Un jury de Pennsylvanie juge le poker comme un jeu de chance

Publié le 17 août 2009

Agé de 65 ans, Lawrence Burns était accusé de douze violations différentes, toutes en lien avec le jeu illégal.  En 2007, l’homme organisait des tournois de poker dans des locaux de Westmoreland County à l’extérieur de Pittsburgh.

Burns ne s’est jamais caché d’organiser ces tournois.  Il plaide cependant qu’il ne s’agit pas de jeu illégal puisque le Texas Hold’em est avant tout un jeu d’habileté.

La Pennsylvanie définit le jeu illégal comme une activité où un paiement est fait, avec la possibilité de gain alors que le résultat est déterminé par la chance.

La défense de Burns reposait donc essentiellement sur le fait que le poker n’entrait pas dans cette catégorie.  Ses avocats ont tenté de démontrer que des techniques apprises permettaient d’augmenter son ratio de gain.  Conséquemment, le jeu devrait être considéré comme un d’habileté.

Le professeur Dr. Robert Hannum a démontré pendant le procès que le poker ne reposait pas sur la chance à l’aide d’une simulation informatique.  Cette dernière montrait que sur un échantillon d’un milliard de parties, le joueur talentueux gagnait 960 millions de fois.

Une cause en tous points similaires entendue au Colorado récemment a aussi été portée à l’attention du jury.

Il est a noté que cette décision en faveur du poker au Colorado est présentement en appel.  Une instance supérieure de la Cour examine le dossier.

Le professeur Matthew Rousu de l’Université de Susquehanna a également présenté une démonstration impliquant que le poker est un jeu d’habileté.

Malgré tout, après deux heures de délibération, le jury composé de douze personnes a considéré que le poker entrait bel et bien dans la définition de jeu illégal.  Ils ont trouvé Burns coupable de tous les chefs d’accusation.

Burns ne risque pas la prison et il compte en appeler de la décision.

Dans la dernière année, presque tous les procès similaires ont donné raison au défendant en jugeant le poker comme jeu d’habileté.  Remettre une telle décision dans les mains d’un jury soulève des questionnements.  Nombreux sont ceux qui osent affirmer que les croyances chrétiennes bien ancrées dans cet État auraient prévalu sur un raisonnement adéquat.  Est-il défendable de dire qu’un jury de Californie, par exemple, aurait pu en venir à une conclusion différente pour un procès identique ?  La question est posée…

Discutez de cet article dans notre forum de discussion

Comments

Powered by Facebook Comments