PDA

Afficher la version complète : Comment l'intimidation fonctionne-t-elle et échoue-t-elle au poker



Akakakir
15-01-2011, 12:31 PM
[/URL][URL="http://www.princepoker.com/wp-content/uploads/2011/01/logo_officiel.jpg"] (http://www.poker1.com)http://www.princepoker.com/wp-content/uploads/2011/01/logo_officiel1.jpg (http://www.poker1.com)

Mike Caro est reconnu comme l'un des plus grands experts en terme de stratégie de poker, de psychologie et de statistiques. Reconnu comme "Le génie fou du poker" (The Mad Genius of Poker), Doyle Brunson dit de lui: "Mike Caro a enseigné à plus de joueurs à gagner au poker que quiconque dans l'histoire.» L'Université de Poker de Mike Caro, la stratégie de jeu et de vie (MCU), est accessible en ligne via www.poker1.com (http://www.poker1.com/)


Un article par le génie fou du poker - The Mad Genius of Poker- , Mike Caro.



Comment l'intimidation fonctionne-t-elle et échoue-t-elle au poker



Oliver était un dur à cuire - à la table de poker et à l'extérieur. Je l'ai rencontré à Gardena en Californie dans les années 1970, où il avait une réputation de bagarreur de bar.

L'expérience poker du vieux Gardena est légendaire. Il s'agit d'une banlieue de Los Angeles qui, jusqu'en 1980 environ, jouissait d'un monopole mondial pour trouver du poker sérieux. Ils l'ont appelé - et en effet elle portait bien son nom - «la capitale mondiale du poker." Bien sûr, vous pouviez jouer au poker à Las Vegas, mais les offres y étaient insignifiantes si on les compare à celles de Gardena avec six casinos sous licence, chacun offrant précisément le maximum légal de 35 tables.



Il s'agissait du champ de bataille pour les joueurs de poker professionnels à l'époque - un endroit où jeunes pros comme Oliver et moi aiguisions nos compétences. La chose la plus étrange à propos de Gardena à l'époque était que la seule forme de poker légal était le five card draw. Si vous vouliez de la variété, hey bien, vous pouviez le jouer high ou bas. Je jouais les deux, mais j'étais plus spécialisé dans la variante traditionnelle ou la main la plus haute l'emporte, d'abord parce que la tendance était plus sociale, puis il y abondait des tells où il était possible d'user de psychologie pour écraser des ennemis sans méfiance.

Oliver a tout comme moi essayé d'utiliser la psychologie pour écraser ses ennemis - mais sans succès. Je vais vous dire pourquoi. Personne n'aimait jouer contre lui. Il rabaissait constamment ses adversaires quand ils faisaient ce qu'il considérait comme faible ou déraisonnable. Je me souviens avoir été assis à sa table un jour où il a été pris sur un bluff et est devenu frustré.

Demandez à votre maman

"Continue à faire ces call espèce de moron et tu vas devoir demander à ta maman pour plus d'argent!" lançait-il. Le pauvre homme d'affaires qui était passé pendant sa pause diner s'est tortillé dans sa chaise et n'a rien dit. Oliver a toujours diffusé l'image d'un homme à la limite d'être violent, et personne n'osait jamais lui répondre.

J'ai remarqué à quel point cet homme d'affaires est devenu intimidé et évitait les pots où participait Oliver par la suite. Je commençais alors à former la base de ma théorie sur l'image la plus rentable à projeter à la table de poker. En fait, je commençais à peine à réaliser que l'image importe beaucoup plus que ce que j'avais d'abord estimé. L'une des premières conclusions qui est devenue évidente est qu'il y avait un grand groupe de joueurs de poker semi-habiles, comme Oliver, qui usaient d'actes d'intimidation à leur désavantage.


http://www.princepoker.com/wp-content/uploads/2011/01/home_content_caro.jpg (http://www.princepoker.com/wp-content/uploads/2011/01/home_content_caro.jpg)

Cela était une simple vérité encore vague, vérité qui prenait forme dans mon esprit, jusqu'au jour où cinq joueurs ont indépendamment approché le floorman et - discrètement afin qu'Oliver n'en ait pas conscience- ont tous demandé à être déplacés vers une autre table. Un par un, ils ont quitté, s'évaporant sans bruit. Parmi eux se trouvaient non seulement l'homme d'affaires, mais plusieurs des adversaires plus faibles et weak, ceux-là mêmes qui généraient la majeure partie de mon profit. Les déserteurs avaient tous une chose en commun: ils ne voulaient pas jouer contre Oliver. Ce qui fut à l'origine de mon illumination se produisit quand l'homme d'affaires est revint à notre table quelques minutes plus tard, se pencha sur mon épaule et murmura à mon oreille: «Pourquoi ne viendriez-vous pas joindre notre partie à deux tables d'ici?"

Il voulait jouer contre moi! Mais pourquoi? N'avais-je pourtant pas gagné plus d'argent qu'Oliver contre eux? N'était-il pas clairement reconnu que j'étais un joueur professionnel, tout comme Oliver? N'étais-je pas aussi intimidant qu'Oliver, à ma propre façon du moins? Vous pouvez rapidement répondre oui à chacune de ces questions. Le secret réside dans le type d'intimidation.

