Publié le 18 janvier 2012
Les joueurs de poker globalement respectés par l’ensemble de la communauté dont ils font partie se comptent sur les doigts d’une main. Phil Galfond, le très prospère professionnel américain de 26 ans ayant récemment déménagé au Canada afin de poursuivre sa carrière de joueur, fait partie de ceux-là .  Ce dernier a cette semaine publié un cri du cÅ“ur, abordant de nombreux problèmes actuels des parties offertes en ligne, tout comme proposant les solutions qu’il juge personnellement les plus efficaces. Le texte original peut être lu dans son intégralité ici, mais voici un résumé francophone des points soulevés par le pro.
Galfond constate que les avantages sur les joueurs ont diminué ces dernières années, mais qu’au contraire, les tentatives d’en obtenir se font toujours plus fortes. Selon lui, cette tendance a maintenant dépassé le point de tout équilibre possible, signifiant que la qualité des parties en souffre désormais énormément.
Les problèmes principaux ciblés par Galfond découlent de la sélection de tables, mais surtout du fait que dès qu’un fish quitte, l’ensemble de la table arrête automatiquement de jouer, ou du moins demande de quitter “lors du prochain gros blind”. Galfond analyse également la manière dont sont offertes les tables heads-up, puis les effets des HUDs, des bases de données statistiques ainsi que des sites compilant les résultats des joueurs en ligne. Il pose trois préceptes dans sa recherche de solution, tous ayant pour objectif “d’améliorer le jeu en général”. Ces préceptes sont:
1. Rendre l’expérience poker plus accessible et plaisante, autant pour les pros que les joueurs récréatifs.
2. Empêcher les lacunes qui permettent les joueurs sans éthique d’obtenir un avantage sur ceux décidant d’être honnêtes.
3. Promouvoir le jeu de plus de mains
Galfond affirme d’entrée de jeu que les sites de résultats sont nécessairement mauvais pour tous. Pour le joueur récréatif, cet outil ne peut qu’être source d’embarras, alors que ses pertes sont publiquement affichées. Pour le joueur pro, cela ne fait qu’augmenter le bumhunting (le fait de rechercher ou suivre certains joueurs profitables exclusivement). Dans les deux cas, cela diminue l’action, ce qui est nuisible pour les sites de poker.
Le pro est toutefois plus mitigé sur les bases de données personnelles et les HUD. Galfond juge que les sites ne devraient pas agir contre ces outils, principalement parce que toute règle à cet effet est pratiquement impossible à faire respecter. Que les joueurs commencent à utiliser illégalement ces logiciels statistiques n’aiderait en rien! Toutefois, il est conscient du tort que ces logiciels causent. En plus d’augmenter l’avantage des pros contre les joueurs récréatifs, ces outils sont simplement épeurants pour le joueur moyen. “Si un joueur récréatif voyait de quoi votre écran a l’air alors que vous l’affrontiez, comment son niveau d’excitation s’en trouverait-il changé?”
Afin d’adresser ce problème, Galfond utilise une approche différente du bannissement des outils en soit, soit la possibilité de changer son nom de joueur. Il suggère qu’un changement de nom de joueur  soit permis chaque deux mois, alors que le nom d’utilisateur, celui pour se connecter au site, demeure le même. Il suggère par le fait même que ce nom d’utilisateur soit affiché aux tables de NL50+, mais pas aux tables plus basses. Ceci permettrait de diminuer l’efficacité des sites statistiques, tout en limitant les risques de collusions ou d’utilisation de plusieurs comptes simultanément. Galfond suggère que les notes prises sur un joueur ne soient pas transmises lors d’un changement de nom.
Le jeu Heads-up en est devenu un occupé par les réguliers exclusivement. Ces derniers s’assoient  souvent à autant de tables qu’ils le peuvent, puis refusent systématiquement de jouer les adversaires s’y présentant, sauf les quelques rares fish qui pourraient passer par là .
Deux systèmes existent dans la création de tables sur les lobbys.
- Les tables infinies – tous peuvent créer des tables heads-up, sans limitation
- Le roi de la montagne – un nombre spécifique de tables ouvertes (non pleines, évidemment) est permis. Si ce nombre est atteint, un joueur désirant “posséder” une table devra donc d’abord battre un adversaire en place jusqu’à ce qu’il quitte cette table.
Bien qu’il soit conscient qu’un système de roi de la montagne est le plus profitable pour lui et que conséquemment, son avis puisse être biaisé, Galfond propose qu’un maximum de cinq tables ouvertes non actives soit permis. En ajout à cela, sur toute table de six ou dix joueurs, un joueur pourrait cliquer sur un adversaire et suggérer “jouer heads-up”. L’adversaire NE SERAIT PAS informé de cela. Or, si deux adversaires se sélectionnent, une fenêtre s’ouvre et suggère de lancer cette partie heads-up.
La raison pour quoi les joueurs ne devraient pas être informés de la demande de jeu qui est tous voudront mettre les mauvais joueurs au défi, rendant l’approche embarrassante et intimidante pour le joueur récréatif.
De plus, ce système encourage l’action afin d’obtenir l’une des cinq tables sous le système du roi de la montagne.
Galfond juge qu’effectivement, ce système où un bassin de joueurs d’une limite est créé et qu’un changement d’adversaires se produit après chaque main aide à la rétention des joueurs récréatifs. Toutefois, il insiste sur le fait que ce système ne devrait pas remplacer l’approche traditionnelle, la dynamique d’une table et l’historique entre joueurs étant des éléments trop importants dans le succès d’un joueur. Le problème d’offrir les deux systèmes en parallèle est de séparer le bassin de joueurs, pouvant ultimement le diminuer alors que trop peu de parties sembleront offertes.
Voici la suggestion sur laquelle Galfond est le plus insistant, soit un système déjà bien établi dans certains casinos terrestres. Le système est simple: une liste d’attente est constituée avec les joueurs désirant joindre une partie spécifique. Si quatre joueurs ou plus composent cette liste, ces derniers sont obligés de s’affronter sur une “table d’attente” afin de demeurer sur la liste d’attente. Si un siège s’ouvre sur la table principale, le premier joueur sur la liste doit obligatoirement prendre le siège et n’a pas l’option de rester sur la “table d’attente”.
Galfond suggère finalement un système de récompense favorisant les joueurs créant de nouvelles tables, ce qui est selon lui un accomplissement beaucoup plus méritoire que de simplement joindre une table active, alors qu’un autre joueur aurait probablement occupé ce siège de toute façon.
Que pensez-vous de ces différentes suggestions afin d’améliorer le poker en ligne? Vous avez mieux à suggérer? Discutez-en sur ce sujet du forum de discussion PrincePoker.com
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