Domination au poker limite

Publié le 28 novembre 2009

L’un des thèmes récurrents des théoriciens de poker porte sur le concept des mains dominantes. Des livres entiers de stratégie de poker sont basés principalement sur le concept de bâtir le genre de mains dominant celles de nos adversaires, tout en évitant de se retrouver en situation où notre propre main est dominée.

Si ce concept vous est inconnu, voici comment cela fonctionne. Si ma main est A-10 et que la vôtre est A-K, ma main est dominée. Sans compter sur les miraculeuses couleurs ou suites, il me reste uniquement 3 outs pour gagner ce pot. Et même si quelques autres mains me permettent de diviser le pot- une combinaison dépareillée de K-Q-J-10 pourrait se retrouver comme cartes communautaires et nous permettre de séparer le pot- ça ne règle rien puisque notre objectif est toujours de gagner ce pot; non pas de jouer une main inférieure dans l’espoir de reprendre mon argent, courtoisie d’une série vraiment miraculeuse de cartes communautaires.

Les mains dominées ont par définition 3 outs. Mis à part les situations miraculeuses pré citées et quelques autres bizarres pots séparés, seulement 3 cartes permettront à votre main dominée de gagner. La main dominante possède la balance des cartes dans le paquet!

Je ne vous apprends probablement rien ici ; et à moins que vous ne soyez nouveau au poker cette information ne devrait pas être quelque chose que vous ne saviez pas déjà. Indépendamment du fait que vos adversaires semblent parfois toucher leur tirage à 3 cartes avec grande régularité, aucun joueur ne veut se retrouver avec le pied de son adversaire solidement appuyé sur sa gorge avec seulement 3 cartes pour le sauver.

Quelques fois, ce n’est même pas aussi bon que cela. Si la main dominante a la chance de frapper une seconde paire, alors pratiquement vous n’avez aucune chance!

Imaginez! Vous « pairez » votre acolyte au tournant ou à la rivière et misez, ou même relancez, croyant que votre main est la meilleure. Mais votre main est toujours dominée; le pire c’est que votre main de 2 paires vous coûtera probablement encore plus- spécialement si vous êtes agressif et relancez- que ce que ça vous aurait coûté si  vous aviez eu un doute que vous étiez dominé et simplement appelé à regret jusqu’à la rivière.

Les mains dominées apportent des problèmes. C’est vrai mes amis. Ils apportent des troubles Rivièreville et aussi à Flopville et à Tournantville. Et lorsque vous avez de tels problèmes, il est temps de vous demander, «’ que puis-je faire à ce sujet?” et «’ comment puis-je éviter de me placer dans de telles situations en premier lieu?”

Plusieurs auteurs écrivant sur le Hold’em ont utilisé beaucoup d’encre pour discuter de ce qu’ils nomment avec euphémisme les «’mains à problème”. Après tout, plusieurs mains entrent dans cette catégorie. En position hâtive, des mains telles A-J, A-10, K-J, K-10 et Q-J sont typiquement des mains problèmes. Vous vous faites souvent dire «’Si tu appelles en position hâtive avec ces mains tu seras dans de gros troubles si un adversaire te relance” . Après tout, la sagesse traditionnelle nous laisse entendre que la plupart de vos adversaires relanceront la plupart du temps avec des mains meilleures que la vôtre.  Qui que ce soit qui relancera sera plus susceptible de le faire avec une main comme A-A, K-K, A-K ou A-Q qu’avec une main à problème.

Même si cela est vrai en tant que tel, plusieurs de vos adversaires n’ont jamais lu «’le livre” et ne jouent pas selon celui-ci. Certains joueurs ont des critères de relance beaucoup moins sévères, et mis à part une humeur du moment ou encore un sentiment positif inexplicable et correct aussi souvent que les lois de la chance le sont, les vrais maniaques n’ont habituellement aucun standard de relance quel qu’il soit.