La clé

Ne vous méprenez pas, l'intimidation était la clé. Oliver essayait délibérément d'intimider, non pas seulement parce que c'était dans sa nature, mais parce qu'il croyait que cela le plaçait dans une position avantageuse à la table de poker. Il me l'avait clairement dit. Loin de la table quelques jours plus tôt, il avait expliqué comment, s'il pouvait bouleverser ses adversaires ces derniers allaient commencer à moins bien jouer et à prendre des décisions terribles.

Eh bien, l'intimidation peut être synonyme de succès, mais pas si elle vous fait haïr des autres. Ce genre d'intimidation peut avoir les effets escomptés sur le court terme, mais il a des pépins au long terme. Si vous utilisez cette approche, celle de l'intimidation hostile au poker, vous serez craint de vos adversaires, et parfois cela entrainera des gains immédiats. Vous pourriez même être en mesure de bluffer plus efficacement. Par contre, sur le long terme, cela rend les joueurs plus faibles inconfortables. Lorsque cela se produit, deux choses distinctes se produisent: (1) Le plus mauvais joueur qui fournit souvent votre profit évitera votre compagnie à la table dans l'avenir et (2) même si vous vous retrouvez contre ces adversaires faibles et weak, ils seront moins susceptibles de se commettre volontairement aux pots où vous êtes impliqué. Lorsque cette deuxième chose se produit, appelez ça une catastrophe!

Vous voyez, afin de profiter de la faiblesse des adversaires contre qui vous jouez, non seulement doivent-ils être de cette partie, ils doivent également être impliqués contre vous tout spécifiquement. De cette façon, vous multipliez les moments où vous tirez profit de leurs erreurs. Ce que beaucoup de joueurs projetant une image de dur au langage sarcastique sous-estiment est le large éventail de mains de ces adversaires qui reste discrétionnaire. Les joueurs faibles joueront des mains faibles, mais ils choisiront d'en jouer un plus grand nombre - des mains encore plus faibles même - s'ils aiment jouer contre vous. Les mauvais joueurs vont tout de même faire des call faibles lorsque vous avez la meilleure main, mais ils le feront beaucoup plus facilement s'ils croient que perdre contre vous leur sera moins douloureux que de perdre contre Oliver - s'ils savent qu'ils ne seront pas ridiculisés suite à une mauvaise décision.

L'intimidation ultime

Mettez tout cela ensemble et vous pouvez voir pourquoi l'intimidation que je préconise est supérieure. Un adversaire peut être intimidé parce qu'il est confus et désorienté. Un adversaire peut être intimidé sans pour autant se sentir humilié. Un adversaire peut être intimidé dans la défaite sans avoir l'impression qu'il est un imbécile. Si vous pouvez intimider de cette façon, plutôt que par une attitude agressive et inconfortable, vous pourrez bénéficier des erreurs de vos adversaires plus souvent.

Ne soyez donc pas comme Oliver. Rigolez, amusez-vous, faites des choses inattendues. Lorsque vous perdez, faites-le gracieusement. Mentez à vos adversaires: Dites-leur que vous faites les mêmes erreurs qu'eux, sauf que ne les décrivez pas comme mauvaises ou carrément comme erreurs. Il suffit de dire que vous êtes aussi parfois inspiré à faire ces mêmes jeux, et que parfois ils réussissent même! Laissez vos adversaires rester heureux et confus. C'est le genre d'intimidation joviale qui permet à vos adversaires de vous aimer. Quand ils vous aiment, ils vous paient!

Essayez, vous verrez. - MC

Traduit suite à une entente spéciale avec Mike Caro. Toute utilisation totale ou partielle de la version originale (http://www.poker1.com/archives/7248) ou traduite de cet article est interdite sans la permise écrite de Mike Caro.





Discutez de comment l'intimidation fonctionne et échoue au poker (http://www.princepoker.com/forum/showthread.php?28590-Comment-l-intimidation-fonctionne-t-elle-et-%C3%A9choue-t-elle-au-poker) sur le forum de discussion

Marc-A
15-01-2011, 12:38 PM
L'image est tellement importante quand on joue live, encore une bonne histoire qui le démontre ;)

Être gentil et montrer des grosses mains, ça cultive le respect chez les joueurs "weak". Ça paye quand tu shoves light :D

Akakakir
15-01-2011, 12:44 PM
Un grand merci à Mike Caro qui a accepté que nous traduisons certains de ses textes en échange de visibilité ici sur PrincePoker! Caro est définitivement l'un des meilleurs auteurs poker qu'il existe et c'est véritablement une chance d'avoir la permission d'en faire des versions francophones pour partager avec notre communauté!

Marc-A
15-01-2011, 05:36 PM
J'approuve, c'est vraiment intéressant comme lecture. Le côté anecdotique est bien intéressant quand c'est lui... pas comme certains autres *cough cough Phil Hellmuth*.

Zaerdy
16-01-2011, 11:02 AM
Très nice post!