Journal de bord avec Dave Colclough aux Séries mondiales de poker 2004

Publié le 11 juillet 2006

Jour 1 – 22 avril 2004
Me voici aux Séries Mondiales de Poker 2004. Le Binion’s Horseshoe a été acheté par des nouveaux propriétaires. Ce n’est toutefois pas le changement qui m’a le plus frappé. L’Amérique est devenu folle du poker…complètement folle. Un nombre incroyable de 343 personnes ont payé 25,000$ pour jouer l’évènement principal au Bellagio. Et hier j’ai traversé l’espace au Binion consacré aux satellites. Je n’en croyais pas mes yeux. L’an dernier, il y avait peut-être 3 ou 4 tables où l’on y jouait. Cette année, j’ai compté au moins 23 tables d’action intense. Des hordes et des hordes de nouveaux joueurs…Que Dieu bénisse l’Amérique, que Dieu bénisse le WPT au Discovery Channel, et que Dieu bénisse Chris Moneymaker. On est vraiment au paradis du poker!
J’ai réussi à gagner un siège pour le tournoi de Hold’em sans limite de 2000$, et ce via un satellite à une table. J’ai été chanceux lorsque j’ai décidé de jouer ma paire de rois (KK) doucement, tandis que les deux blinds floppaient la paire supérieure. En bonus, j’ai eu droit à une leçon de poker d’une charmante demoiselle doté d’un bon buste. Elle m’a expliqué à quel point il est dangereux de ne pas relancer avec KK avant le flop. Que Dieu la bénisse! De toute façon, j’ai triplé et je suis parvenu à survivre face au reste des joueurs pour gagner mon siège, et ce pour la modique somme de 230$.
Jour 2 – 23 avril 2004 – 2000$ NL Hold’em
Wow, quelle affaire!. Ça m’a seulement coûté 230$. Mais cela a duré 28 minutes! Il y avait encore des joueurs qui s’inscrivaient et qui n’étaient pas encore assis que je prenais la sortie.
Encore une fois, un joueur d’Internet m’a eu. Pendant des années, il y avait une façon standard de jouer. Les blinds étaient de 25 et les joueurs relançaient à 75 et 125 afin d’avoir un peu d’action. Mon élimination montre bien comment les choses ont changé récemment. Je suis sur le gros blind. Il y a 50 jetons dans le pot, et le joueur Internet relance à 450! J’ai 1400 jetons devant moi et AK dans les mains. Tout le monde se couche. Je place tous mes jetons dans le milieu, à l’instar du relanceur original qui retourne JJ. Le flop est bas, et je suis éliminé…. Par le passé, ce pot n’aurait pas été plus gros que 300 jetons. Bienvenue dans le futur…ou dans le présent, devrais-je dire!
L’avantage de se faire sortir tôt, c’est que les perdants peuvent jouer dans le Super Satellite de 15h. Et j’ai été chanceux mes amis. Un joueur a relancé mon gros blind pour la troisième fois consécutive, et je l’ai pris personnel. J’ai appelé avec 3c4c avec l’intention de bluffer le flop. Ce dernier tombe, tenez-vous bien…je ne peux pas miser ça quand même! A 2 5. L’autre joueur a misé pour moi, et j’ai appelé (après une petite réflexion évidemment). Puis, le pauvre à attrapé son 7 sur le tournant, pour bien compléter sa paire de 77 en main. Et nous nous sommes relancés et sur-relancés jusqu’à ce que tous nos jetons soient au centre. Nous avons retourné nos cartes, et il est tombé en bas de sa chaise. La rivière n’a pas complété sa maison pleine, et j’ai vogué pour remporter le siège de 10,000$ pour Le tournoi.
Pas un mauvais début du tout.
Jour 3 – 24 mars 2004 – 1500$ Stud 7 Limite
J’adore jouer au Stud 7 cartes. Je ne sais pas pourquoi. Dieu seul le sait. J’ai fait considérablement meilleure figure que dans le tournoi d’hier, survivant trois fois plus longtemps. Un autre épisode embarrassant de ma carrière de Stud 7. Comment ai-je pu, pour l’amour du ciel, remporter des tournois de Stud 7 au début des années 90? J’aimerais bien me rappeler comment j’ai fait. Je me dirige donc vers le super satellite de 15h…
Je suis passé bien près encore une fois. Les 6 derniers joueurs obtenaient un siège…j’ai terminé 7e. Ayoye.
J’ai réalisé quelque chose. Ces super satellites vont fournir une entrée à quelques 700 joueurs pour l’événement principal. Il y en a aussi 700 qui se qualifieront par internet. Allons-nous attendre 2000 joueurs pour ce tournoi?
Jour 7 – 28 avril 2004 – 1000$ NL Hold’em
Wow. Au-delà de 600 inscrits pour le 1000$ avec rachats. Ne me demandez pas comment, mais Daniel Negreanu a réussi à racheter 26 fois. La compétition lui a coûté la modique somme de 27000$ J’ai bien commencé, en accumulant des jetons, et je n’ai pas eu besoin de racheter alors que j’avais 5000 jetons. Malheureusement, la moyenne m’a vite dépassé. Je survis ensuite pendant quelques heures avec un tapis plutôt restreint, et ce jusqu’à ce que Mike Laing arrive à notre table, saoul et avec plein de jetons. Il me bluff à la première main en me montrant 63o…puis me double à deux reprises, en plus de donner sa montagne de jetons au reste de la table, et ce en moins de 60 minutes. Que dieu bénisse le Jack Daniels.