J’ai vu des joueurs relancer avec n’importe quel As assorti de n’importe quelle position, aussi bien que relancer avec des mains tel K-J, K-10, Q-J, J-10, et n’importe quelle paire de 6 et plus. J’ai vu des maniaques relancer avec 10-7 non assortis simplement …parce qu’ils le sentaient! Lorsque vous affrontez un tel adversaire qui relance avec un tel éventail de mains, vous n’êtes pas nécessairement dominés lorsque vous avez une main qui autrement serait à problème tel A-J. En fait, le type qui relance pourrait fort bien être celui qui est dominé, et quoiqu’il pense autrement, ça pourrait être votre pied qui est placé fermement sur sa gorge.  Il n’y a pas d’avantages tactiques plus importants que de bien connaitre vos adversaires, et une main telle A-J, que j’abandonnerais contre un joueur serré, deviendrait peut-être une main que je sur relancerais contre d’autres adversaires.

Néanmoins, lorsque vous tenez une main problème, vous serez rarement certains d’être en avance ou pas. Parce que vous devez considérer que votre main est possiblement dominée, vous êtes susceptible de jouer plus passivement en passant et appelant plutôt qu’en misant et relançant. Même lorsque vous gagnez ces confrontations, la prudence minimise le montant que vous gagnerez tandis que votre adversaire – qui a pris l’initiative avec son jeu agressif- maximisera ses gains.

Classez cette pensée et ne la perdez pas de vue. Voilà un autre exemple de pourquoi un poker sélectif et agressif représente un facteur majeur de poker gagnant. C’est aussi un exemple de raisonnement de «’ connais ton adversaire”. Vous connaissez le mantra; la stratégie dépend souvent de la situation – et une main jouable contre Jean pourrait ne pas être jouable contre Marie. Lorsque vous êtes en positon hâtive, vous ne saurez pas qui sortira agressivement. Ce pourrait être Marie, la fille qui ne relance jamais à moins d’avoir une immense main. Mais ce pourrait aussi être Jean, le maniaque toujours tilté et autant susceptible de vous relancer avec 7-6 ou K-2 qu’il l’est avec toute autre main légitime.

Une façon de gérer les conséquences peu enviables de se retrouver avec une main dominée par un adversaire qui a en plus l’avantage d’avoir une meilleure position que vous est simplement d’éviter de vous placer dans de telles situations. Vous pouvez éviter ce chaudron d’huile bouillante en restreignant votre choix de mains en position hâtive. Même si les figures sont jolies, elles ne sont pas aussi désirables et une main telle que Q-J en position hâtive -ou même en position médiane dans une partie agressive- ouvre toute grande la porte de la domination.

Si vous ne jouez pas de mains susceptibles de vous mettre dans le pétrin, vous ne vous retrouverez pas dans une situation où seules 3 cartes peuvent vous sauver et où vos chances de remporter le pot sont improbables. Rappelez-vous, votre première décision dans une main de poker est habituellement la plus importante puisque toutes les autres y sont reliées. Même si vous ne pouvez éviter de jouer des mains dominées avec 100% de certitude – à moins que vous ne jouiez uniquement des paires d’As- c’est votre première décision qui importe le plus. Si vous êtes assez habile pour éviter de telles trappes,  et suffisamment adroit et discipliné pour vous sortir de ses griffes au moindre signe de problème, vous aller vous voir réaliser presque tout ce que vous pouvez faire  pour minimiser l’impact négatif de vous retrouver dominé lorsque vous avez une main à problème.

Cet article entier se résume en une façon écrite de dire que beaucoup du poker porte sur le développement de vos sens au point où vous êtes en mesure de réaliser dans quelles circonstances vous avez l’avantage, et exercer une bien nécessaire autodiscipline requise pour laisser tomber des mains lorsque vous vous dirigez vers une côte longue et solitaire. Si vous pouvez maitriser cela – et l’habileté requise pour exécuter cette stratégie est bien plus difficile que n’importe quels mots utilisés ici pour la décrire- les aspects tactiques deviennent passablement plus simples lorsque vous jouez du Hold’em limite; mettez votre argent en jeu lorsque vous avez l’avantage et usez de discipline pour lâcher votre main dominée lorsque vous êtes en arrière.

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