blogue janvier-février
par
, 15-02-2012 à 09:56 AM (4753 Lectures)
J’ai tardé à écrire un blogue ce mois-ci. J’étais en panne d’inspiration et je ne savais pas vraiment quoi vous écrire. Me voilà au 12 février, dans ma chambre d’hôtel au casino Fallsview de Niagara Falls, Ontario. Je suis ici depuis quelques jours pour la série de tournois "Fallviews Poker Classic". Mon état d’esprit n’est pas à son meilleur.
J’ai joué un premier tournoi à 1 000$, où j’ai rapidement été sortie. Histoire assez standard; le tournoi n’a pas beaucoup de jetons et je suis all-in QQ contre A-Q et je perds. Au moins, mon ami Jonathan Driscoll a terminé 21e sur 600 joueurs dans ce tournoi. Bravo M. ''Da Engineer'' le pro de tournoi à 1 000$ ! (il a fait de nombreux résultats dans les tournois à 1 000$ des WSOP, entre autres).
Deux jours plus tard débute le tournoi à 2 500$. Près de 565 joueurs inscrits. Ce sera une belle bourse. Je détruis ma table pendant les premiers niveaux. Rapidement, je triple mon tapis de départ. Je suis dans ma zone, ma "A+ game". Je suis dans les meneurs presque toute la journée. Au 14e niveau, les mises à l’aveuglette sont assez hautes avec les antes, et la moyenne de jetons est d’environ 22 grosses mises. Ce n’est plus une très belle structure. Je double un joueur avec un petit tapis de la petite mise contre ma grosse mise. Il a JJ, j’ai 77. Ensuite, je perds un gros pot avec top paire et tirage à la couleur, et voilà, il me reste 11 grosses mises. Nous sommes à 17 joueurs de la bourse. Je perds ensuite 99 contre Q-T all-in preflop. Je suis sortie quelques positions avant l’argent, après environ douze heures de jeu. Vous pouvez comprendre que je suis un peu dégoûtée et que je trouve le poker cruel à ce moment-là.
Je marche en direction de ma chambre d’hôtel, les épaules un peu basses. Je n’ai vraiment pas envie de parler à quiconque, j’ai besoin de décompresser. J’arrive à ma chambre, ouvre mon ordinateur, prends mes messages. Puis, je remarque qu’une personne à commencé à m’insulter pour aucune raison sur mon Facebook. Dernièrement, je ne sais pas pourquoi, mais c’est arrivé souvent. On m’insulte dans le "chat" sur Espacejeux, on me traite de noms, etc. Ensuite, on vient me harceler avec des commentaires négatifs sur mon Facebook ou messages privés. Est-ce normal? Et comment y réagir? Est-ce que ça m’affecte?
Je dois avouer que cette situation est toute nouvelle pour moi. Je suis quelqu’un qui est toujours prête à aider les gens et je déteste la chicane, la tristesse. Ainsi, j’ai de la difficulté à concevoir que des gens prennent de leur temps pour être méchants gratuitement. Heureusement, je suis quelqu’un de très forte psychologiquement pour avoir été dans le sport de haut niveau étant jeune puis en ayant travaillé en criminologie. Après avoir bien réfléchi à la situation, j'en suis arrivée à la conclusion que je devais agir comme je sais si bien le faire au poker : je dois me concentrer sur ce que je peux contrôler. Ainsi j'essaie, de par ma nature et de par la nature de mon contrat de représentation avec Espacejeux de donner le bon exemple quotidiennement en gestes et en paroles. C'est la seule chose qui importe ultimement.
Le fait que je sois devenue pro pour Espacejeux semble déplaire à quelques personnes. Je ne peux pas dire que ça ne m’affecte pas du tout, ce serait mentir. Je pense être toutefois assez intelligente pour faire la part des choses entre Laurence Grondin et Laurence Grondin pro d’Espacejeux. Je ne peux pas non plus réagir de n’importe quelle façon, car je représente une compagnie de l’état. Et surtout, je suis fascinée par le comportement humain et j'apprends beaucoup de ces expériences.