Je suis dans l’argent lorsque cette main se produit. Le flop se lit QsJdTs. J’ai relancé du bouton avec Js9s. Le gros blind m’a appelé avec QT. Inutile de dire que la table s’est enflammée assez rapidement à la vitesse où nous voulions mettre tous nos jetons dans le milieu. Aucun de mes 17 outs n’a frappé, et j’ai été éliminé en 15e place à 3h20 du matin, 3 minutes avant la fin de la journée…juste à temps pour jouer le tournoi de PLO (pot limit omaha) du lendemain.
Jour 8 – 29 avril 2004 – Omaha Limite du Pot 2000$
Pot Limit Omaha, et quelle chance! À chaque fois que je me mesurais à AAxx, je les battais. Dame Chance a été avec moi toute la journée. Je n’ai jamais fait tapis, jamais mis plus de la moitié de mon tapis en jeu, et jamais eu de main cruciale. J’adore le Omaha. J’ai terminé la journée avec le 2e plus gros tapis derrière l’excellent Robert Williamson.
Jour 9 – 30 avril 2004 – Omaha limite du pot – Finale 2000$
La finale de PLO était télévisé par ESPN, et donc la journée a début avec une entrevue, qui s’est bien déroulé, à ma grande surprise. Pour faire changement, l’interviewer semblait comprendre le poker. Ça c’est l’Amérique. Tout le monde comprend le poker.
La finale a été l’une de mes plus grandes déceptions au poker. Je n’ai pu trouvé aucune main jouable. Et pourtant j’en joue plus que la moyenne. J’ai finalement découvert 7TJQ doublement assortis sur mon gros blind, et j’ai sur relancé la relance de Robert Williamson. Il aurait sans doute coucher KKxx et plusieurs autres mains dans cette situation, mais évidemment il avait AAxx. J’ai fait une couleur, mais cela n’était pas de taille face au quatre as de Robert. Une 4e place et 45000$ n’est pas mal, mais je suis triste quand même.
Jour 10 – 1er mai 2004
On peut vraiment dire que le monde est petit. Je me suis assis dans le super satellite et le gars à ma droite me fixe étrangement. «J’ai le même surnom que toi», me dit-il dans un accent new-yorkais. « Je t’ai vu sur Late Nite Poker!» Il me montre son identification sur laquelle il est écrit Sean Colclough. (Ma fille se nomme Sian et tout le monde insiste pour prononcer son nom comme Sean). Il est le seul Colclough de l’annuaire téléphonique de New-York, et évidemment il se qualifie pour le tournoi principal. Puis tout le monde me demande si j’ai un jeune frère…
Jour 11 – 2 mai 2004 – Limite Hold’em 2000$
J’ai survécu pendant un très long moment et j’ai terminé autour de la 45e place, mais sans bourse. Le moment fort de ma journée fut d’être assis à côté de mon bon ami Phil. Et c’est sans surprise que des étincelles se produites. Je suis persuadé, de source sûre, que Phil est un gentilhomme à l’extérieur de la table, et je n’ai aucune raison de ne pas m’en convaincre. À la table par contre, il prend un malin plaisir à ridiculiser ses adversaires. En Amérique, il n’est pas interdit de parler à la table, et cela peut contribuer à ajouter un certain plaisir, et aussi à agrémenter le spectacle télévisuel. Mais pour une raison obscure, Phil insiste pour s’en prendre à tous les joueurs de la table en dénigrant la manière dont ils jouent. Et quelle surprise! Cela se produit généralement après qu’il ait perdu un pot. Après un certain temps, je ne pouvais tout simplement plus l’écouter. Après avoir jeter son fiel sur le croupier pour la 2e main consécutive, j’ai tenté de lui expliquer que celui-ci n’avait aucun contrôle sur les cartes du flop. (D’ailleurs personne ne voudrait jouer si tel était le cas!) Comme d’habitude, mon synchronisme n’y était pas, et Phil a pété les plombs. Celui qui s’auto proclame comme étant le meilleur joueur de la planète affirmait maintenant à qui voulait bien l’entendre que je n’étais pas un homme digne de ce nom, et que de rabrouer quelqu’un qui vient de perdre un pot était totalement inexcusable. Je n’avais même pas conscience que je venais de le rabrouer. J’étais sans mot. C’était une des situations où l’Américain et l’Anglais ne sont pas des langues communes. Je n’avais aucune espèce d’idée de la planète d’où il provenait. Il y a définitivement des différences culturelles majeures ici. Je suis allé me coucher sur une note négative pour la première fois depuis mon arrivée.
Jour 12 – 3 mai 2004 – Limite Hold’em Finale 2000$
Mon bon ami de Stoke, Paul Maxfield, est parvenu à faire la table finale de ce tournoi. C’était son premier tournoi de limite Hold’em à vie. C’était donc une performance très surprenante (Il a même éliminé mon ami Phil dans les derniers niveaux de la journée précédente). Paul n’avait que 7000 en jetons avec le gros blind à 3000 qui le frappait dans 2 mains. Ne me demandez pas comment, mais il a réussi à se faufiler jusqu’en 4e place. Et tout le monde pense encore qu’il ne sait pas jouer…
Le gros tableau blanc indique 520 entrées payées pour l’événement principal. On risque d’atteindre 2000!
Allez, je vous donne la suite du voyage la semaine prochaine!
Écrit par Dave Colclough le 21 mai 2004
Traduit par Benoit Piquette le 10 juin 2006

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