Réflexions sur l’Omaha huit ou mieux – 2e Partie

Publié le 2 février 2008

Réussir à obtenir deux bonnes cartes consécutives pour compléter sa main : rêve ou cauchemar?
Ce qu’on appelle communément au poker un « runner-runner » survient dans tous les jeux à tirage lorsqu’un joueur obtient une carte parfaite sur le tournant et une autre sur la rivière pour compléter sa main de poker. Parce que les mains au Omaha huit ou mieux sont basées sur quatre cartes de départ qui fournissent six possibilités de combinaisons de départ à deux cartes et que les mains peuvent se diriger dans deux directions – soit haute ou soit basse – le « runner-runner » est plus fréquent au Omaha qu’il ne l’est au Texas hold’em. Une main typique « runner-runner » survient lorsqu’un joueur a deux cartes de la même sorte dans sa main. Une carte de la même couleur sort alors sur le flop, une autre sort sur le tournant et ainsi il complète sa couleur lorsqu’une carte finale est tournée sur la rivière.
Une autre situation typique de « runner-runner » implique fréquemment une quinte. Un « runner-runner » d’une main pleine est aussi possible, même si ce n’est pas aussi commun que d’avoir deux cartes parfaites pour obtenir une quinte ou une couleur. Dans l’Omaha huit ou mieux la situation « runner-runner » la plus commune survient lorsqu’une carte faible est tournée sur le flop, qu’une autre est tirée sur le tournant et que la carte sur la rivière complète la roue en permettant à un joueur d’obtenir une main basse.
Jouer pour obtenir un « runner-runner » peut être très coûteux. Aussi, il est important de se souvenir que d’avoir de la chance en ayant deux cartes de couleur, par exemple, lorsqu’on joue pour obtenir une carte qui fera une main basse est très différent de vouloir obtenir deux cartes pour compléter notre main. Cela peut vous sembler loin si vous ne jouez pas au Omaha huit ou mieux sur une base régulière, mais vous trouverez des joueurs d’Omaha qui égalisent les mises et qui relancent avec rien de plus dans leurs mains que l’espoir d’obtenir un « runner-runner », ce qui leur permettra de gagner la moitié du pot – si leur main est la plus basse.
Voici un exemple : un joueur relance avant le flop avec A-2-3-K assortis ou répartis en deux sortes – une main de départ très forte – mais le flop s’avère être 10-9-3 de couleurs  différentes. Parce que notre héros a relancé et qu’il était « en amour avec sa main », il devient frustré lorsque le flop ne s’agence pas à sa main, mais il décide de jouer quand même. Il ne mise pas. Quelqu’un mise et il égalise en espérant obtenir la main la plus basse pour ainsi obtenir pour la moitié du pot.
Même si ça peut vous sembler totalement illogique, la plupart des joueurs d’Omaha huit ou mieux se sont déjà probablement retrouvés dans des positions similaires dans plus d’une occasion lorsqu’ils ont obtenu un mauvais flop et qu’ils se sont dits : « Je vais juste aller voir la prochaine carte ». Ils espèrent obtenir une carte basse, afin de pouvoir ajouter deux mises dans le pot, dans le but d’obtenir une carte basse sur la rivière qui leur permettra de remporter la moitié du pot.
Ce jeu, très coûteux et extrêmement ridicule, devrait être évité la plupart du temps, mais pas tout le temps. Voici une situation dans laquelle il serait approprié de jouer cette main. Si vous avez un as assorti avec un deux et une autre carte de première qualité, vous pouvez jouer en autant que le flop contienne une carte basse de qualité (les joueurs d’Omaha huit ou mieux réfèrent ceci à un bicycle, soit n’importe quel A, 2, 3, 4 ou 5 comme étant des cartes « de qualité »), une carte assortie et que vous détenez deux cartes importantes qui n’ont pas été contrefaites. Ce genre de main, même si elle requière un « runner-runner » a toujours le potentiel de remporter le pot dans sa totalité. Et si les côtes du pot sont appropriées, il est bien joué d’aller voir la carte suivante. Mais souvenez-vous, avant de pourchasser un « runner-runner », vous devez vous assurer d’avoir un as et un deux assortis, une troisième carte importante, que le flop contienne une carte de première qualité et une carte dans votre couleur, que deux de vos cartes importantes demeurent non-contrefaites et… ceci est crucial… qu’il y ait un montant approprié d’argent ou le nombre de joueurs dans le pot. Une bonne règle est qu’il y ait au moins cinq joueurs ou 10 petites mises avant le flop.
La carte parfaite (« runner ») serait une carte basse qui serait assortie à votre as et qui ne détruirait pas votre main. Votre second choix serait une carte basse assortie à votre as. Votre troisième choix serait soit une carte élevée assortie à votre as qui ne fait pas de paire avec les autres cartes du tableau ou toute autre carte basse – même si elle n’est pas assortie à votre as. Si vous êtes chanceux, vous vous retrouverez peut-être à ramasser tout l’argent du pot avec la couleur sur la rivière en ayant la main la plus forte et la plus faible à la fois ou encore avec une roue comme main la plus forte et la main la plus basse. Un autre scénario serait d’amasser la moitié du pot avec la main la plus faible.
Si vous ne désirez qu’aller voir la prochaine carte, vous ne devriez y aller que s’il y a au moins 4 à 5 joueurs dans la partie avec vous et si vous avez la possibilité d’avoir la couleur la plus forte et la possibilité d’avoir la main la plus faible. Par exemple, supposons que vous  avez Ac 2s Qc Qd  et que le flop est Jd 9c 4h. Dans cette situation, vous voulez obtenir un trèfle bas ou possiblement une reine – même si une reine rendrait la séquence facile à obtenir pour les autres joueurs – parce que vous auriez quand même la chance de remporter tout le pot avec la possibilité de main pleine sur la rivière.
Souvenez-vous, pour jouer les mains « runner-runner », vous devez pouvoir gagner tout le pot ou encore gagner la moitié d’un très gros pot afin que ça en vaille la peine. Des mains comme celle-là exigent beaucoup de joueurs ou que beaucoup d’argent ait été mis dans le pot avant le flop – ou une combinaison des deux. Dans ces situations, vous allez « voir la prochaine carte » parce que vous jouez bien au poker et non parce que vous êtes frustré que le flop ne complète pas votre main de départ.
Peu importe les rares opportunités de jouer avec l’espoir d’attraper un «  runner-runner »  lors d’une main de départ, chaque fois que vous jouez au Omaha huit ou mieux, vous finirez souvent dans une situation où le « runner-runner » améliorerait de beaucoup votre main. Lorsque ceci survient, il est important d’être conscient que la prochaine carte qui sera tournée vous donnera la chance d’améliorer de beaucoup votre jeu et aussi vous donnera l’espoir d’attraper subséquemment une autres très bonne carte. L’attrait du tirage pour le « runner-runner » survient lorsque qu’une main unidirectionnelle a la possibilité de remporter tout le pot en obtenant à la fois la main la plus forte et la main la plus faible. Si vous ne voyez pas cette possibilité après le flop, votre main devra alors être couchée avant le tournant.

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