Comment “cracker” les As

Publié le 24 avril 2010

Tous les joueurs de poker connaissent la chanson.  Enfin, vous les découvrez.  Deux majestueux As se cachent sous vos mains et dès lors, un effluve de triomphe vous envahi les sens.  À votre tour de profiter de l’arme suprême.  Tel un plan splendidement orchestré, votre relance est suivie, promesse d’un dessein providentiel.  Fier d’une confiance impérieuse, vous n’hésitez pas un instant à investir tous vos jetons au flop.  Votre adversaire est-il tombé dans votre plan déluré ?  Non !  Votre infortuné destin vous mène à mal, une fois de plus.  Mais quelles sont ces deux cartes étriquées qu’a osé jouer votre rival ?  Comment peut-il vous confronter avec une main si faible ?

Une fois calmé, vous réalisez que vous avez été celui piégé.  Obnubilé par le potentiel de votre main, votre adversaire n’a eu aucune difficulté à vous départir de vos jetons.  Vengeance ! Vengeance !  Comment pouvez-vous, à votre tour, cracker les as de vos adversaires ?

Évidemment, vous ne pouvez savoir avec certitude si votre adversaire a des as, ou toute autre main.  Cependant, le portrait est assez typique.  Le nit de la table n’a pas joué de la soirée puis soudain, en mauvaise position à la table, il effectue une bonne relance avant le flop.  Vous savez qu’il a une main très forte.  Comment réagir alors ?

Le but afin de cracker une main forte – des As au bénéfice de l’exemple – est simple :  Il faut gagner le tapis complet de l’adversaire, ou se sortir de la main pour très peu cher.

Voyons d’abord comment se comportent certaines mains contre les As :

A?Q? – 8%

6?8? – 17%

K?K? – 17%

5?5? – 18%

7?8? – 23%

On constate rapidement que la valeur relative de la main est bien différente de sa valeur absolue.  Une main qui semble aussi forte que A?Q? ne vaut absolument rien contre les As, alors que la meilleure combinaison que vous puissiez avoir est 7 et 8 de la même sorte.

Systématiquement jouer 7 et 8 lorsque votre adversaire paraît fort serait cependant une coûteuse erreur.  Pour cracker les As, il faut avant tout avoir d’excellentes côtes implicites.  Les côtes implicites considèrent l’argent que vous réussirez à extirper à votre adversaire lorsque vous frapperez votre main.  Ainsi, plus les tapis sont profonds, meilleures sont vos côtes implicites.

Afin qu’il soit profitable d’essayer de cracker les As, il faut donc :

-        Avoir une main figurant bien contre les as
-        Que votre adversaire et vous disposiez de beaucoup de jetons
-        Que votre adversaire paie son tapis lorsque vous complèterez votre main

Afin de bien choisir quelles mains jouer, il faut aussi penser à comment elles se comporteront au flop.  Pensez à quel flop est potentiellement payant, puis auquel fera freiner votre adversaire.

Une paire quelconque qui frappe son brelan est souvent payante.  Si vous avez des 6 et que vous frappez un flop 3? 6? Q?, vous êtes en voiture.  Vous avez de fortes chances d’amasser un gros pot, si ce n’est le tapis complet de votre adversaire.  Il en va de même avec une main comme 6? et 8? sur un flop 5? 7? 9?.

Par contre, des mains comme 9? et 10? ont un potentiel souvent moindre, puisque votre adversaire sera effrayé par un flop 6?-7?-8?, tout comme par un flop J?-Q?-K?.

Comment aborder le flop ?

Si vous avez respecté les conseils établis jusqu’à maintenant, trois possibilités se manifesteront au flop :  vous avez complètement raté, vous avez frappé très fort, ou vous avez frappé un très fort tirage.

Si vous avez raté le flop, la ligne est très facile.  Sortez de la main rapidement !  Ne faites pas l’erreur d’investir de l’argent, si vous avez frappé une paire par exemple.  N’oubliez pas quelle était votre intention avec votre main, puis jouez conséquemment.

Si vous avez frappé très fort, la ligne la plus profitable est souvent de tenter de mettre l’argent au milieu le plus rapidement possible.  Votre adversaire voudra souvent se défendre contre des tirages potentiels, puis aura bien de la difficulté à se départir de ses As à ce stade de la main.  En faisant un slowplay, le pot ne viendra jamais assez gros pour obtenir le tapis de l’adversaire.  Vous devrez éventuellement effectuer une relance, qui risque de paraître plus suspecte tard dans la main que directement au flop.  De plus, avec le slowplay, vous risquez de voir apparaître des cartes complétant des tirages possibles, ou doublant la meilleure carte sur le tableau par exemple.  Bien que cela ne vous aide pas nécessairement, vous risquez ainsi de ralentir les ardeurs de votre adversaire.

Lorsque vous frappez des tirages, il est préférable de garder le pot petit jusqu’à ce que vous le complétiez.  Vous ne disposez que de très peux d’espérance d’abandon (fold equity). Ainsi, en jouant le tirage agressivement, vous risquez simplement de vous trouver légèrement en arrière dans une situation de pile ou face.  Par contre, en gardant le pot petit, vous aurez la possibilité de faire des value bets que votre adversaire ne pourra s’empêcher de suivre, lorsque vous complétez évidemment.

Notons qu’un tirage à la couleur est moins puissant qu’un tirage à la suite.  Bien que la couleur tombe plus souvent qu’une suite, elle est beaucoup moins masquée, puis apeure votre adversaire.  Au contraire, une suite complétée assurera souvent de vous laisser gagner un gros pot.

S’il y a un sentiment encore plus énergique que celui de gagner un immense pot avec des As, c’est bien celui d’en rapporter un aussi imposant en crackant cette satanée paire !  Assurez-vous de bien suivre ces conseils, tout en restant suffisamment discipliné afin de vous départir de votre main lorsque vous ne complétez que partiellement.  Ces outils feront de vous un joueur beaucoup plus menaçant !

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