On dira ce qu’on veut, être une femme qui réussit dans un monde d’hommes, ça suscite des réactions (positives et négatives). J’en suis consciente depuis mes premières expériences au poker.
Assurément certains pensent que quelqu’un d’autre devrait être à ma place. Bien entendu qu’il y a d’autres joueurs québécois meilleurs que moi, mais bizarrement, ce ne sont pas eux qui se plaignent. Jonathan Duhamel est un des plus grands champions et les hommes peuvent probablement plus se reconnaître en lui. De plus, d'autres joueurs québécois affichent de meilleurs résultats en cash games et/ou en tournois, alors aux yeux de certains, je dois être perçue comme un imposteur à côté d'eux. Cependant, la réalité est que Jonathan et moi n’avons aucunement les mêmes tâches à accomplir avec nos commandites respectives et qu'Espace Jeux a vu en moi la porte-parole toute désignée pour les représenter.
Jamais je n’oserais prétendre que je suis la meilleure. D’autant plus que je suis extrêmement fière de mon ami Jonathan Duhamel et que c’est probablement grâce à lui que j’ai un contrat avec Espacejeux. La popularité du poker au Québec et la reconnaissance des joueurs québécois dans les médias est possible grâce à son accomplissement.
Je pense toutefois bien faire le travail qu’on me demande en représentant Espacejeux. À la fin de la journée, les insultes ne sont pas comparables à tous les bons commentaires que je reçois et à la chance que j’ai de rencontrer des gens intéressants et partager avec eux. Je suis tout à fait là où je veux être et j’en suis très reconnaissante. Je suis heureuse dans ma vie, j’ai une famille extraordinaire, un amoureux incomparable et j’ai rencontré les meilleurs amis du monde avec le poker. Je peux vous assurer que je vais continuer à faire de mon mieux en étant pro pour Espacejeux et m’endormir avec le sourire à chaque nuit, peu importe ce qui arrive avec le poker. (Merci Xavier Jutras d’avoir mis un peu d’ordre dans mes millions de réflexions à ce sujet.)
Cette parenthèse est terminée. La journée suivante, mon ami Marc Étienne Blais à terminé 23e au tournoi à 2 500$, un autre bon résultat. Il a perdu un pot monstrueux KK contre AA. Ouch! Il s’assurait presque la table finale avec ce gain. Cruel le poker.
Finalement, il ne reste qu’un tournoi, celui à 5 000$. Il y a 229 joueurs, ce qui offre aussi une bonne bourse. Ma table est bizarrement facile, je pensais que le calibre serait plus haut car le droit d’entrée est assez dispendieux. Mais pas plus de chance, rien ne va. Je suis sortie au 6e niveau. Encore une fois, pas une superbe série de tournois pour moi. J’aimerais pouvoir vous démontrer une réalité plus facile du poker, mais c’est vraiment ça, le poker. On travaille fort pour se rendre à un certain point, et ensuite, difficile d’y rester. La vie de joueur de tournois est encore plus difficile, car c’est très dispendieux et la variance est énorme. Un bon joueur devrait arriver à gagner un gros montant lorsque la variance est en sa faveur. C’est ce qui différencie le joueur moyen ou nul au bon. Lorsque tout va bien, on arrive à écraser les autres sur tous les points. Personnellement, j’aime mieux ne faire aucun résultat puis avoir un gros résultat, que plusieurs petits. Cependant, la route devient longue. Ça fait maintenant un an que je n’ai pas eu un gros résultat en tournoi. Ce serait facile de se décourager, et je ne veux pas prendre cette voie. Je suis chanceuse de vivre la vie que je mène, alors je vais continuer à travailler encore plus fort pour que cela dure!
Qu’est-ce qui s’en vient pour le prochain mois? Énormément de parties à l’argent sur Espacejeux. C’est ce que j’ai envie de faire. Aussi, en mars, j’irai à Sept-Îles pour un tournoi de charité pour la fondation de l’hôpital. Très exotique comme escapade, ce sera ma première fois!
Merci pour la lecture (écoute)!
Laurence ''Lady Luck''








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