Légalisation du poker aux É-U: Projet mort et enterré

Publié le 18 décembre 2010

Le dossier est définitivement réglé.  Le projet de loi visant à légaliser et réguler le poker en ligne aux États-Unis ne verra jamais le jour, suite à l’échec d’Harry Reid de le déposer en conjonction avec un autre projet avant la fin de la session législative américaine.

Cette tentative politique a fait couler beaucoup d’encre depuis le début du mois.  Le 3 décembre dernier, Bloomberg et le Wall Street Journal faisaient état d’un plan secret démocrate pour légaliser le poker, en l’occurrence le projet du Sénateur Reid, qui allait être attaché à un projet quasi assuré de succès devant la Chambre.  Or, cette médiatisation du plan fut possiblement la première cause de l’échec de la stratégie.  Alors qu’on cherchait à opérer discrètement pour endormir l’opposition, c’est finalement tout le contraire qui s’est produit.

Il y a moins d’une semaine, après que les rumeurs faisaient tantôt état du succès du projet, tantôt état de ses difficultés, le premier verdict officiel tomba.  Le projet de Reid n’avait pas été attaché au projet de réductions de taxes, ce qui constituait le plan central, le seul avec une chance tangible de succès.  Le coupable?  Le sénateur républicain Jon Kyl, qui resta campé sur sa position férocement opposée à toute légalisation potentielle du jeu.

Néanmoins, avec la session législative toujours ouverte, la possibilité d’attacher le projet à une autre loi demeurait vivante.  Le temps était pour le moins compté, avec la date d’échéance fixée à vendredi dernier.

Dès jeudi, l’éditeur poker d’ESPN Andrew Feldman affirmait sans le moindre doute que le projet était définitivement mort.  Cette confirmation vint rapidement, avec la fin de la session hier, puis les commentaires de John Pappas, directeur exécutif de la Poker Players Alliance.

Pappas affirme que les chances du projet de Reid sont tombées à travers les contentieux entourant le projet principal auquel il aurait été attaché, soit celui de réductions de taxes.  En effet, le succès de ce dernier fut remis en doute, notamment avec des lourdes considérations et oppositions politiques.  À partir de ce moment, ajouter un autre projet controversé à cet ensemble aurait pu être suffisant à causer l’échec de l’ensemble au grand complet.  Dès lors, s’en était fait des espoirs d’une légalisation rapide du poker aux États-Unis.

Qu’en est-il du futur maintenant?  Alors que la chambre des représentants retombe sous le contrôle républicain,   il vaut mieux oublier toute législation pro-poker ces prochaines années.  Barney Frank, défenseur avoué du poker, risque maintenant de perdre son siège au projet de Spencer Bachus, l’un des plus farouches opposants au jeu en ligne.  Ce dernier est celui qui avait erronément affirmé il y a deux ans qu’une étude de l’université McGill avait conclu qu’un tiers (rien de moins!) des étudiants ayant joué en ligne en arrivaient ultimement à une tentative de suicide (une étude qui n’existe évidemment pas).  Comme quoi on ne peut espérer grand avancement dans ce dossier sous son règne…

Des rumeurs laissent entendre que malgré la fermeture prévue de la session législative hier, les députés pourraient continuer leur travail jusqu’à Noël.  Les plus optimistes peuvent donc toujours se rabattre sur cet infime espoir.

Les joueurs veulent-ils vraiment de cette légalisation?

Voilà une question à connotation étrange.  Pourtant, c’est un soupir de soulagement qui est perçu dans la communauté des joueurs de poker suite à l’annonce de l’échec de ce projet.  En effet, certaines dispositions de ce dernier semblaient carrément inacceptables, tout particulièrement pour ceux faisant du poker leur métier.

En effet, une période de black-out de quinze mois sans aucun poker offert aux États-Unis aurait été imposée.  De quoi en faire grimacer plus d’un!  De plus, le marché aurait été reclus sur les Américains seulement jusqu’à 2015 au minimum.  Rajoutons à cela la fâcheuse expérience de telles implications gouvernementales au niveau mondial ces dernières années, puis nous obtenons un portrait tout sauf rose de cette légalisation proposée.  Nombreux sont donc ceux qui veulent simplement le statu quo, alors qu’ils s’affirment heureux de la dynamique actuelle d’offre de jeu.

Rien ne garantit cependant que l’industrie telle que bâtie présentement pourra demeurer intacte bien longtemps.  Des changements pourraient se produire sous l’égide républicaine, nuisant grandement à la liberté des joueurs américains, sans pour autant offrir de solution de rechange.  Le futur aura tôt fait de nous en informer!

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