La confirmation - par David Beaudin
Alors qu’à pareille date l’an dernier le nom de Jonathan Duhamel n’avait que peu d’échos dans les annales du poker, le talent du jeune champion ne fait plus aucun doute dans l’esprit des observateurs. Quelques semaines d’un repos légitime fin 2010, et Duhamel est de nouveau sur les rails, les victoires se succédant depuis un mois à une fréquence hors du commun : demi-finale du Championnat Heads-up NBC à Las Vegas début mars, table finale du tournoi bounty shootout du championnat du Bike, succès hebdomadaires dans les tournois du dimanche sur Pokerstars.net, et une retentissante victoire au High Rollers du EPT de Deauville, dont le prix d’entrée, largement hors de portée pour les amateurs, assurait pourtant une féroce compétition.
Quand on lui demande s’il s’attendait vraiment à réitérer son succès aussi tôt en 2011, Jonathan fait preuve d’humilité.
« Honnêtement, je ne savais pas à quoi m’attendre. »
Cette incertitude n’est pas sans fondement : à moyen terme, le succès de plusieurs champions du Main Event des WSOP a suivi la courbe d’une étoile filante. L’étoile de Duhamel, elle, refuse cependant de pâlir. « Je voulais définitivement faire de mon mieux pour tenter de réussir quelques autres bons résultats ».
Si le Main Event des Séries mondiales a évidemment constitué le baptême de Duhamel, ces récentes apparitions dans des tournois d’envergure se présentent aujourd’hui comme une véritable confirmation.
D’autant plus que ses adversaires, avec l’attention médiatique dont il jouit aujourd’hui, le mettent continuellement au défi.
« Les gens ont tendance à vouloir me bluffer beaucoup plus maintenant. Je dois constamment changer ma façon de jouer pour que personne ne soit capable de s’adapter. »
Cette observation n’est pas sans rappeler la manière dont se sont déroulés deux des plus récents tournois de Duhamel : l’élimination de Jean-Noël Thorel à Deauville, qui a donné un net avantage à Jonathan pour le duel final, et plus récemment celle de Chris Moneymaker au tournoi BSO à Los Angeles. Tous deux ont été pris sur le fait de bluffs trop audacieux.
Même s’il fréquente depuis plusieurs mois le même circuit professionnel, Duhamel ne craint pas que ses adversaires apprennent à prévoir son jeu.
« Je suis quelqu’un qui s’adapte très bien au jeu des autres, et par conséquent je suis très à l’aise de changer ma propre façon de jouer. Les autres joueurs semblent avoir du mal à s’adapter. »
Pour ce qui est de sa participation à l’événement principal des séries mondiales en juin, Duhamel ne se fait pas d’illusion, même s’il demeure optimiste.
« Le WSOP compte plus de 7000 joueurs. Ce sera très difficile de terminer premier encore une fois. Mais c’est le but! »
Si l’objectif demeure le même, la motivation, elle, a peut-être changé. Avec des bourses aussi faramineuses que celles emportées lors des WSOP et du High Rollers de Deauville, le gain ne lui apparaît plus aujourd’hui comme une finalité.
« Pour moi, c’est la compétition que ce jeu apporte qui me sert de motivation. À force de jouer contre les meilleurs au monde, le défi est de taille. Mais c’est la meilleure source de motivation pour tenter de s’améliorer ! »
Le tournoi demeure actuellement la principale occupation de Duhamel, mais il n’a pas renoncé à la diversité du poker. Le jeune champion, qu’on connaissait davantage à l’origine comme joueur de cash game, espère au contraire développer une certaine polyvalence.
« J’essaie de jouer à presque toutes les variantes du poker.
« Cash game et tournoi sont différents, mais j’adore les deux, donc je joue aux deux ! », renchérit-il.
Duhamel participera le 7 avril prochain aux tournois du NAPT au Mohegan Sun Casino.






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On va sûrement se recroiser.


