Nicolas à Las Vegas – 1ère Partie

Publié le 15 juin 2003

DIMANCHE 18 MAI
Shuffle up and deal!
C’est avec bien des papillons dans le ventre que nous sommes partis, moi et deux comparses (Martin et Pierre), pour la ville de Las Vegas. L’évènement de l’année dans le monde du poker, le « main event » des WSOP commençait le lendemain et Martin avait réussi à se qualifier grâce à un supersatellite quelques mois auparavant. Nous logions au Binion’s Horseshoe, casino qui était l’endroit à aller dans les années 70 mais qui est maintenant assez délaissé, sale et franchement à éviter. Mais bon, la chambre était gratuite. C’était pour nous tous un premier périple dans la capitale du gambling, et nous avions bien hâte de se mesurer contre les pros de Las Vegas. Le 18 mai était la dernière journée de supersatellites pour le « main event ». Il y aurait des satellites à une table seulement lundi matin. Les satellites avaient un coût d’entrée de 1060$ et les supersatellites étaient de 235$ avec rachats.
Nous avons opté pour les supersatellites, ne voulant pas trop dépenser pour se qualifier. Il est un peu ridicule de s’attarder à tenter de se qualifier plusieurs fois et dépenser une trop grosse somme. Avec d’autres supersatellites déjà en banque, j’allais avoir investi un 10e du 10 000, c’était suffisant. De toute façon, les deux autres supersatellites étaient tard dans la soirée et je ne me sentais pas apte à bien jouer considérant le décalage horaire et le voyage en avion. Environ 280 joueurs ont participé, 15 places étaient payées mais j’ai terminé environ 75e. À ma table se retrouvait Kevin McBride, le finaliste du «main event» en 1998. C’est la 3e fois que je joue contre lui, il est assez sympathique, mais semble ordinaire comme joueur de poker. Ce sera pour l’an prochain pour le « main event », ce n’était pas grave, ça allait me donner la chance de visiter les célèbres pokerrooms de Las Vegas.
Suite à ce supersatellite, Martin et moi avons décidé de jouer au no-limit 1-2. Les joueurs à la table semblaient assez ordinaires, et nous nous sommes assis avec 400$ chaque. Nous avons joué quelques petits pots, jamais contre l’autre quand la main suivante arriva. J’ai QQ en position intermédiaire et je relance à 8$. Tous se couchent à Martin dans le petit blind qui relance à 25. Le gros blind égalise. Puisque je ne veux pas avoir une décision difficile à prendre sur le flop, je relance à 75$. Martin pousse tout son tapis. Le BB égalise pour 93$. Je sais que Martin me bat. Je sais qu’il est assez solide pour ne pas faire ce jeu sans KK ou AA et donc, je couche mes QQ. Martin a KK et le BB a AdTd (huh?). Malheureusement pour Martin, le tableau final est 6666x et le gros blind remporte la main avec son as. C’était la première fois que je couchais une paire de dame avant le flop mais dans ce cas-ci, c’était automatique considérant le joueur. Des fois, on est presque certain d’être battu mais les tapis des joueurs ne sont pas assez gros pour coucher notre main. Je savais que Martin était assez solide pour ne pas se taper sans une plus grosse paire. Il aurait attendu le flop avec AK et aurait probablement couché JJ et QQ devant ma re-relance. Je termine ma session quelques mains plus tard, satisfait de mon jeu, mais fatigué après cette première journée.
LUNDI 19 MAI
Les deux pokerrooms les plus célèbres de Vegas Après avoir souhaité bonne chance à Martin et regardé en spectateur le début du « big one », Pierre et moi sommes allés au Bellagio, pour y voir sa célèbre pokerroom. J’ai joué dans une bonne partie de Hold’em 15-30. Il s’y retrouvait des joueurs de tous les calibres. Malheureusement, c’est durant cette session que Martin m’a téléphoné pour m’indiquer qu’il avait été éliminé du gros tournoi. C’est alors que nous avons tous pris la décision de se concentrer sur notre jeu de tournoi. Nous pouvons tous aller jouer aux parties à l’argent à Foxwoods ou à Akwesasne, mais il nous est assez rare de jouer des tournois avec 75-100 joueurs. Le seul hic est que le monde des tournois est volatile et il était possible que nous allions revenir de notre voyage avec une perte si l’on ne parvenait pas à faire au moins un excellent résultat durant la semaine. Idéalement, il aurait été mieux de jouer quelques tournois et le reste en partie à l’argent, afin d’au moins payer nos entrées avec nos profits des parties à l’argent. Mais notre choix était de s’attarder aux tournois, afin de rehausser le calibre de notre jeu dans ce domaine. Nous nous sommes donc dirigés vers le Mirage pour leur tournoi en soirée de Hold’em limite. 93 joueurs, 9 places payées. Je termine environ 60e et Pierre et Martin font mieux et se classent dans le top 20, mais en dehors du top 10 et de l’argent.
MARDI 20 MAI
Le paradis des joueurs de tournois Nous nous dirigeons vers le casino The Orleans qui est reconnu pour ses tournois journaliers à midi et 19h00. Je joue un peu au Hold’em et au Omaha 8 4-8 avec un demi-kill en attendant le premier tournoi. Le mardi midi, c’est du Hold’em limite. 100 joueurs, assez ordinaires pour la plupart. Je termine 15e, à 5 places de l’argent. Comme vous verrez durant ce périple, ce sera un résultat qui deviendra assez redondant. On nous informe ensuite que le Orleans tient le lendemain un tournoi 2e chance pour les joueurs éliminés du « big one ». 1000$ l’entrée, mercredi soir. Il y a un supersatellite pour ce tournoi à 16h00 qui remplace le tournoi régulier de 19h00. 78 joueurs y participent, je termine, devinez quoi, 15e et il payaient 9 sièges pour le tournoi du lendemain. La fin du super était un « crapshoot ». Le tapis moyen était de 11-12000 et les blinds de 2000-4000. Disons que la chance décidait de tout. Quand tu te dois d’égaliser une relance de ton gros blinds avec rien juste à cause des cotes du pot, disons que l’habileté des joueurs en lice est plutôt un facteur négligeable.

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