Nicolas à Las Vegas – 2e Partie

Publié le 17 juin 2003

MERCREDI 21 MAI
TJ qui ?
Nous avions la chance de pouvoir rencontrer le grand TJ Cloutier à 11h00 le matin. Cependant, au lieu d’un lunch et l’opportunité de bien pouvoir discuter de tout et de rien et surtout de stratégie de poker, on nous a informé qu’il s’agirait plutôt d’une simple poignée de main. Nous avons alors opté pour le dernier supersatellite de 10h00 du Orleans pour le gros tournoi de 1000$ débutant en soirée. 63 joueurs y participaient, 7 places étaient payées pour le tournoi de la soirée. Durant les premières 2 heures du tournoi, Steve Kaufman, finaliste du « main event » des WSOP en 2000 et du World Poker Open en 1999 se retrouvait à ma table. Je ne peux pas dire qu’il m’ait impressionné. Même que je l’ai vu faire un jeu atroce en égalisant une relance tapée avec JTo (et c’était pas à cause des cotes du pot). Il semblait être sur le « tilt ». J’ai vraiment senti durant ce tournoi que mon jeu avait augmenté en calibre. J’ai terminé 9e, à 2 places d’un siège. Je suis arrivé à la table finale le deuxième plus petit tapis de la table avec 14000 et des blinds de 2000 et 4000; il me fallait gagner un pot. Ordinairement, dans un supersatellite, il vaut mieux protéger son tapis parce que ça ne change rien de terminer 1er ou 7e (dans ce cas-ci). Assis deux à ma droite à la table finale était « Syracuse » Chris Tsiprailidis, un des top pro du circuit des tournois. Lors de ma dernière main, il restait 9 joueurs et j’avais A9o UTG. Chris était dans le gros blind avec un gros tapis. Je me suis dit qu’il ne jouerait pas de main excepté KK ou AA (et même ça…). Il n’avait pas besoin de risquer son tapis peu importe sa main comme la plupart des joueurs d’ailleurs. Je suis me suis tapé. Malheureusement, le joueur dans le petit blind avait une paire de dix et m’a éliminé lorsque je n’ai rien frappé. Je pensais avoir bien joué la main. Je ne suis pas vraiment habitué à jouer des supersatellites, et la stratégie est très différente d’un tournoi normal. J’ai discuté de ma main avec Chris après le tournoi. Il m’a fait comprendre que j’avais fait une erreur. Selon lui, j’aurais dû attendre et ne jouer que AQs, AK ou KK et AA. J’aurais pu jouer 2 rondes complètes avant de manquer de jetons. J’aurais pu profiter du fait que 2 autres joueurs soient peut-être éliminés avant moi. Il m’a également souligné que le SB a fait une bien plus grosse erreur que moi, car lui et moi avions exactement le même tapis, et il risquait donc de se faire éliminer avec une main marginale. Si j’ai 2 surcartes, il perd une fois sur deux. Si j’ai une surpaire, il perd 4 fois sur 5, et même avec mon A9, il perd une fois sur 3. Il n’a tout simplement pas besoin de prendre ce risque. Et donc l’histoire se répète et je termine, très proche du but.
Suivant cette mésaventure, j’ai joué au Omaha8 4-8 un peu avant qu l’on se dirige vers le Mirage pour leur tournoi de soirée. Hold’em Limite, 68 joueurs, 9 places payées. J’ai joué vraiment solidement jusqu’à mon avant dernière main, celle qui m’a fait perdre la majeure partie de mon tapis. Je vous évite les détails. Je termine évidemment dans le top 20, plus précisément en 18e place. Étant complètement dans la « zone », je décide de m’asseoir dans une partie de Hold’em 40-80 qui semblait avoir un ou deux joueurs plutôt moches. En fait, l’un d’eux était tout simplement atroce. Un exemple, j’ai KK dans le BB atroce égalise UTG et le bouton aussi; 3 joueurs. Le flop est QJT. Je mise et les 2 appellent. Le tournant est un 8. Je mise et les deux joueurs appellent. La rivière est un as, me donnant la meilleure main avec une suite. Je mise et seulement « champion » en UTG égalise. Il a 95s pour une plus petite suite. Non seulement, il a joué cette main, il l’a joué d’UTG et égalisé ma mise sur le flop avec un tirage minable. De plus, il m’a laissé compléter ma suite facilement en ne relançant pas sur le tournant. Disons, que j’étais content de le voir à la table. J’ai terminé cette session dans le positif. Pas mal comme première expérience au 40-80.
JEUDI 22 MAI
Mirage
Le jeudi soir étant le tournoi de Hold’em sans-limite du Mirage, nous nous sommes dirigés vers ce casino pour y jouer des ring games dans l’après-midi et le tournoi à 19h00. J’ai joué au 20-40 toute l’après-midi, y faisant un léger profit. Cependant, lorsque l’on a voulu s’inscrire pour le tournoi de la soirée, il y avait déjà beaucoup de monde et on s’est inscrit environ 60e. Cependant, ils n’ont fait qu’un tournoi de 5 tables et on n’a donc pas pu y prendre part. La salle étant pleine de ring games. Il faut dire que j’étais pas mal fatigué et ça ne m’a pas dérangé une seconde. On s’est donc dirigé vers le Binion’s pour y voir la fin de la 4e journée du « main event », souper et peut-être jouer plus tard dans la soirée. À notre arrivée, il reste 2 tables. Phil Ivey, Amir Vahedi et Dan Harrington sont toujours en lice. Chris Moneymaker est un des chip leader. Une main incroyable survient alors entre Moneymaker et un autre joueur. L’un d’eux relance avant le flop. Le flop vient quelque chose comme 8 7 4. Moneymaker mise, l’autre joueur relance de tout son tapis pour environ 700 000. Moneymaker égalise avec 33. L’autre joueur a seulement des surcartes et il est éliminé. Moneymaker devient le chip leader. Plus tard dans la soirée, j’ai décidé de jouer au Hold’em sans-limite 1-2. Bonne session, bon profit. Bon dodo bien mérité.
