Paris Sportifs 101

Publié le 26 avril 2009

De tous les temps, les gens ont parié. La nature humaine en ressent un besoin. L’homme parie sur ses performances, celles de ses équipes favorites, sur ses talents de devin, même sur sa mort ou sa santé, en prenant des assurances. Il mise avec des copains habituellement, mais occasionnellement il parie avec des étrangers. Lorsqu’il parie avec des étrangers, il a besoin d’un arbitre pour gérer ses paris. Depuis l’entrée en scène des casinos avec leur section de paris sportifs, et maintenant avec l’apparition des paris en ligne, tout est bien plus simple. Ces maisons, virtuelles ou réelles, jouent le rôle d’arbitre et permettent à tous de parier allègrement sur le résultat de l’équipe chérie, le gagnant d’un Oscar, la valeur des actions de la compagnie Bombardier le mois prochain, etc.

Tout le monde peut parier dans un casino, à la bourse, ou en ligne maintenant. Il s’agit de comprendre deux choses bien simples :

Le rôle de l’arbitre, le bookie :
Le preneur aux livres, communément appelé le bookie ou encore la maison,  agit comme receveur et distributeur de paris. Il reçoit l’argent de purs étrangers qui désirent par exemple miser sur un résultat sportif. Pour ce faire, il établit ce que l’on appelle la ligne. La ligne, merveilleusement bien nommée, signifie le point médian entre les paris pour le club A et le club B. Le rôle du preneur aux livres est donc de trouver le chiffre parfait pour qu’il ait un équilibre entre les mises sur les 2 équipes. Étant donné que le preneur garde une commission, appelée vigorish, ou simplement vig, s’il atteint ce point il est heureux, et par ricochet, riche. Le bookie se fout vraiment du résultat final; il recherche uniquement l’équilibre. Nous reviendrons sur ce point plus tard.

Chaque fois qu’un individu mise, le preneur aux livres conserve son vig, qui est de 11 pour 10. Dans les faits, pour miser 10$ sur un résultat, on doit donner 11$. Le dollar supplémentaire va à la maison en gros; nous reviendrons sur ce calcul dans un prochain article. Le point de balance devient donc l’unique souci. Si un bookie réussit à établir une ligne parfaite, indépendamment du résultat sur le terrain, lui gagne. Si un million est misé pour A et un million pour B, il donne le million des perdants aux gagnants et garde le vig pour lui, bien sur. Il n’a rien misé et obtenu un résultat parfait. Son profit pour ce match? 100 000$ ( le gagnant reprend son vig bien sur) . Pour le Super Bowl, les matches de la Coupe du Monde, certains combats de boxe, les profits sont faramineux.

Comment déterminer une ligne? Quelle tâche difficile! Tout d’abord, le preneur aux livres doit inspecter les forces et faiblesses de chaque équipe. Ensuite les blessures respectives, les tendances des derniers matchs, les résultats vis-à-vis les cotes ( certaines équipes réussissent mieux que d’autres à battre les cotes) et enfin les marchés respectifs. Les premiers critères sont simples à comprendre et ne méritent pas d’explications supplémentaires. Le dernier est bien différent.

Certaines équipes, certains pur-sang lors de courses de chevaux, monopolisent le marché. Les  Yankees de New York au baseball par exemple constituent un club mythique. Leur longue tradition de succès et le fait qu’Ils évoluent dans un gigantesque marché fausse la réalité. Un nombre plus grand qu’habituel misera sur le résultat des Séries Mondiales de baseball lorsqu’ils sont impliqués. Généralement, les fans miseront aveuglément sur leur équipe, ce qui fera aussi pencher la ligne de façon claire vers eux. En gros cela signifie que plus de gens miseront sur leurs chances de succès que sur celles de toute autre équipe, même si logiquement ils devraient perdre. Exit le rationnel, vive la partisannerie!. Le même principe s’applique aux autres sports. Le Canadien de Montréal, Manchester United, les Celtics de Boston font partie de ce club spécial.

Le preneur aux livres devra donc s’assurer que la popularité de ces clubs ne viendra pas déranger le fragile équilibre qu’il tente d’établir. Comment? En accordant des rabais, des aubaines à ceux qui miseront contre ces équipes. Si par exemple le Canadien devrait logiquement gagner par un but, il ajustera sa ligne à 1.5,même 2 buts, simplement pour assurer son équilibre. Cette plus value au club adverse poussera des parieurs à miser sur une aubaine créée artificiellement par les fans du Canadien. Dans certains marchés, l’évidence est encore plus grande. Miser contre les Lakers de Los Angeles à Las Vegas lors de leurs joutes de fin de semaine, alors que plusieurs Angelinos sont à Las Vegas, peut s’avérer une aubaine, puisque les fans miseront assez pour déplacer la ligne.

Les opportunités et leur coût :
Comme vous venez de voir, il existe des opportunités de profit à l’occasion. Elles sont néanmoins rares et peu de gens peuvent en profiter, puisqu’il faut d’abord les dénicher. Aussi, devenir gagnant demande beaucoup de temps, d’efforts, et de suivi. Certains réussissent à bien gagner leur vie avec les paris sportifs mais il s’agit d’une infime minorité, qui travaille avec acharnement et qui doit composer avec les hauts et les bas de cet emploi. Cardiaques s’abstenir!

Il faut en plus tenir compte du vig, qui devient aussi important dans cette industrie que le rake au poker. Moins important que le 15% retenus sur les courses de chevaux, le vig sur les résultats sportifs et autres constitue néanmoins un obstacle majeur. Pour Joe Tout Le Monde qui mise à l’occasion sur un match de son équipe favorite, il ne représente pas grand-chose, mais pour le professionnel, l’histoire est bien différente. Si Joe mise 100$ sur 100 parties, il a, dans les faits, misé 110$ sur ces 100 parties. Il doit donc gagner 55% de ses choix pour simplement arriver égal. Pour les courses de chevaux, le pourcentage est prohibitif.

Par contre, parier sur un résultat, sportif ou autre, apporte une nouvelle dimension à un événement! Le fait d’avoir investi sur un match fait de nous des participants plutôt que de simples spectateurs.  Notre taux d’adrénaline grimpe aussitôt le pari fait et le match prend maintenant une nouvelle dimension. Pourquoi être simple spectateur lorsqu’on peut devenir participant! En dosant nos risques, sans miser de façon irrationnelle,  le plaisir d’un événement est décuplé. Comme je le disait au départ, les paris font et feront toujours partie de notre quotidien. Utilisés avec modération, ils ajoutent du piquant sur notre routine.

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