Vers un assainissement de l’écosystème poker

Publié le 19 juillet 2012

Ce n’est pas un secret pour personne.  Les parties de poker offertes en ligne sont graduellement devenues plus difficiles au cours des dernières années et les différents outils d’enseignement, les logiciels statistiques et le large savoir général disponible en ligne créent un fossé toujours plus large entre joueurs réguliers et joueurs récréatifs.

La résultante est une situation problématique qui fut pendant quelque temps sous-estimée, alors que le volume de nouveaux joueurs suffisait à alimenter la population toujours plus large de joueurs pros.   Ce n’est aujourd’hui toutefois plus le cas et les plafonds tombent.  Le niveau afin de battre une limite moyenne est aujourd’hui celui qui suffisait à battre les hauts niveaux jadis, et le même phénomène s’illustre aux plus petites limites.  Les tables hautes limites deviennent des salles d’attente du rare joueur récréatif qui se voit aussitôt attaqué de toutes parts, alors que les réguliers jouent des limites toujours plus petites, ne laissant du coup plus d’écosystèmes principalement partagés par les joueurs exclusivement récréatifs.

Cela crée un problème bien limpide.  Si le nouveau joueur récréatif dispose toujours de la motivation à se lancer dans le poker en ligne, son expérience y est aujourd’hui beaucoup moins plaisante que ce l’aurait été il y a cinq ans.  Comment régler cette problématique?

Si les approches diffèrent, il ne fait aucun doute que les salles sont à la recherche d’une solution.  Par exemple, en avril dernier, Carbon Poker annonçait l’intégration d’un calculateur de côte et d’ un afficheur de statistiques (similaire à ce que peut offrir Hold’Em Manager) à même son logiciel.  L’objectif était ainsi de réduire le fossé entre joueurs réguliers et joueurs débutants.  On peut toutefois critiquer à cette initiative qu’elle n’améliore aucunement l’expérience de jeu du novice qui ne veut que voir des cartes; pas ces complexes chiffres qu’il ne sait interpréter.   Une telle approche risque donc de le décourager d’un tel site ou du poker en ligne en général, plutôt que de l’instruire et lui permettre de rapidement rivaliser contre ses adversaires.  Néanmoins, l’idée vaut d’être débattue.

Nous apprenons cette semaine que deux nouvelles salles apportent leurs mesures respectives.  Dans une tentative avouée de cesser l’hémorragie de joueurs dont elle est victime, Party Poker a hier annoncé qu’elle retirait complètement les parties hautes mises offertes.  On ne trouve ainsi aujourd’hui plus de tables dépassant le 5$/10$ sans limite, ou le 30$/60$ limite sur le logiciel de Party Poker.

“Cette décision fut prise afin d’améliorer notre écosystème poker et est posée dans le meilleur intérêt de nos joueurs.  Nous croyons que ce changement améliorera l’action à nos tables et se situe dans le meilleur intérêt de notre salle.”

Une telle mesure cherche clairement à ralentir la vitesse à laquelle les nouveaux joueurs perdent leurs dépôts effectués sur la salle. Alors que ces parties hautes mises ne sont jouées que lorsqu’un joueur récréatif s’y assit de toute façon, elles n’apportent à peu près rien de positif pour Party Poker.  Au contraire, la salle voit son bassin de nouveaux clients drainé à une vitesse beaucoup trop élevée afin d’espérer assurer une rétention, d’où la décision de resserrer le bassin de joueurs sur une gamme de limites moins étendue.

Le réseau iPoker annonce des mesures complètement différentes, mais visant exactement le même objectif.  Ce dernier a en effet annoncé qu’à partir du 1er septembre, toutes les tables ne seraient plus offertes à l’ensemble du réseau, alors que certaines seraient réservées à certains skins spécifiques.  À noter que le réseau OnGame applique déjà une telle politique.

Ainsi, depuis le 1er juillet, iPoker récolte des statistiques sur les performances de ses différents opérateurs-clients.  Trois tiers seront ainsi bâtis, selon différents critères.  Ces derniers se baseront sur le nombre de joueurs actifs de la salle, son acquisition de nouveaux joueurs, puis une formule non détaillée sur l’évolution des soldes des joueurs de cette même salle.

Une ségrégation sera ainsi établie à partir des tables de hold’em sans limite 2$/4$ et plus, ainsi que sur certaines tables Sit & Go.  Un bassin global sera offert sur les trois tiers comme c’est présentement le cas, mais une série de tables deviendra exclusive aux salles s’étant classées dans le premier tiers.  On espère ainsi raviver l’action aux moyennes et hautes mises en l’épurant des joueurs professionnels n’attendant patiemment que leur rare poisson s’y assoyant.  Ultimement, les salles procurant un nouveau bassin de joueurs occasionnels seront récompensées, tandis que celles qui visent surtout les joueurs réguliers avec des promotions agressives de rakeback par exemple seront punies.

Deux objectifs centraux sont à la base de cette décision:

1. Augmenter l’espérance de vie du nouveau joueur sur le réseau, tout comme s’assurer d’une perte moins rapide de son dépôt.

2. Balancer ce qu’on appelle le “Drain Volume” à travers les différents opérateurs sur le réseau iPoker. (S’assurer que chaque salle fasse sa part dans son apport de nouveaux joueurs, plutôt que de simplement récupérer des joueurs réguliers déjà actifs sur d’autres skins du réseau iPoker).

Lesquelles de ces méthodes s’avéreront efficaces?  Y aura-t-il des contrecoups à de telles approches?

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