VENDREDI 23 MAI
Orleans encore…
Les tournois d’aujourd’hui, notre dernière journée étaient un tournoi d’Omaha 8 limite à midi et un tournoi de Hold’em sans-limite. Le Omaha est un jeu que je préfère, comme le Stud, en tournoi. Je n’ai pas l’inclinaison de jouer des heures et des heures de parties à l’argent à ces jeux, mais en tournoi, ce sont des jeux que j’aime bien. C’est différent. 92 joueurs, 9 places payées. Je termine 53e, bien loin de tout. Je pense que j’ai joué 3 mains et gagné une moitié de pot. Pas de quoi se rendre loin. J’ai quand même quelques centaines d’heures de jeu au Omaha mais comme c’est vraiment une variante de dévoilement, et de peu de bluff ou semi-bluff, ça prend des cartes. À l’opposé de moi, Martin, qui déteste le Omaha et qui hésitait de participer ou non au tournoi. Après avoir joué, disons-le des mains extra-terrestres et avec sa part de chance, il s’est retrouvé à la table finale. Sérieusement à partir de ce moment, ça a été d’une beauté de voir un joueur solide complètement écraser ses adversaires. Martin a dominé la table finale dès la première main. Il relançait sans cesse, et ses adversaires jouaient bien trop serrés. Personne ne voulait l’affronter. Faut dire qu’il a eu sa part de bonne main mais il aurait gagné le tournoi 8 fois sur 10 j’en suis certain. Après une semaine de tournoi, enfin l’un de nous se retrouvait dans l’argent, et vainqueur dans ce cas-ci.
Le tournoi de soirée regroupait 149 joueurs et payait les 10 premiers. À ma gauche se retrouvait John Strempz, 2e au « main event » des WSOP en 1997 derrière Stu Ungar. Rien d’impressionnant de lui non plus. J’ai vraiment joué un tournoi parfait. J’ai couché d’excellentes mains au bon moment (comme AQs) et j’ai pu profiter des erreurs de mes adversaires et doubler mon tapis dans d’autres circonstances. Évidemment, j’ai terminé proche…14e. J’ai relancé tapé avec AKo UTG, un joueur m’a égalisé avec KJo (c’est merveilleux…) mais le gros blind avait TT, qu’il aurait probablement du coucher. Je n’ai rien frappé et j’ai été éliminé. C’est pas si grave, mon jeu de tournoi a grimpé de 3 crans durant le voyage… « and I’ll be back ».
En rétrospective… Je dois dire que j’ai été franchement déçu des pokerrooms du Bellagio et du Mirage. Moi qui suis un habitué de Foxwoods et de ses 58 tables, je ne pense même pas qu’il y ait 50 tables en combinant ces deux casinos. La section « high-limite » n’a pas plus que 5 tables dans chaque salle, c’est peu si l’on considère la renommée de ces salles de cartes. Et le calibre des joueurs est bien ordinaire. Je sais que je suis maintenant capable de bien tirer mon épingle du jeu aux limites moyennes, et même aux limites un peu plus hautes, telles qu’au 40-80. J’imagine que mon jeu est maintenant assez solide. Il y a des joueurs ordinaires partout, il y en a simplement quelques uns qui ont beaucoup d’argent.
Le casino Orleans est vraiment « the place to go ». Il n’est pas directement sur le strip, mais il y a une navette. Les chambres ne sont vraiment pas chères. Avec 2 tournois par jours, c’est dur de demander mieux. Il y a un floorman est qui peut-être assez chiant, il aurait besoins de vacance, mais ce n’est pas une raison pour ne pas y aller. Pour ce qui est du Binion’s, bien c’est vraiment un endroit sale et à éviter. Ce serait une bonne chose si les WSOP déménageaient au Bellagio dans les prochaines années comme en veulent les rumeurs.
Ce qui est formidable de ces voyages en groupe est que l’on a la chance de discuter avec d’autres joueurs de bien des détails de mains et de situations. Pierre, Martin et moi sommes sensiblement tous du même calibre en tournoi, mais ce qui est remarquable est que chacun a son style bien différent. Pierre est généralement plus conservateur et lis mieux les mains tandis que Martin est beaucoup plus agressif et plus apte à détecter des tells. Je me situe habituellement entre les deux. On apprend donc tous des autres pour améliorer les faiblesses de notre propre jeu. On est tous d’accord qu’à la fin de chaque voyage que l’on entreprend ensemble, le calibre de notre jeu monte d’une cote. Ce voyage n’en sera pas différent.

Comments

Powered by Facebook Comments

Autres nouvelles dans cette catégorie
Les WSOP veulent votre avis!
Jonathan Duhamel termine 4e au High Roller WSOP-APAC!
Duhamel atteint une 3e table finale des WSOP-APAC!
Ladouceur et Caza dans l'argent à Londres
Plus que 18 joueurs au tournoi principal
HAUT DE LA PAGE