche et vous devez prendre une décision. Dans ce cas,  il a probablement une bonne main. Avec un tirage, il voudrait voir le plus grand nombre de joueurs dans la main, donc il aurait juste appelé votre mise. De la même manière, s’il avait frappé un brelan, il aurait probablement simplement appelé et attendu au tournant pour relancer. Vous avez donc en main toute l’information nécessaire pour décider de continuer cette main ou non. À un autre niveau de pensée, si une troisième carte d’une même couleur apparaissait au tournant, vous pourriez miser, relancer, ou mieux, check raiser. Vous savez que votre adversaire n’avait pas de tirage, mais il ne peut pas penser la même chose de votre main. Vous gagnerez donc fort probablement cette main sans avoir à la montrer. Nous ne sommes pas à ce niveau de pensée encore, mais comme vous le voyez ici, du second niveau de pensée au troisième, l’écart est mince et aisé à atteindre.

Un dernier exemple : après une relance pré flop, 4 joueurs vont voir le flop. Un solide joueur à la droite du relanceur mise le flop. Il a probablement une main faible. S’il avait une grosse main, il laisserait sûrement le relanceur miser en espérant que quelqu’un le suivra. Il pourra ainsi relancer et ramasser un bon pot. S’il mise et est relancé par le premier joueur à relancer, les autres joueurs se coucheront certainement. Le fait qu’il décide de miser lui-même indique presque toujours une main faible. Vous pouvez donc utiliser cette information pour déjouer le bon joueur et le relanceur original. Prenons par exemple un flop de 6h, 6d, 10d. Le joueur solide mise et le relanceur pré flop appelle. Avec 2 carreaux dans votre main, vous appelez aussi. Vous savez que vous faites face à un 10 ou à deux paires beaucoup plus souvent qu’à un brelan de 6. De plus, vous figurez que le relanceur a soit 2 cartes supérieures ou une Pocket paire. Si la carte sur le tournant n’amène rien de bon, le bon joueur misera souvent encore, et le relanceur se couchera avec ses 2 cartes supérieures. Au pire il suivra avec ses 2 paires. Il vous confirme dans les 2 cas qu’il n’a pas le 8, puisqu’il aurait relancé à ce moment, entres autres pour couper les chances de couleur. Dans cette situation, vous devriez souvent relancer vous-même. Vous connaissez assez les mains de vos adversaires tandis qu’ils n’ont pas encore d’indications sur la votre. C’est souvent le temps d’en profiter!

Évidemment les exemples ne sont que cela : des exemples. Par contre ils se veulent des indicatifs sur le parcours mental qu’un joueur de poker gagnant doit développer pour devenir un solide joueur. Vous deviendrez bien meilleurs dès que vous commencerez à «’penser poker”. Armés de toutes les infos qu’un logiciel de poker vous procure et de ce nouvel intérêt à identifier les cartes de vos adversaires, vous progresserez rapidement. Il s’agit de rester éveillé. Le meilleur temps d’ailleurs pour mettre en pratique cette nouvelle approche est lorsque vous n’êtes pas dans la main. Profitez de ces moments qui d’ailleurs sont très nombreux en live pour voir si vos instincts sont bons. Il s’agit rarement de tomber exactement sur la main de vos adversaires, même si vous serez surpris de votre taux de réussite. Le simple fait de rétrécir l’éventail possible de mains de votre adversaire est amplement suffisant et vous permettra de réaliser d’importants profits avec le poker.

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