Un expert de l’Université de L’Illinois se prononce contre la légalisation du jeu en ligne

Publié le 11 décembre 2009

PrincePoker.com présente aujourd’hui un article publié au bureau des nouvelles de l’Illinois.  Rédigé par John W. Kindt, il présente le côté de la médaille de ceux luttant contre la légalisation du jeu en ligne qui semble vouloir se dessiner aux États-Unis.  Ce texte est un bon exemple de la polarité des différents avis sur la question.  Comme quoi un changement de loi ne sera certainement pas chose facile !

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Légaliser le jeu en ligne alimenterait une flambée de paris sportifs aux États-Unis, laissant des vies en lambeaux et l’économie mondiale en péril, avertit un professeur de l’université de l’Illinois.

John W. Kindt dit que l’élan renouvelé de Barney Frank’s afin de renverser des décennies d’interdiction du jeu en ligne équivaudrait à mettre la nation à risque d’un effondrement économique qui rivaliserait avec la crise des prêts hypothécaires de 2007, déclenchant une profonde et persistante récession mondiale.

« Barney Frank qui a été critique envers le manque de régulation sur Wall Street essaie maintenant de créer une menace encore plus dangereuse en jetant l’interdiction des jeux sur Internet dans les toilettes » a déclaré Kindt, lui qui enseigne l’administration et la politique juridique.  Il affirme compter deux décennies d’expérience derrière la cravate.

Frank, un démocrate du Massachusetts qui préside le House Financial Services Committee, a repris les audiences jeudi sur la législation.  Il parraine un projet qui lèverait l’interdiction sur les jeux en ligne, en permettant au département du Trésor d’accorder des licences et de réglementer les sociétés de jeux en ligne visités par la clientèle américaine.

La légalisation des jeux en ligne et des entreprises qui les exécutent créerait une bulle spéculative potentiellement désastreuse pour les marchés financiers américains, crise similaire à celle des prêts hypothécaires à risque avec des anticipations de profits exagérés qui dépassent de loin la valeur réelle, dit Kindt.

“Je pense vraiment qu’une bulle spéculative sur les jeux Internet serait pire, car elle ne serait basée sur rien”, a déclaré Kindt. Avec la crise des subprimes, il y avait au moins une partie des biens immobiliers concernés. Avec un jeu en ligne, il n’y a rien d’autre que des gens pompant leur argent dans leurs ordinateurs ».

Les marchés mondiaux ont déjà vu les conséquences, dit Kindt. La Bourse de Londres, qui permet l’échange d’actions de sociétés de jeu en ligne, a vu sa valeur effectuer un plongeon de 40 milliards de dollars en un jour après que les États-Unis renforcé son interdiction sur les jeux sur Internet en 2006.

Le jeu en ligne serait aussi « jeter de l’essence » sur une récession qui a déjà profondément entaillé de nombreuses économies des Américains, en plus de mettre plus de 7 millions de personnes sans emploi, rajoute Kindt.

“L’argent qui devrait être consacré sur les voitures, les réfrigérateurs et autres produits susceptibles de renforcer l’économie et ainsi créer des emplois serait au contraire gaspillé sur les jeux Internet dans chaque salle de séjour, à chaque bureau de travail et à chaque pupitre d’écolier, dit-il.

Kindt, affirme que Bill Frank va à l’encontre de recherches qui appuient le maintien de l’interdiction datant de 1961, celle du Federal Wire Act, jadis instaurée par le procureur général Robert F. Kennedy afin de freiner le flux d’argent du crime organisé.

«Dans le monde d’aujourd’hui, la menace de blanchiment de capitaux s’applique également à des organisations terroristes”, a déclaré Kindt, un collaborateur à la rédaction et auteur de l’United States International Gambling Report Series, une collection de 3000 pages publiée cette année, qui inclut des centaines de pages sur les périls de paris en ligne.

Il dit également que le jeu en ligne engendrerait d’énormes coûts sociaux liés à la dépendance au jeu, aux faillites et à la criminalité.

La menace de la dépendance est particulièrement élevée chez les jeunes, pour qui les études ont démontré qu’ils sont déjà deux fois plus sujettes aux problèmes de jeu que les Américains plus âgés, dit Kindt.  Des études estiment que près de 4 pour cent des jeunes sont accros aux jeux d’argent et que 8 à 12 pour cent sont des joueurs compulsifs.

“C’est de pire en pire alors que la popularité des jeux de hasard monte en flèche, puis deviendrait un réel fléau si le jeu en ligne est légalisé, dit-il. « Le jeu en ligne est reconnu comme le crack du jeu, créant sans cesse des joueurs, de nouveaux toxicomanes, parce qu’il est tellement accessible.”

L’audience de jeudi sur le projet de loi de Frank survient moins d’une semaine après que le département du Trésor et la Réserve fédérale ait reporté la date effective de la nouvelle réglementation qui pourrait renforcer l’interdiction existante.

Les nouvelles règles, qui avaient été fixées pour prendre effet le 1er décembre, finalement repoussées jusqu’au premier juin de l’année prochaine, interdisent aux institutions financières américaines d’accepter les paiements par cartes de crédit, chèques ou de transferts électroniques de fonds destinés aux sites de paris en ligne. Les parieurs américains ont été estimés à fournir au moins la moitié des recettes de l’industrie mondiale de 16 milliards de dollars de jeu en ligne.

Frank dit que ce délai donnera le temps au Congrès de renverser la Unlawful Internet Gambling Enforcement Act. Il a également cherché à abroger la loi, mais a échoué en 2007, juste un an après que le Congrès ait approuvé la mesure.

Frank a alors fait valoir que le jeu en ligne devrait être légal comme une question de liberté individuelle et que le gouvernement fédéral pourrait obtenir les recettes fiscales si le jeu par Internet était autorisé et réglementé.

Kindt est en désaccord, affirmant que les coûts dépassent de loin les avantages.

«Leu en ligne ne devrait pas être légalisé pour les mêmes raisons que les drogues dures restent interdites”, dit-il. “Les coûts sociaux et la criminalité y étant associés sont énormes et plus le jeu sera facile d’accès, plus la population s’y accrochera, » conclut-il.

Traduction libre de l’article paru au Bureau des nouvelles de l’Illinois.  Lien original

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